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Ses Nuits illuminent nos Jours !

le 8 août 2007.

 

En ligne depuis le vendredi 23 mai 2008.
 
 

Homélie pour la fête de Saint Dominique, au couvent de Corbara, pendant la mission-pèlerinage en Corse, le 8 août 2007.

Êtes-vous plutôt du soir ou plutôt du matin ? Saint Dominique, quant à lui, pourrait se présenter comme étant de la nuit ; de la nuit, plus encore que du soir ! Ses nuits auront éclairé ses jours ; mais huit siècles plus tard ses nuits peuvent toujours transfigurer nos jours. Voyons pour imiter, chacun selon sa grâce ! Tout avait pour lui commencé le plus simplement du monde : un village de Castille, vers 1170, un mariage, une conception espérée, et qui peut-être tarde. Un pèlerinage de maman priant au sanctuaire voisin de santo Domingo, à Silos, pour obtenir un enfant - des choses qui se font, dès lors que femme veut. Alors survint la nuit, la première pour nous, et le songe de la mère enceinte, la bienheureuse Jeanne. Comme tout parent, se demandant : « Que sera cet enfant, lui qui est déjà là, caché aux yeux des hommes et connu de Dieu ». Une nuit, donc, un songe avait éveillé Jeanne lui montrant une torche tenue par la gueule d’un chien jaillissant de son sein pour parcourir la terre, et l’illuminant. Oui, « que sera donc cet enfant ? » A Caleruega, un fils naîtrait.

Et l’enfant vit le jour. Il parlera de Dieu, le songe l’avait dit. Mais comment fera-t-il ? Comment parler de Dieu ? Homme de la nuit et de l’inattendu, homme qui éclaire et veut illuminer, Dominique le sera ! Il le sera à la manière de Dieu, son nom greffé sur celui du Seigneur : Dominique, Dominus, comme le sarment d’une vigne. Mais, surprise ! Dominique se livrera à Dieu dans le silence, à Osma. Il va vivre Dieu d’abord, plutôt que de le dire. Il va l’écouter, s’exposer à Dieu. Chacun ne sent-il pas que ce temps est nécessaire ? Nul ne parle jamais mieux que de ce qu’il connaît et aime !

Religieux parmi d’autres, aussi sage que jeune, il n’a alors de cesse que de contempler la Croix de son Sauveur, ouverte comme un livre, celui de la charité ! Au couvent, dans l’église, ses nuits se font prière ; une prière simple comme un cri : « Mon Dieu, ma miséricorde, que vont devenir les pêcheurs ! » Il parle avec Dieu ! la charité le transforme : mieux que former un rêve d’humain, il épouse le songe de Dieu : prêcher pour aider les pécheurs, favoriser leur conversion ! Mais comment ? - Parler avec Dieu, pour parler de Dieu. Et quand ? - Désormais, car les années ont passé ! La nuit illumine les contours d’un jour nouveau ! Et déjà, la leçon s’offre à nous, imitable, un secret partagé : consentir à devenir un compagnon du Seigneur.

Lutteur de Dieu, Dominique est blessé de charité. Il a parlé avec Dieu, il saura parler de Dieu. Comme Jacob blessé par l’Ange, l’intercession sera gravée en Dominique ; sa prière si simple devient une blessure d’où la grâce de Dieu s’écoule pour toujours auprès de qui la cherche ; grâce de la prédication aux multiples formes ! D’ailleurs, Dieu veut davantage, toujours. La charité embrase le prêcheur : les nuits d’Osma ne suffisent plus. Le jour vient ; et la Providence aidant, Dominique franchira les Pyrénées pour parcourir l’Europe. 1203, il fait étape à Toulouse.

Et c’est de nuit encore, que le prêcheur découvrit sa tâche : il a plus de trente ans. Il lui en reste près de 20 à vivre ! Toute la nuit, Dominique parlera, mais avec son hôte ; et, tâtonnant, stupéfait, il découvrit la religion cathare, son dieu du bien son dieu du mal qui marquerait tout ce qui est de la matière. Dominique verra bientôt que l’Europe n’est pas le monde chrétien supposé. Déjà ! Mais que faire ? Il faut souvent du temps, pour Dieu, quand il prépare un saint ! Mais la nuit de Toulouse deviendra celle d’un premier temps, comme une autre naissance, comme une nuit d’Exode quand plus rien n’est comme avant, celle qui signifiera repère, mémoire et fécondité !

A Caleruega, nuit du songe éclairant. A Osma, le couvent où les nuits sont prière ; à Toulouse, l’hôtellerie où la nuit est parole ! Un seuil est franchi : prière, parole. Désormais la nuit sera prière et le jour parole ! La parole naîtra du fond de la prière, comme il n’y a pas d’arbre sans racines ! Parlant de Dieu, c’est vers lui que la parole doit diriger en retour le prochain ; aimer le prochain c’est aussi lui indiquer Dieu ! Voilà ce que la nuit a livré à nos jours : la charité faite prédication !

Le XIIIe siècle s’ouvrait, surprenant ; l’Eglise cherchait des missionnaires devant l’essor spirituel nouveau. Huit siècles plus tard, ne trouvez-vous pas que les temps se ressemblent ! Alors, les situations semblables appellent des réponses voisines ! On demande des prêcheurs ; des communautés missionnaires ! Le compagnon du Seigneur devient son coopérateur. Et la vie de Dominique fait école. La grâce rayonne par sa vie : monastère de sœurs, couvents de frères, recherche de l’unanimité, union de l’Ordre dans l’Eglise. En elle, les prêcheurs rayonneront de la vie intérieure, d’abord ; par leur vie, ils parleront avec Dieu ; par leur ministère, ils parleront de Dieu ; partout, ils seront de Dieu.

Les nuits de Dominique peuvent épouser nos jours, les éclairer de Dieu. Et sa parole résonne : « Votre vie est comme une histoire. C’est aussi à vous de l’écrire de multiple façon. Le Seigneur Jésus vous invite à vivre une aventure intense, inattendue peut-être, mais la vôtre ! C’est aussi à vous peut-être de l’offrir vers les autres, ceux qui sont de chez nous, ceux d’ailleurs, et ceux qui parfois lancent : « J’ai beau chercher dans une église, tout cela reste à mes yeux illisible ; le sens de toute chose est pour moi voilé comme par un brouillard. » Ou encore vers ceux qui sont désemparés : « Quitter l’Eglise n’est pas facile, mais y revenir est plus difficile encore ; car il ne s’agit plus alors de croire ce que l’on sait, mais de savoir ce que l’on croit, et des montagnes de questions insolubles barrent le chemin. Alors aidez-moi ! ».

L’évangélisation sort de la nuit. Elle unit miséricorde, épreuve, dans le feu de la charité. Il lui faut la prière de la nuit et la parole du jour. Mais ça ne suffit pas : Dominique laissa un secret, encore : se confier à la Vierge ; car celle qui enfanta Jésus nous aidera à le faire aimer. Une nuit, Dominique la vit recouvrant de son manteau ses frères religieux, pour qu’avec elle, confiant, nous espérions toujours, et chacun selon sa grâce, pour enfanter ou éduquer à la vie de Dieu ! fr. Hugues-François Rovarino op




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