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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 26 >>   Au souffle de l’Esprit : Celui que Dieu nous insuffle, Celui qui est dans nos vies, Celui de Jésus

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Au souffle de l’Esprit : Celui que Dieu nous insuffle, Celui qui est dans nos vies, Celui de Jésus

Marseille, dimanche 27.09.2009.

 

En ligne depuis le mardi 29 septembre 2009.
 
 

A se regarder, nous les chrétiens, on apparaît bien statiques, immobiles, trop attachés à des idées bien fixes, à des certitudes tellement pesantes, à des convictions souvent erronées ! Soyons certes de bons convaincus, c’est-à-dire vaincus par l’Esprit que Dieu donne à qui Il veut ; non pas de ces esprits étriqués et déboussolés qui se croient branchés sur Dieu, habités par l’Esprit alors qu’ils ne font que virevolter, tournoyer aux vents de leurs fantaisies, de leurs humeurs, de leurs seuls désirs. L’Esprit que Dieu nous insuffle, nous n’en sommes pas propriétaires, nous n’en sommes que dépositaires, et s’il repose sur nous, alors nous sommes tenus en haleine, attentifs, éveillés, dépendants, soumis, disponibles à cet Esprit que Dieu nous donne. Le baptême fait de chacun d’entre nous des prophètes en puissance : non pas des cymbales tonitruantes et vides mais des êtres habités, soulevés, au diapason d’un rythme, d’un tempo, d’une musique d’origine et d’essence divines. Par l’Esprit reçu, nous nous faisons l’écho de réalités célestes et divines auxquelles nous participons et dont il nous est donné d’en vivre ; nous devenons de ces porte paroles, de ces prophètes dont l’histoire, la vie, les paroles et les actes disent Dieu, balbutient la présence de Dieu dans cet aujourd’hui des hommes. L’Esprit que Dieu insuffle aux croyants, c’est cet Esprit du Dieu agissant au milieu et dans son peuple. Ce n’est pas de l’ordre d’une gratification personnelle mais c’est la vocation de tout un peuple appelé à se sanctifier, à être toujours plus proche, plus uni, communiant à l’amour libérateur, salvateur et sauveur d’un Dieu plein de miséricorde et de tendresse, d’un Dieu qui aime, du Dieu Amour. Sommes-nous à l’unisson de l’Esprit divin reçu en partage ?

Souffle de l’Esprit en nos vies, c’est dire que le don de l’Esprit s’incarne, convertit, transforme et transfigure des histoires, des cheminements, des parcours. L’Esprit ne plane pas, il ne survole pas : il s’inscrit dans la vie d’êtres de chair et de sang, il vient au secours de nos fragilités, de nos désespérances, de notre mal de vivre comme de notre vivre mal ; il tourne les visages défigurés, les vies en lambeaux, en quenouille, bien déchirées sinon misérables et en pendeloque vers la source de toute guérison, de tout salut, de tout bonheur : Dieu miséricordieux, Dieu de toute vie, Dieu de notre amour. Et ce que l’apôtre Jacques nous recommande, c’est de mettre nos vies sous la garde de l’Esprit. Alors nous ne serons plus accaparés par les fausses et vaines richesses : cupidité, suffisance, soif inextinguible de possession, de domination et d’orgueil. Tout au contraire, retournés par l’Esprit, nous serons disponibles : certes d’abord et surtout à Dieu mais aussi et dans le même temps à notre prochain. Il est à remarquer combien Jacques, dans sa lettre, assimile la quête, la poursuite, la saisie de cettte richesse accapareuse, dévoreuse et démentielle au mépris, à l’exploitation, à la mise en servitude, à la domination du prochain. En contrepoint, l’Esprit qui est en nos vies nous adonne à Dieu et nous rend proches, nous donne à notre prochain, à autrui. S’il nous est octroyé de vivre l’Esprit, de l’Esprit et dans l’Esprit, c’est dans ce plus, dans ce toujours plus à Dieu comme dans notre accueil, notre sollicitude, notre cheminement avec notre prochain, dans notre dévouement aux autres, à tout autrui. Quelle qualité de vie présentons-nous à l’Esprit ?

Enfin, au souffle de l’Esprit mais est-ce celui de Jésus ? L’Evangile de ce jour nous rappelle que l’Esprit souffle là où il veut. Les chrétiens n’ont pas le monopole de la bonne parole ; ils ne donnent pas toujours le meilleur exemple d’une vie conforme aux exigences de l’Evangile et au commandement du prochain ; leur situation pour se dire et se vouloir chrétienne n’est pas forcément christique, relevant du souffle de l’Esprit et habitée par l’Esprit de Jésus. Mais ce qui importe par-dessus tout et ce qui les sauve pour ainsi dire, c’est ce parti pris, ce choix, cette soif qu’ils ont de se mettre à la suite du Christ, de le suivre, d’adhérer, de coller à Jésus, même si parfois nous sommes bien faibles, si fragilisés et bien hésitants. Car notre salut est dans le nom de Jésus, il est en Christ : pouvons-nous dire qu’il est ma référence, ma vérité, ma vie et mon salut ? Peu importe nos appartenances confessionnelles, Dieu les dépasse toutes et son Esprit habite tout homme de bonne volonté comme de paix. Il reste que si le chemin privilégié du salut est en Christ, ce privilège de partager l’Esprit du Christ fait de ses fidèles, rend les fidèles de Jésus plus perméables, plus accessibles, plus tournés vers leur prochain. En effet, attentifs au règne de Dieu, introduits dans le royaume des cieux -qui, soit dit en passant, est déjà là, depuis la venue, la prédication et le salut de Jésus-, cette réalité nouvelle, céleste et divine inclut, accepte, accueille tous ceux que Jésus est venu sauver et Jésus n’exclut personne. Pourquoi serions-nous de ceux qui contreviendraient à la volonté de salut de Jésus pour tous, en scandalisant, en excluant, en rejetant l’étranger, celui qui ne partage pas ma religion ? C’est dire, frères et sœurs, qu’un parti pris de Dieu, si nous nous voulons et devons à Jésus, se prolonge nécessairement par notre parti pris du prochain, par notre vivre ensemble, par notre croissance commune sous la conduite de l’Esprit, dans l’esprit de Jésus, tournés vers le Père, réunis et rassemblés par Dieu qui est Amour, qui aime tous ses enfants, ceux du dedans comme ceux du dehors. L’Evangile de ce jour nous questionne : sommes-nous à Jésus ? Son esprit nous rend-il proche de tous, frères des autres ?

Fr. René Quan Yan Chui, o.p.




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