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Une fête de famille : la célébration de la Toussaint

En ligne depuis le mardi 3 novembre 2009.
 
 

Pour vous faire une confidence, enfant, j’ai toujours aimé les fêtes de famille ! Et aujourd’hui, on en a une, une comme un enfant n’oserait pas imaginer, une vraie fête de famille, plus vraie que nature, avec des millions et des millions de participants. Et nous, au premier rang !

Il y a en effet des moments où Dieu entend les rêves d’enfant ! Il les entend comme s’ils étaient à sa portée, comme s’ils lui étaient familiers ! Il y a sans doute des heures où les enfants communient jusque dans leurs rêves aux songes de Dieu ! Et aujourd’hui, en ces instants, il nous est fait la grâce d’en prendre conscience. C’est d’un rêve éveillé qu’il est question ! « Célébrer en une même fête la sainteté de tous les élus » est inouï, jubilatoire !

Désigner un de ces divins élus, c’est déjà bien. Nous avons pour notre part l’heureuse coutume de faire mémoire de saint Dominique : le contraire serait pour vous surprenant - mais enfin, l’histoire des prêcheurs a montré que tout peut arriver. On se réjouit aussi de celle de saint François : comme le rappelle un de nos vitraux, Dominique le premier s’est réjoui d’embrasser François comme un frère ! Que les « saints de vitrail » » chantent la gloire de Dieu dans la lumière, ne nous étonne plus guère ! Nous y sommes habitués, avec le risque de n’y plus faire attention. Ils ont l’immense mission de nous exprimer la présence de Dieu donnant à des personnes de savoir et de pouvoir rayonner humblement de sa grâce. Et ce que constatent nos yeux, nos cœurs peuvent le garder en mémoire !

Mais il y a les bienheureux élus qui sont moins connus, ceux qui sont - par exemple - au-dessus de vous : savants comme Thomas d’Aquin ou Albert le Grand, martyrs comme Pierre de Vérone ou Arnaud d’Avignonet, serviteurs comme Pie V ou Benoît XI, compagnons des origines comme Bertrand de Garrigues, natif du Gard si proche, ou fondateurs comme Hyacinthe de Pologne, réformateurs comme André Abellon, natif de Saint-Zacharie, moniales comme Cécile ou Diane d’Andalo, intrépides et ferventes comme Catherine de Sienne, ou encore et plus simplement maman comme Jeanne d’Aza, mère de s. Dominique ou... Notre-Dame du Rosaire !

Si j’étais plus jeune ou si j’avais la tête dans le ciel, je les verrais avec vous, nous regardant, parlant à notre sujet, comme si les reflets du soleil animaient ces portraits sagement élevés, se demandant ce que nous ferons tout à l’heure, dans quelques instants et un peu plus tard, au sortir de cette célébration familiale. N’est-ce pas normal que des proches, des amis se soucient de ce que deviennent leurs proches et leurs amis ?

Pourtant après les divins élus plus connus et les moins illustres, il y a encore beaucoup de monde, tous ceux qui depuis des siècles et des siècles accueillant la parole du Seigneur, écoutant au mieux la voix de leur conscience ou communiant de toute leur âme à la grâce des sacrements sont comme « tombés en Dieu » - au sens où un canadien dit que des jeunes « tombent en amour ». Car il s’agit de cela. N’est-ce pas cela qui peut animer une famille ?

Une seule question peut maintenant s’élever : ils furent comme nous ; voulons-nous devenir comme eux ? En avons-nous les moyens ? Qu’avons-nous de commun avec eux ?

Si nous regardons les vitraux ou les sculptures, nous finissons dans l’admiration - et parfois la fatigue. Si nous accueillons tous les saints, ceux-ci ne sont plus perchés en-haut, surplombant d’au-dessus, ni figés là-bas, mais tournés vers nous, devenus plus proches, assis à nos côtés, comme des frères ou des soeurs aînés, capables de nous porter en chemin, de nous aider à dépasser des obstacles, de nous indiquer la direction à prendre, les choix à opérer, la grâce de la vie véritable. Et nous sommes alors à portée de leur voix. Ils nous rendent aptes à les entendre, à les écouter et avec eux à aimer le Seigneur. Ils nous montrent par leur vie que nous sommes tous « capables de Dieu ».

Certains sont passés par la grande épreuve, vivant Gethsémani, ou communiant au Seigneur dans sa passion et sa mort, lavant leur robe dans le sang de l’Agneau comme dit l’Apocalypse. Certains ? Certains seulement ? - Ce passage de la croix est bien pour tous, c’est l’intensité qui seule varie, je pense. Mais chacun de ces aînés est arrivé à Pâques. Il y a découvert l’amour dont le Seigneur l’a comblé, apprenant son nouveau nom de bien-aimé, le nom que la grâce du baptême comme scelle sur l’âme à l’heure où chacun est adopté par Dieu comme fils !

Tous ces élus peuvent ainsi nous apprendre la plus importante des choses : savoir être aimés de Dieu, demeurer et grandir en cet amour paternel et répondre par un amour filial.

Elus de Dieu, connus, méconnus, inconnus, ils eurent la grâce de nommer et de prier « Notre Père » ; et la grâce de percevoir qu’une attitude humaine le rendait plus proche de nos coeurs, l’attitude de Jésus-Christ, le Fils et notre Dieu, celle dont une expression dit tout : « livré pour nous ». Aujourd’hui, ils savent mieux que nous que vivre de la grâce dans l’Esprit Saint prépare à la gloire : voir Dieu « face à face », « devenir semblable à lui » ne sont pas réservés à une élite, mais à la famille humaine, à tous ceux qui le veulent bien.

Vous me direz peut-être : ce programme est très bien, mais « comment cela sera-t-il ? » Je vous dois alors de vous répondre : comme autrefois à Nazareth, comme autrefois sur une Haute Montagne, comme autrefois à Jérusalem, l’Esprit Saint vient sur vous, en vous, nous éveillant ensemble à l’amour que le Seigneur a pour nous. Il vient sur vous pour que notre demeure soit en lui ! Pour que si tous les élus furent un jour comme nous, nous voulions être à jamais comme eux, accueillant l’amour de Dieu, et qu’il en soit ainsi sous le regard de la Toute-Sainte ! Oui, qu’il en soit fait ainsi ! Et pour cela aussi « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ! Amen »

Fr Hugues-François Rovarino, dominicain - Couvent de Marseille - Toussaint 2009




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