Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Pâques >> Semaine 1 >>   « Il vit et il crut »

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8517 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7590 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7483 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6785 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6422 visites

« Il vit et il crut »

Pâques, messe du Jour, Jean 20, 1-9 - Marseille 2008

 

En ligne depuis le mercredi 26 mars 2008.
 
 

1. Alors que le soleil se lève et que nous voilà plus ou moins réveillés, nous pourrions voir dans cette histoire des éléments de notre quotidien : le calendrier et la course, la vitesse, privilège de plus jeunes ! Mais oublierai-je ce constat, tellement actuel : « il vit et il crut ». Le visuel, quel appui ou mieux encore quelle source de conviction ! On voit et on est convaincu. C’est réaliste, c’est scientifique, c’est adapté. Notre culture n’en dépend-elle pas ? Oui, il semble bienvenu que l’Evangéliste fasse ce constat.

2. Pourtant, à Jérusalem, au premier jour de la semaine, les mots « il vit et il crut » ne signifiaient-ils pas autre chose ? Rappelons-nous : le plus jeune, entré après Pierre dans le tombeau vit, mais que vit-il ? - Presque rien, des linges ! Et que crut-il ? - Tout : Jésus ressuscité ! Ce disciple ne s’appuie pas sur la vue du Ressuscité vivant pour étayer sa conviction : non, il voit un tombeau vide et des linges affaissés ; pourtant, il croit que Jésus vit. Permettez-moi d’insister : il crut parce qu’il ne le vit pas ! Peut-être pour corriger cette leçon, durant la semaine, des apparitions du Christ se succéderont-elles ? Apparitions du Ressuscité qui se réfèrent évidemment à ce qui est visuel, sensible, pour convaincre l’homme ! Heureux sont alors ceux qui voient le Ressuscité pour le croire vivant ! Alors faut-il voir le Ressuscité ou ne pas le voir ? Sur quoi s’appuiera notre foi, et notre vie, nos choix ? Les propos concernant ce disciple préludent à la conclusion de Jésus venue huit jours plus tard : « Bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jn 20). Cette foi en la vie du Sauveur devient la source vraie de notre vie. Le tombeau qui entourait le mort devient un jardin ; il sera même un tremplin ! Il ne concerne plus le seul Jésus et quelques disciples, mais chacun des hommes de tout temps et de tout lieu, et nous personnellement. « Sur des près d’herbe fraîche il me fait reposer (...) pour y refaire mon âme ! » (Ps. 22)

3. On sait l’Evangile coutumier du fait de nous surprendre ! Depuis l’Annonce à Zacharie, et jusqu’à Pâques, il a lié la surprise à l’expression de la vie. Depuis que « le Verbe s’est fait chair », il a lié l’histoire humaine, étroite et quotidienne, à la manifestation de sa charité sans mesure et éternelle. « Je suis venu pour qu’ils aient la vie en plénitude » (Jn 10). Alors, en cette aurore de la Pâque, pourquoi en irait-il autrement ? Au tombeau, la tristesse devenait pierre d’attente. Pour que le tombeau devienne un jardin, il fallait descendre jusqu’en sa ténèbre ! Après la vie aux côtés du Seigneur, ou à l’écoute de ses enseignements, certains feraient comme l’expérience de la mort du Seigneur, puis de la vie de Dieu ! Ils la vivraient aussi pour en parler et pour qu’on en vive ! C’est de cela qu’il serait désormais question. Si en certains cœurs restaient des braises, elles allaient permettre au feu de s’élancer à nouveau, de passer par-delà les ténèbres.

4. Mais comment pouvait-on en être arrivé là ? A Jérusalem, les disciples « n’avaient pas encore compris que d’après l’Ecriture [Jésus] devait se relever d’entre les morts ! » Cependant, entrés dans le tombeau, notant les linges affaissés et l’absence du corps du crucifié, c’est comme avec l’Esprit de Dieu que le plus jeune entra en même temps dans sa propre mémoire de disciple ; et c’est là que par la grâce, le Seigneur, son Espérance, le rejoindra. Alors les linges devenaient des signes. Jésus n’avait-il pas surpris jadis : « Détruisez ce sanctuaire : en trois jours je le relèverai.... Il parlait du sanctuaire de son corps » (Jn 2) ; ou encore, à son amie Marthe : « Je suis la résurrection et la vie, le crois-tu ? » (Jn 11)... Pas si sûr, quand Lazare est au tombeau... Mais au premier jour d’une création nouvelle, ces paroles comme les braises s’enflamment. « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis » (Jn 8). La conviction a dépassé le signe ! Elle s’appuie sur une expérience vitale qui reste un repère au-delà de possibles ténèbres. Oui, « il vit et il crut ».

5. L’affirmation du matin de Pâques pourra se poursuivre ainsi : « Le juste vivra par la foi ! » Les signes, les apparitions, le témoignage ne remplaceront jamais la foi dont on vivra ! Mais avec la grâce de Dieu, elle en aura fait des aides. Ce matin, pourquoi ne serions-nous pas l’autre disciple ? Et pour certains, jusqu’à éprouver quelque chose de ce que Pascal dira ainsi (cf Mémorial) : « FEU. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment, Joie, Paix. Dieu de Jésus-Christ (...) Joie, Joie, Joie, pleurs de joie. (...) "Cette vie est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ." Jésus-Christ, Jésus-Christ. » Tout le monde n’a pas cette expérience. « Je crois parce que je veux croire », écrit vers la fin de sa courte vie sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Et l’on sait que Mère Térésa a vécu des dizaines d’années cette expérience de la foi nue, obscure, même si la charité n’a cessé de rayonner autour d’elle, étendant comme des jardins pour que les mourants y goûtent quelque chose de la vie !

Comme le sentiment d’être aimé, certaines convictions parmi les plus fortes ne s’appuient pas d’abord sur un visuel inattendu, sur des effets spéciaux, propres à nous couper le souffle !

Quand revient la solennité de Pâques, nous voilà rappelés à la vie, dans la certitude de la foi - comme des sentinelles de l’invisible. Et comme ces deux disciples nous pouvons alors être une grâce pour nos contemporains ! Puisse la charité demeurer ainsi la vie de notre foi !




3164 affichages
 

 « Il vit et il crut »



Untitled Document