Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Carême >> Semaine 4 >>   Un signe de lumière

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8518 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7590 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7484 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6785 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6423 visites

Un signe de lumière

Mars 2009 Montpellier

 

En ligne depuis le dimanche 5 avril 2009.
 
 

Un aveugle de naissance, un homme qui n’a jamais vu la lumière, dont l’œil ne s’est jamais ouvert et qui vit plongé dans l’obscurité depuis son premier souffle. Depuis le sein, son œil est resté mort. Et Jésus, Jésus qu’il ne peut pas voir, qu’il ne remarque pas lorsqu’il passe près de lui, Jésus prend l’initiative de rendre la vue à ce fils d’Adam. Par la boue du sol, par l’application de ce en quoi, homme tu fus façonné au premier jour, le Seigneur te rend la vue. Ou plutôt il ne te l’a rend pas puisque tu ne l’as jamais eu, il te donne la vue. Un peu de boue, une boule de ce que Dieu pris dans ces mains pour te façonner au premier jour, Un peu de salive de sa bouche, comme une eau de la vie, lui le Fils, la parole, salive sortie de la bouche de Dieu et qui poursuit son œuvre dans le monde. Oui il continue sans cesse de modeler l’homme. Comme l’artisan qui avait commencé à faire une figurine et qui n’avait pas encore tout à fait fini, voilà que celui par qui tout est et sans qui rien ne fut, prenant un peu d’argile te façonne l’œil que tu n’avais pas.

L’humanité, car cet aveugle c’est bien l’humanité. Cela vous l’aviez bien vu. ... Vous le l’aviez pas vu ? Mais si ! cet homme c’est nous. Chacun d’entre nous, est mystérieusement aveugle depuis sa naissance, non pas que nous ayons péché ni nos parents, car cette cécité de naissance n’est leur faute ni la nôtre. Cette cécité n’est pas venue par quelque chose, quelque objet qui est venu percer notre œil, ou une maladie oculaire survenue par la suite, elle est là depuis toujours. Et avant que le Christ ne passe pour nous donner la vue, pour que la lumière entre dans notre être, il y a en nous une partie de nous qui bien que faite pour la lumière n’a jamais reçue la lumière. Peu importe que l’œil ne sente pas, peu importe que l’œil n’entende pas, mais l’œil est fait pour voir. L’homme est fait pour la lumière, il est fait pour se retrouver face à face avec le mystère de Dieu, venue à sa rencontre dans la chair.

Et nous pouvons voir, en cette aveugle la figure de l’homme renouvelée, de l’homme refaçonnée, dans l’eau de la grâce. Et cette eau, ce n’est pas un petit filet qui coule parcimonieusement, c’est une piscine, c’est le grand bassin de vie de Celui que le Père a envoyé dans le monde, pour nous illuminer. Encore faut-il, comme cet aveugle, nous laisser oindre de boue et nous rendre, sur la parole de la Parole, là où il nous enjoint d’aller, sans même savoir pourquoi nous y allons, ni ce qui va se passer. Comment voir ce qui va arriver, puisque nous ne voyons pas.

Il nous faut recevoir cette eau, c’est à dire l’eau du baptême, pour trouver la lumière de la foi et pouvoir, enfin, envisager Dieu, et même peut être le dévisager avec des yeux tout neufs. Mais ces yeux tout neufs, doivent attendre un peu avant de pouvoir contempler le visage de Dieu.

Avez-vous remarqué, que les premiers pas de notre aveugle, ou plutôt de notre nouveau voyant, les premiers pas de notre voyant dans la lumière ne sont pas de tout repos. Tout d’abord, il est presque méconnaissable. Ses proches se demandent si c’est bien lui, tellement on avait pu l’identifier au fait qu’il était aveugle. Ensuite, sans même encore avoir pu voir Jésus de ses nouveaux yeux, il doit connaître la contradiction des pharisiens et sans trop savoir pourquoi il est ainsi mis en jugement, il doit rendre témoignage. Et ça n’est pas facile. Seulement ensuite, pour la première fois, ses yeux lui donnent de voir la lumière véritable qui luit dans les ténèbres de ce monde.

Oui, une nuit obscure enténèbre le monde, mais par l’eau vive de l’esprit nous pouvons voir à travers elle et témoigner, comme le fait notre bonhomme, de celui qui nous a donné de voir, même si notre foi doit encore cheminer, et ne pas s’arrêter à voir en Jésus seulement un prophète, un homme faisant les œuvres de Dieu, mais aller jusqu’au bout de sa course et professer dans celui qui se donne soudain à contempler, le Fils de l’homme, l’envoyé du Père, sa parole venue dans le monde pour nous donner la vie.

Ainsi est la vie dans le Christ. Tous ceux qui par l’eau du baptême sont arrachés à l’obscurité native dans laquelle la vie les a projetée, ceux là doivent ensuite faire face à l’obscurité du monde, à l’incompréhension, parfois même celle de ses proches, à la contradiction, celle parfois même d’hommes puissants et de femmes savantes, avant de percevoir la présence diffuse de la lumière de Dieu qui luit dans les ténèbres et que les ténèbres ne pourront jamais arrêter.




2219 affichages
 

 Un signe de lumière



Untitled Document