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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 2 >>   l’appel du Seigneur - « Un beau jour ou peut-être une nuit... »

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l’appel du Seigneur - « Un beau jour ou peut-être une nuit... »

18 janvier 2009

 

En ligne depuis le lundi 23 février 2009.
 
 

1. « Un beau jour ou peut-être une nuit », attentifs ou peut-être endormis, l’expérience divine peut nous avoir saisi ! Cette expérience-là que Samuel, André ou Simon ont vécu : la voix de Dieu a retenti ; une voix comme une certitude ; quelque chose qui ne pourra plus ne pas m’avoir touché, comme l’amour qui change le cours d’une vie. Comme une phrase d’Evangile enfoncée dans le cœur, qui rythme la mémoire et éclaire nos pas derrière le Seigneur - comme les disciples de Jean qui vont suivre Jésus. Rien de moins !

« Un beau jour ou peut-être une nuit », vous étiez attentif ou peut-être endormi, mais cette voix s’est adressée à nous, à vous, à moi ! Un instant comme celui-ci a sans doute visité votre histoire. Ce fut un moment de surprise et de grâce, un bouleversement ! Quand Dieu parla, on n’osa trop le reconnaître ; quand il eut parlé, on n’osait trop en... parler ! N’était-ce pas embarrassant : que faire de la surabondance de Dieu ? Oui, n’ai-je pas entendu cela, comme une fulgurance ! Mais qu’en faire ? Cependant, une autre question peut surgir : si nous tentons de retrouver un tel instant, n’est-ce pas parce qu’il est un rêve ? Et si l’on s’était trompé ? La voix de Dieu n’est-elle pas seulement à la source de questions sans réponses ? Ce que nous pensons être la voix de Dieu, l’est-ce vraiment ?

2. Bien sûr, la liturgie a mentionné Samuel, Jean et ses disciples, dont André, et Simon le frère d’André, le futur Pierre. A eux, Dieu a parlé ; mais c’est à leur sujet seulement qu’on en parle encore aujourd’hui ! Ne devons-nous pas en prendre acte ? La vie rêvée avec Dieu qui parle n’est-elle pas pour quelques-uns ; c’est moins fort, mais n’est-ce pas vrai ?

Le message divin, mis à la portée de tous, n’est-ce pas trop ? « Le message évangélique pour les nuls », est-ce que cela ferait un livre ? C’est enthousiasmant de se prendre pour quelqu’un à qui Dieu s’adresse, mais ne devons-nous pas être plus mesuré !

Qui ne penserait qu’il n’est pas donné à chacun d’avoir déjà vécu un instant aussi intense. Pour beaucoup, cela ne reste-t-il pas encore à vivre, voire à ... démontrer ! Et puis, il y a trop d’injustice dans ces affaires ! Qui ne se dit parfois que certains sont étonnamment appelés, et d’autres pas du tout ? L’expérience quotidienne ou par exemple amicale ou familiale ne leur donnerait-elle pas raison ? Chacun dira que les apparences peuvent être fausses ; que seul Dieu sonde les reins et les cœurs ; et certes, tout cela est vrai. Mais que Dieu nous parle, que ses accents changent une existence ; qu’il sache trouver les mots pour chacun, autant c’est une certitude pour certains, autant ce n’est pas une évidence pour tous. Et nous voilà déçus ou hésitants... Pire, résignés !

3. Ces objections bien intentionnées sont pourtant mal fondées... Ne les pensons-nous pas à partir de nous-mêmes, et non du point de vue de Dieu, selon le Mystère qu’est Dieu. S’il y a des différences entre les personnes, certaines appelées plus visiblement que d’autres, il n’est pas dit que ce soit exclusif. Les appelés vont au contraire devenir serviteurs de tous : les uns devinrent prophètes, les autres apôtres, et tous furent au service du Seigneur - après avoir été à son écoute.

Mais avant cela, Jésus les regarda : chacun fut regardé, puis vint une parole. Ce regard est l’attitude de Dieu pour tous, depuis toujours : « J’ai vu la misère de mon Peuple... J’ai entendu son cri... Je connais ses angoisses » (Ex. 3) ; comme plus tard, il vit et entendit la plainte d’Anne et Samuel en naîtra ! ». Ce regard a fécondé le secours du Seigneur. « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils non pas pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3).

4. La liturgie nous l’a aussi fait entendre : le message divin n’est pas facile à reconnaître, ni même à accueillir ! S’il s’impose, c’est quand il aura été authentifié ou que l’accueil du message aura été préparé : Samuel aura besoin du prêtre Elie ; André de Jean le Baptiste ; Simon de son frère André. On ne s’improvise pas auditeur du Seigneur.

Devenir disciple est évidemment une grâce, venue d’au-delà du monde naturel, mais si la transformation est mystérieuse, elle va aussi être progressive ; comme tout ce qui accompagne l’être humain. Elle va se déployer dans le temps. Ainsi, Simon ne deviendra Pierre qu’à partir d’un instant précis ; mais ce que cela signifie demandera encore l’autre moitié de sa vie - y compris le reniement ! C’est dans ce cadre que l’appel de Dieu sera particulier pour certains ; cet appel ne s’arrête pas à eux. Il est pour tous, car le Seigneur regarde chacun ; certains vont aller avec sa grâce le faire mieux connaître des autres. Et les appels entendus au bénéfice de tous, sont aussi à vérifier et à authentifier par d’autres : la vie avec le Seigneur n’est pas seulement en communion avec lui, mais aussi en communion les uns avec les autres, et c’est là que la joie divine nous donne rendez-vous. Alors, avec confiance, murmurons maintenant en nos cœurs : « Parle, Seigneur, ton Serviteur écoute ».




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 l’appel du Seigneur - « Un beau jour ou peut-être une nuit... »



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