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« Soucieux de l’essentiel », une figure de Saint Dominique

Toulouse, solennité de s. Dominique, 08 août 2009

 

En ligne depuis le samedi 15 août 2009.
 
 

Il y a des églises sans vitraux figuratifs. Il y en a même de fameuses... Sans doute est-ce dans ces églises que nous pouvons le mieux poser cette question : quelle est votre figure préférée de saint Dominique ? L’une d’entre elles meuble-t-elle votre mémoire ? Ou guide-t-elle votre prédication ?

Est-elle celle du Prêtre que priait le Bienheureux Jourdain de Saxe ? Ou celle du Prophète qui inscrivit son charisme dans un ordre ? Est-elle celle du Priant, le fervent aux « Neuf manières de prier » ? Ou celle du Contemplatif que peignait le bx fra Angelico ? Serait-elle celle du Frère dont les témoins soulignèrent la vie évangélique, la compassion, la tendresse exigeante ? Ou celle du Patriarche dont nous représentons ici la lignée spirituelle ? Serait-elle encore celle de la « Lumière de l’Eglise » ? Ou l’évidente figure du Prédicateur « parlant habituellement avec Dieu ou de Dieu » ?

Alors que nous nous tournons vers une de ces figures ou vers une autre encore, n’oscillons-nous pas entre l’admiration et la confiance ? L’admiration, comme celle d’une bienheureuse Cécile - admiration qui suscita le meilleur portrait de notre bienheureux Père, figure tant regardée qu’elle ne fut jamais peinte ! Et la confiance envers celui qui reçoit le Rosaire des mains de Notre-Dame ? La figure la plus répandue, et qui doit tant à la figuration !

Admiration et confiance, une attitude féconde : alors qu’il se disposait à demander la miséricorde de Dieu et celle des frères, celui qui allait devenir un de nos provinciaux, s’enquit soudain de ce qu’il n’avait pas à son avis une dévotion assez profonde envers saint Dominique. La remarque est intéressante : cette prise de conscience éclairera sa vie et fera notamment de lui un bienheureux dominicain, notre frère Hyacinthe-Marie Cormier.

Alors que nous voulons connaître toujours plus notre bienheureux Père, pour l’aimer davantage et grâce à lui rayonner du Livre de la Croix, il est bon de se poser ces questions : Qui est-il pour nous ? Comment le percevons-nous ? A quoi cela nous incite-t-il ?

Mais de telles questions fécondes peuvent aussi provenir de l’extérieur de nos églises ! Comment alors figurer celui qui marque tant de vies depuis huit siècles et par toute la terre ? Vu de l’extérieur, comment comprendre que certains aspirent à vivre de l’esprit de saint Dominique ?

Peut-on alors sans le trahir, dessiner de lui autre chose qu’une silhouette, quelques grands traits noirs et sobres sur des faïences blanches, comme au bord du choeur d’une chapelle - à côté d’un ambon qui porte avec lui la Parole de Dieu, à côté d’un autel où ce Dieu sauve l’homme !

D’où une autre figure, venue de l’extérieur, venue de ceux qui ne savent comment y croire en vrai ! Une figure qui évoque Dominique « soucieux de l’essentiel » pour ceux qui le sont aussi - fut-ce maladroitement ?

Saint Dominique n’apporterait-il pas là une indication pour nous aussi, une lumière pour notre temps qui comme les autres en a besoin ?

Car au-delà des anniversaires, l’époque est grave, chacun le sait - et autant qu’un treizième siècle. Qui ne dirait ces remarques : « L’homme contemporain est en recherche presque maladive du sens de son existence. Il arrive que dans cette recherche, il rencontre des expressions esthétiques, mais incapable de conjuguer la beauté avec l’intelligence de l’explication, il ne peut continuer le chemin. La voie la plus facile à suivre semble être désormais celle de se confier à des mouvements ésotériques ou de se jeter dans les bras de nouveaux mages, qui ne peuvent offrir une réponse chargée de sens. Sans doute cette situation comporte-t-elle de notre part une certaine responsabilité : nous n’avons pas su manifester l’authentique visage de Dieu : l’homme contemporain ne réussit plus à percevoir la nouveauté de sens contenue dans l’Evangile, ni l’offre qui lui provient de l’Eglise. »

Le constat est sévère, mais il nous intéresse. Quelle figure de saint Dominique peut nous aider à y répondre ? Car il veut avec nous y répondre ! Nous avons demandé la miséricorde de Dieu et celle de chacun des frères ; nous avons émis une profession religieuse ; nous avons voulu suivre dans son Eglise le Seigneur Jésus à la manière de saint Dominique. La grâce du Sauveur a su nous persuader d’avancer ensemble dans cette voie. Il y a là une source de vie. Et elle n’est évidemment pas seulement pour nous !

Et c’est de l’intérieur de notre liturgie que vient cette réponse, cette figure dernière, reflet de la présence du saint. « Proclame la Parole, interviens à temps et à contre-temps, dénonce, reproche, encourage, mais avec une grande patience et le souci d’instruire [...] Garde ton bon sens, supporte la souffrance, travaille à l’annonce de l’Evangile, jusqu’au bout » (2°Tm 4,2.5).

Car l’enjeu est infini : « Que votre lumière brille devant les hommes : alors, en voyant ce que vous faîtes de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5,16). Cette attitude des hommes relèvera de la conversion ; car elle est celle du coeur ; mais pour la préparer, que saint Dominique nous garde - ou nous rende - avec lui « soucieux de l’essentiel » !




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 « Soucieux de l’essentiel », une figure de Saint Dominique



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