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L’Ascension du Seigneur et mon consentement à sa grâce

En ligne depuis le vendredi 22 mai 2009.
 
 

Lors de l’Ascension du Seigneur, est-ce à chacun son domaine ? D’un côté, le Ressuscité, Jésus attesté comme Seigneur, regagne le Ciel ; de l’autre, ragaillardis, les disciples vont parcourir la terre en son nom. Deux domaines, deux attitudes ; et pourtant un même « corps » qui les unit lui et eux. S’il y eut jadis une rupture à l’Heure de la Croix, désormais, c’est la communion, une sainte synergie. La vie est revenue au matin de Pâques. Et comme le présente saint Marc, les deux attitudes se succèdent et s’unissent, « sur la terre comme au ciel ». Communiant à la vie de ses disciples, le Seigneur leur donne non seulement de communier à la sienne, mais d’en être aussi les prédicateurs. D’être de ceux par qui, il prend le risque d’être connu, méconnu, reconnu ou trahi. Ils deviennent ses témoins, autant fidèles qu’apôtres ! L’Ascension semble souligner la responsabilité apostolique ! Le Seigneur donne une place unique aux disciples : par eux, il va prolonger sa présence dans le monde ! Saint Paul l’écrit aux Ephésiens : « Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. »

Seulement, nous sommes au Jour de l’Ascension. Et la présentation enthousiaste de saint Marc, et la sagesse de saint Paul contemplant le Mystère du Corps du Christ, l’Eglise, pourraient faire oublier que nous sommes des familiers du temps qui passe au rythme des jours...Quand saint Luc rapporte à Théophile cet instant qui marque notre mémoire, il nous fait la grâce de ne pas raccourcir les jours. Aujourd’hui n’est pas encore le temps qui s’annonce comme un futur, le temps qui suivra la Pentecôte. Aujourd’hui, Jésus part et les disciples s’arrêtent. Il s’élève devant eux qui ne lèvent que leurs yeux. Le Seigneur s’anime, et non pas les disciples. La gloire de l’un n’a pas encore réjoui les autres. Les disciples ont déjà connu un départ de Jésus, et il savent ce que cela engendra : la mise en lumière de leurs ténèbres, l’insistance sur leur lâcheté, l’appesantissement sur leur peur ; bref, un souvenir sinistre ! Maintenant, les circonstances sont certes différentes, mais Jésus s’en va de nouveau. Comment, quoique réconfortés, ces hommes ne marqueraient-ils pas le pas ! Le Seigneur n’en tient-il pas déjà compte, pour sa part ? Ses messagers délivrent une clef : s’adressant aux disciples, ils décodent l’événement. Ils l’écoutent : le message reçu en cet instant ne les a-t-il pas rassurés ?

En vérité, vivre avec Jésus exige désormais que Dieu prenne les choses en main ! Une promesse a été donnée ; mais comment vivre d’une promesse ? Non pas qu’on ne puisse rien se promettre les uns les autres, au contraire ; ni même prononcer quelque engagement que ce soit, au contraire, mais comment le faire ? Jésus a rappelé qu’il enverra l’Esprit. Mais disparaissant aux yeux de ses amis, ces derniers pourront-ils comprendre ces paroles entendues à la veille de sa Passion : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi » ; ou encore « Il est bon pour vous que je parte » ! Ce n’est donc pas tant le départ de l’ami que l’absence de Dieu qui serait cruelle... - mais justement, n’est-elle pas durement tenue pour acquise... Alors aujourd’hui, comme en un paradoxe inouï, sa promesse annonce la certitude ; l’absence apparente de Dieu ose affirmer la présence du Seigneur chez tous par ses fidèles ; et l’amitié de Dieu fonde l’espérance des hommes. L’Ascension du Seigneur n’est pas un monde à l’envers : c’est l’enracinement de cette espérance et son essor.

Vivre avec Jésus prend aujourd’hui tout son sens : permettre à Dieu qu’il règne, qu’il prenne toute sa stature devant moi, avec moi : bref, consentir à Dieu ! C’est comme si la place qu’il avait accordée à Adam, faisant de lui son lieutenant dans la Création, allait devenir celle de ses amis, une fois qu’ils y auront répondu par sa voix. La Création renouvelée n’est pas encore achevée, certes, mais aujourd’hui, les amis du Seigneur mesurent la grâce et la responsabilité qui sollicitent leur liberté.

Aujourd’hui, nous célébrons de tels instants où Dieu nous prépare à coopérer à sa volonté. Vécu personnellement, nous savons ou ressentons combien un tel instant est dense : aujourd’hui ! L’Esprit nous est promis, et nous le guettons. Auprès de nous, il y a comme des anges, des messagers de Dieu qui nous redisent comme aux amis de Jésus : consentez à la volonté de Dieu ! Elle peut vous séduire comme une promesse inouïe ; et elle vous élèvera comme l’espérance, cet air divin dont nous avons besoin pour vivre en ce monde. « Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit ». Chacun de nous est un membre de ce corps.

Et la volonté de Dieu attend notre accord pour livrer sa mesure. Cette volonté nous permettra, tout en guettant les cieux, de regarder la terre et de la parcourir. Sans cesse, depuis toujours, comme à Mambré, ou au Sinaï, comme en Galilée ou en Judée, Dieu l’a visitée pour réjouir les cœurs, proposer son salut et révéler sa charité. N’attendons pas pour parcourir cette terre et notre temps, et leur parler de Dieu, avec lui, comme des coopérateurs de sa grâce ; rien de moins ! Puisse son espérance devenir votre vie ! Pour cela, redisons sans cesse, avec simplicité de cœur, comme Marie à Nazareth, jadis : « Qu’il me soit fait selon ta parole ». Oui, aujourd’hui, Seigneur, que ta grâce me prépare à te répondre pleinement avec bonheur et joie !




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 L’Ascension du Seigneur et mon consentement à sa grâce



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