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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 21 >>   Puis-je dire aujourd’hui : « A qui irions-nous, Seigneur ? »

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Puis-je dire aujourd’hui : « A qui irions-nous, Seigneur ? »

Couvent de Marseille, 23 août 2009

 

En ligne depuis le mercredi 26 août 2009.
 
 

1. Les sorties de célébrations sont parfois délicates : les commentaires vont bon train ; quel que soit le discours, il aura toujours ses détracteurs, ses indifférents ou ses satisfaits, parfois ses enthousiastes. L’art est donc difficile, chacun en conviendra... L’Evangile nous rappelle que cela ne date pas d’hier... (Jean 6,60-69).

Plus sérieusement, il donne aussi l’issue devant le désarroi où peuvent nous plonger les discours du Seigneur ; voici l’issue : « A qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle ! » Mais pourquoi y eut—il ce désarroi ? Et comment pouvons-nous croire quand même, lorsque les paroles du Seigneur semblent inacceptables ? Nous retiendrons deux paroles : l’une qui provoqua jadis le scandale ; l’autre qui pourrait aujourd’hui en provoquer. Deux paroles qui nous font finalement dire : oui, Seigneur, « Tu as les paroles de la vie éternelle ! » Elles nous montreront pourquoi avoir foi en lui, malgré tout ! Et comment entendre ses discours ?

2. Depuis plusieurs dimanches, nous avons commencé notre semaine avec ce « Discours sur le Pain de Vie » introduit jadis par Jésus autour du Lac de Galilée, développé dans la synagogue de Capharnaüm. Ce discours a stimulé notre foi. Jésus était venu à la rencontre de cette foule, jadis. Il a conduit chacun à écouter une parole inouïe, notamment sur ce que nous nommons, eucharistie et résurrection dans le Christ. Et l’écoute fut attentive. Il enseignait... Mais qu’a-t-il bien pu dire soudain, sinon : « Qui consomme ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Résultat : « Cette parole est dure ! Qui peut l’entendre ! » Un scandale dont nous n’avons plus idée : il était déjà incompréhensible de lier cette consommation à la vie éternelle ; mais en outre qu’un rabbi parle de chair à consommer et de sang à boire, c’en était trop ! Alors, indiquer en outre qu’il s’agissait de sa chair et de son sang, c’était au-delà de l’imaginable et de l’acceptable !

3. Jésus a placé ses auditeurs devant une réponse à donner. Mais comment acquiescer à sa parole ? Fallait-il croire en lui, comme si Dieu leur parlait ? Mais pouvaient-ils le percevoir ? Comment répondre au Seigneur ? Jésus avait révélé son message, évaluant comment ce qu’il avançait serait difficile, s’appuyant sur la confiance qu’on lui ferait, confiance qui serait éclairé par un don du Père. Il était essentiel d’accueillir ce don, et de le demander !

L’enjeu était là, et nul arrangement possible... Serait-il pour eux, le pain de vie, le sang de la vie éternelle ? Y prendraient-ils part ? Cette communion, leur donnerait-elle accès au Royaume éternel ? Vu l’inouï de ces paroles, étaient-ils capables de dire : « Tu as les paroles de la vie éternelle ! » C’était la seule issue ; elle s’appuyait sur le don du Père, et ce don permettait la foi dans le discours du Fils !

Alors nous voici comme les auditeurs, ces disciples de Jésus. Quelle portée donnons-nous aux paroles de Jésus ? Comme dans la cité des pécheurs, nous voici sommés de donner crédit à l’enseignement du Christ, grâce au Seigneur. Seulement notre situation est différente : ce qui a jadis choqué les auditeurs, nous avons aujourd’hui coutume de l’entendre. Ce discours n’est pas une nouveauté pour notre oreille. Certes, il nous dépasse, mais il n’est pas nouveau. Il pourrait même nous sembler qu’il appartient à ces paroles habituelles qui n’étonnent plus.

4. Mais une autre parole a résonné. Et une question a pu se lever en nos cœurs. Sachant combien son enseignement était dur, Jésus précisa : « Nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père ». Est-ce une parole élitiste ou une parole qui appelle à une prise de conscience ? Ne rappelle-t-elle pas : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. Et moi je le ressusciterai au dernier jour ».

Cette parole peut nous surprendre : qu’en dire ? Notre époque aime que l’homme ait l’initiative, et il la situe dans le champ de sa liberté ! Face au mystère révélé, quelle est encore la part de l’homme ? A notre tour, nous pourrions nous offenser, comme d’autres à Capharnaüm, jadis ! Cependant la sagesse nous inspire de rester... Si l’on vient au Christ aujourd’hui, ne serait-ce pas parce que cela nous est donné par le Père ? Notre liberté ne s’est-elle pas exprimée aujourd’hui, comme jadis à Nazareth en Marie ; comme à Capharnaüm en Lévy ; comme à Jéricho en Zachée ? A chaque fois dans la sagesse du consentement à l’œuvre de Dieu ! Pour nous qui prenons part au Pain de Vie, ne nous conduit-elle pas aussi à dire comme Simon : « A qui irions-nous Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Le plus grand acte de liberté pour la personne humaine n’est-il pas dans sa capacité, fécondée par le don du Père, à pouvoir confesser son Seigneur, celui qui nous ouvre à la Vie éternelle ? Comment la liberté ne s’épanouirait-elle pas quand l’homme créé à l’image de Dieu, accueille son message ? Aujourd’hui, en en prenant toujours mieux conscience, rendons grâce à Dieu !




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 Puis-je dire aujourd’hui : « A qui irions-nous, Seigneur ? »



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