Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Ordinaire >> Semaine 6 >>   D’impur fais-moi pur

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8330 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7479 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7380 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6662 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6276 visites

D’impur fais-moi pur

Dimanche 15/02/09 Montpellier

 

En ligne depuis le jeudi 12 mars 2009.
 
 

Lévitique 13,1-2 et 45-46 Psaume 101 1 Co 10,31 - 11,1 Marc 1,40-45

Veux-tu guérir ? Jésus se tient là, au milieu des foules, au cœur de l’humanité. Il se tient là et il accueille et il écoute ces hommes et ces femmes qui viennent de partout car ils cherchent auprès de lui ce que la vie sans lui ne peut donner. Si Jésus parle pour enseigner c’est qu’il a écouté, regardé, éprouvé. S’il agit c’est qu’il tressaille d’allégresse ou qu’il est ému de pitié par ceux qui viennent à lui. Sa parole et son action ne viennent pas d’une connaissance abstraite ou d’une volonté préétablie. Non, elles viennent de la rencontre et de la vie. Et dans cette vie telle qu’elle est, il insuffle la vraie vie, la grâce de l’amour et de la vérité.

Voici Jésus qui accueille un lépreux à sa demande : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Demande criée à distance. Nous l’avons entendu dans la première lecture, il doit crier « Impur, impur. » (Lèv. 13,45) La Torah, sagesse de Dieu et sagesse des hommes, protège le peuple d’une maladie qu’il croit terriblement contagieuse et qui reste très impressionnante. L’humain accepte mal de voir comment il peut être défiguré.

Jésus, s’il accepte le précepte de la Torah d’envoyer le lépreux auprès du prêtre pour que ce soit un témoignage, il l’envoie guéri, vivant dune vie qui ne Saint Marc nous dit que Jésus fut pris de pitié pour ce lépreux qui ose s’adresser à Lui. C’est bien la compassion qui le pousse à dépasser la Loi, traverser la peur et le dégoût, à inventer ce que la charité ajoute à la Loi : Il touche le paria, l’intouchable, l’impur, bref l’exclu ! Ce geste inespéré est bien la marque de l’amour plus fort que le mal, le malheur, la maladie et tout ce qui conduit à la mort. Jésus accepte le cri de l’impur et manifeste qu’il est le Messie, celui qui, tel le serviteur souffrant, va du milieu du peuple porter sur ses épaules le mal qui ronge le peuple, la lèpre qui met à l’écart les uns des autres. Le peuple choisi ne peut, par lui-même, devenir pur. Seul l’envoyé de Dieu peut faire de l’impur un purifié.

Mais Jésus fait au guéri un avertissement sévère : « fais ce que Moïse prescrit et garde le silence. » Nous le savons déjà, même si nous ne sommes qu’à la fin du premier chapitre de l’évangile de Marc, Jésus demande le silence sur le fait qu’il est le Messie. Il ne veut pas qu’on se trompe sur Lui et qu’on l’oblige à être un messie libérateur politique qui sauverait son peuple de l’intérieur. C’est la compassion qui guérit non le pouvoir. Et la compassion qui est dans le cœur de Jésus, elle devient la nôtre grâce à l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts et qui répand l’amour de Dieu dans nos cœurs.(Rm 5,5) Ainsi c’est la compassion, fruit de l’alliance de l’Esprit Saint et de chacun de nous tous qui fait reconnaître le vrai visage du Messie. Jésus nous apparait comme le Sauveur du monde parce qu’il est venu au milieu de l’humanité pour rencontrer, toucher, guérir. En Lui nous pouvons à notre tour toucher Dieu. Jésus incarne la rencontre enfin possible entre Dieu et l’homme. Il est lui-même cette rencontre. N’est-il pas vrai Dieu ET vrai homme ? Telle est notre foi, singulière parmi les religions et les cultures : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » En Jésus de Nazareth, la distance entre Dieu et l’homme est abolie en charité « pour que l’homme devienne Dieu ». En Jésus le Christ ressuscité nous sommes rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps où s’effectue la Rencontre qui donne vie. Ainsi, quoi qu’il en soit de notre vie, de nos échecs et de nos efforts pour ‘ réussir sa vie’, la vie vraie est la vie qui touche Dieu et que Dieu touche pour que nous recevions la charité de Dieu dans notre cœur et la manifestions dans notre corps. Alors nous pouvons toucher le Verbe de Vie (1 Jn 1,1) dans notre frère que la Société met à l’écart comme impur, incapable, accusé de détruire ou d’enlaidir le visage humain parce qu’il n’a pas l’argent des cosmétiques !

Et pourquoi ne pas conclure provisoirement sur l’Eglise aujourd’hui : Notre foi en Jésus-Christ, rencontre véritable de Dieu et de l’homme purifie notre vie de toute tentation de devenir comme des dieux, de prendre la place de Dieu ou de le laisser à distance.

Oui nous devenons porteur de l’Evangile en annonçant à toute l’humanité que la rencontre de Dieu est possible, qu’elle guérit, donne vie, la vraie vie. Dès lors l’Eglise, au milieu de l’humanité et non pas à l’écart, ouvre à chacun comme à tous l’espace de la rencontre de Dieu révélé en Jésus-Christ. En ce sens, comme le disait St Paul dans la seconde lecture, en tout ce que nous faisons, nous nous « adaptons à tout le monde sans chercher notre intérêt personnel mais celui de la multitude des hommes pour qu’ils soient sauvés. » Il ne s’agit pas d’arrêter la rencontre de l’autre avec Dieu en nous interposant. L’Eglise n’est pas la rencontre, elle en est l’invitation, l’espace, la respiration. Elle facilite cette rencontre et s’adapte à la rencontre de l’humanité et de Dieu. Ainsi, comme dit Saint Paul, ne soyons pas un « obstacle pour personne, ni pour les Juifs ni pour les païens, ni pour l’Eglise de Dieu ». Si un chrétien ou un groupe de chrétiens arrête à lui le chemin qui devrait aller à Dieu, il fait obstacle à la rencontre de Dieu.




2282 affichages
 

 D’impur fais-moi pur



Untitled Document