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L’Esprit Saint Illuminateur

18 mai 1997

 

En ligne depuis le vendredi 1er juillet 2005.
 
 

En cette fête très particulière de l’Esprit, il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce qu’Il est, sur ce qu’Il fait en nous, ses fonctions multiples et essentielles, comment Il agit en nous, mais cela déborderait largement les dix minutes imparties à une prédication et d’éminents théologiens ont écrit de savants traités à ce sujet. Aussi ai-je choisi de m’arrêter aujourd’hui à une note, une fonction, celle qui désigne l’Esprit Saint comme l’Illuminateur.

Le choix s’imposait, je pense, par l’Évangile lui-même où Jésus évoque l’Esprit " qui nous guidera vers la vérité toute entière ", l’Esprit qui introduit à la connaissance du Christ. [Et puis, nous allons célébrer le baptême d’Hugo tout à l’heure et juste après qu’il ait reçu le don de l’Esprit par le baptême, on remettra à son parrain et sa marraine un cierge allumé, symbole bien concret de la petite lumière déposée au fond de son coeur]. Oui (tout), cela mérite que nous méditions sur cet aspect fondamental de l’action de l’Esprit en nous, l’illumination.

Il nous éclaire, en effet, comme de l’intérieur : qu’est-ce à dire si ce n’est qu’il nous donne le regard du Christ sur les choses, les personnes, les événements. Je le disais déjà l’an dernier à la Vigile Pascale en baptisant deux adultes : le baptême, le fait de croire ne rend pas meilleur ou supérieur aux autres ; Il nous donne un regard différent. Or nous avons grand besoin d’être éclairés au milieu des ténèbres, des obscurités de ce monde, des troubles et des doutes divers qui nous assaillent. Nous comprenons mieux alors les mots du psaume : " Lumière sur ma route, ta parole, Seigneur ". Mais pour percevoir cela, encore faut-il avoir le bon coup de projecteur, la bonne lumière en soi : or l’Esprit Saint, le même qui a inspiré les Écritures (côté émetteur) va réaliser cela en nos coeurs (côté récepteur).

L’Esprit Saint va ainsi délier notre intelligence comme il adoucit notre coeur. Car la connaissance du Christ, la compréhension de la Bonne Nouvelle n’est pas affaire de Q.I., de capacités intellectuelles phénoménales ; Jésus le dit : " Béni sois-tu, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux puissants et de l’avoir révélé aux tout-petits ". En vérité, l’Évangile est plutôt affaire de Q.S. Oui, frères et soeurs, vous m’avez bien compris : de quotient spirituel. C’est lui qu’il faut développer à tout prix, ce bon sens surnaturel, ce " sensus fidei " que tout baptisé a reçu le jour de son baptême, (sens de la foi). Cette " onction qui vient du Saint " pour reprendre les termes de la première Épître de Jean.

Alors, ce bon sens, cette intuition spirituelle va nous faire voir de suite, clairement, la vérité d’une situation, par exemple la douleur d’une personne dans l’épreuve, et nous nous sentons inspirés sur ce qu’il convient de dire car cela apparaît d’un coup en pleine lumière à notre esprit. Permettez-moi à ce sujet de vous livrer une petite anecdote en manière de témoignage. L’an dernier, lors d’une rencontre avec l’un des catéchumènes, nous parlions ce soir-là justement de l’Esprit et soudain la question me fut posée : " Quelle expérience (concrète) fais-tu, toi, comme prêtre, de l’Esprit Saint ? " Je vous avoue que je suis resté sec à peu près cinq minutes : j’étais collé. On ne m’avait jamais posé cette question et surtout, je ne me l’étais jamais posée. Oh ! je savais bien qu’au jour de mon ordination, j’avais reçu l’Esprit Saint pour accomplir certaines tâches, pour célébrer certains sacrements. Mais c’était acquis une fois pour toutes et je n’y pensais plus.

Et puis, après réflexion, j’ai pu quand même répondre à ce catéchumène en évoquant deux moments forts, importants où il me semblait percevoir plus directement l’action de l’Esprit. D’abord, la préparation d’une homélie : on lit les textes de la liturgie, on les prie, on les rumine, on pense à ceux à qui on va s’adresser et voici que la page blanche se remplit, d’un trait. L’Esprit Illuminateur a fait son oeuvre au sens où la lumière a été faite pour que se noue une parole inscrite dans l’Histoire, une parole qui permette à l’homme de notre temps d’accéder au Dieu de Jésus-Christ. Deuxième moment : l’accueil des pénitents dans la confession. C‘est le lieu d’une parole décisive de consolation, guérison, relèvement. Oui, mais nous ne connaissons en général rien sur la personne cinq minutes avant qu’elle se présente et nous ne sommes pas des experts en psychologie. Pourtant, il arrive souvent que la personne nous redise quelque temps après : c’est la parole que j’attendais et dont j’avais besoin. Pour moi, là encore, c’est le travail d’illumination de l’Esprit qui est à l’oeuvre.

Sans lui, en vérité, nous marchons comme à tâtons. Si nous voulons éviter toute erreur, plaçons-nous sous sa conduite et son conseil. Il portera en nous du fruit, à savoir des grâces de discernement ; Il éclairera notre chemin pour que nous marchions dans la vérité. Oui, cette lumière de l’Esprit que nous demandons pour nous (et pour Hugo) en ce jour de Pentecôte, ce regard de foi est bien l’essentiel qui transforme une existence. Amen.

Modifié le 7 juillet 1997




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