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Bien avant que tu aies marché sur la lune, J’ai marché sur la terre.

Montpellier 2009

 

En ligne depuis le jeudi 31 décembre 2009.
 
 

Autour du mois de juillet passé a été commémoré le 40 ° anniversaire d’un évènement qui avait semblé avoir marqué l’histoire de l’humanité. Evènement qui avait été préparé durant des décennies par les plus grands techniciens mettant en œuvre tout l’héritage croissant à travers les âges de l’intelligence humaine, de la technique, des sciences. J’avais 12 ans. Nous n’avions pas la télévision à la maison. A 4h du matin, le 21 juillet 1969, je me suis levé, et j’ai rejoint la salle à manger d’ami agriculteur voisin pour voir en direct le premier pas de Neil Amstrong sur la lune : « un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité » dans la conquête de l’espace, la connaissance du cosmos, de la création, de l’univers. Evènement tant préparé. L’homme avait rêvé, et il a accompli l’un de ses rêves. L’homme a marché sur la lune.

Et bien Noël qui est si proche, c’est un évènement, bien plus grand encore, bien plus important pour l’humanité. Préparé, annoncé, espéré, inespéré depuis 2000 ans. Rêve de Dieu : non, plus que cela. Dessein d’amour, de salut éternel de Dieu : oui. Bien avant que l’homme ai marché sur la lune, Dieu a marché sur la terre afin que l’homme puisse remarcher au Paradis, accomplir plus qu’un rêve : notre espérance la plus profonde. L’homme s’est hissé jusqu’à la lune, Dieu s’est abaissé jusqu’à la terre, et bien avant Noël : dès l’Annonciation, dans le sein de la Vierge Marie. Dieu qui marche sur la terre : plus que cela, qui se fait homme, plus que cela, qui se fait le plus petit d’entre nous. Qui n’est pas resté que quelques heures, mais 33 ans : et qui demeure pour toujours, chaque jour, parmi nous, dans l’Esprit, par les sacrements de l’Eglise (Mt 18,20 et 28,20) et la charité fraternelle (Mt 25,40). Les astronautes sont repartis, revenus, sain et sauf. Dieu en Jésus « s’en est pris plein la gueule » : il en est mort d’amour pour nous sur une croix. Mais il revenu vers son Père, sain-T et Sauveur, ressuscité. Evènement cosmique, qui concerne tout l’univers : même des étoiles s’en sont lumineusement mêlées depuis les premiers jours (Mt 2,1-12).

L’avent : cette attente active, cette préparation du sommet à nul autre pareil, où tous les G8 et G28, si nécessaires et importants sont-ils, font pâle figure devant le sommet qu’est Noël : de Dieu avec l’humanité, de l’homme avec Dieu fait homme, de Dieu avec l’homme fait Dieu par son pardon. Sommet où tout homme est invité en commençant par les plus pauvres, sans barrière de sécurité, sans contrôle policier, où les sans papiers comme les décorés sont conviés. Sommet pas comme les autres : pour limousine l’âne du voyage, pour chauffage central l’haleine du bœuf, pour lit à baldaquin une mangeoire, pour drap de la paille, comme service d’ordre des pauvres bergers d’alentours, mais pour journaliste couvrant l’avènement des anges et pour serviteurs des rois venus d’Orient. Un sommet pas comme les autres : seule exigence pour y participer : passer par l’unique porte, étroite, celle de l’humilité, celle que Dieu emploie lui-même pour venir jusqu’à nous. Alors préparons dans notre cœur, dans nos familles, dans nos communautés ce sommet à nul autre pareil, guidée par la Vierge Marie.

+++ Pour cela, dès l’Annonciation, dans l’Avent de la naissance de son enfant, Marie va marcher sur les routes pour transmettre à sa cousine Elizabeth, la Bonne Nouvelle de ce sommet pour l’éternité, qu’est en germe l’enfant en son sein. Bien avant sa naissance, Dieu a marché sur la terre, a visité l’humanité : dès le sein maternel, par les pas de Marie (Lc 1,39). Dans le texte grec, il est dit plus précisément : « Marie se leva et se rendit promptement vers une ville de la montagne de Judée, chez sa cousine Elizabeth ». Première montée mystérieuse, cachée de Jésus, vers Jérusalem. Pour nous dire « se leva », c’est le verbe de la résurrection qui est employé : « anisthmi » : faire se lever, ressusciter. Dès le jour de l’Annonciation, la présence en elle dans l’Esprit du Fils de Dieu, fait se lever Marie, fait de Marie une ressuscitée, portant la bonne Nouvelle à Elizabeth et à travers elle, à toute l’humanité : dès le premier jour après l’Annonciation comme les apôtres après la Pentecôte (Ac 2,1-13). Comment vivre l’Avent, entrer dans l’Avent, il n’est jamais trop tard : porter par toute notre vie, joyeusement, fidèlement, la Bonne Nouvelle de sa venue qui nous relève, ressuscite.

+++ Dans cinq jours, nous connaîtront notre Sauveur : d’année en année, nous apprenons à mieux le connaître, le reconnaître, l’aimer en son amour infini, celui qui ne vient, pas seulement nous visiter au soir comme au premier jour (Gn 3,8), mais établir pour toujours sa demeure parmi nous pour nous sauver, afin que nous puissions établir pour toujours notre demeure en Lui. Nous n’avons pas trop de toute notre vie pour cela. Mais Lui nous connaît avant que nous le connaissions : il nous a vu sous le figuier de notre misère (Ex 3,7) avant que nous le contemplions sur la paille de sa pauvreté amoureuse pour l’humanité qu’il vient sauver. Il en est qui vous déteste, comme Tatie Danielle, avant même de vous connaître : lui nous aime avant même que nous le connaissons, puisqu’il est notre créateur, et il nous aime après même que nous l’ayons renié, car il est notre Rédempteur.

Etre homme et femme de l’Avent : c’est vivre déjà en ressuscités, en relevés, en grâce, en espérance, dans la joie d’être sauvé : joie à venir qui rayonne déjà dans l’Avent, avant, joie immense, car joie pour toujours. Joie immense à venir qui irradie le présent de son attente, et l’avenir de son avenir : joie de l’espérance que nul ne pourra nous ravir (Jn 16,22). Joie de Marie, joie d’Elizabeth, joie de JB dès le sein maternel, joie de Jésus dans le sein de la Vierge : danse mystique de la joie de l’Avent, joie de reconnaissance, joie de communion, joie d’être visité, habité, joie d’être aimé, joie d’être sauvé, joie des hommes, joie de Dieu, joie des sauvés, joie du Sauveur, une seule joie, celle de l’Amour pour toujours. « Oui, bienheureuse celle qui a cru » (Lc 1,45) et « sans avoir vu » (Jn, 20,29), c’est-à-dire bienheureux celui qui vit comme Marie dans la lumière de la parole de Dieu, qui la laisse prendre chair, vie en sa vie, dans l’Esprit. Alors ils trouveront dans la nuit de leur vie, comme les bergers guidés par la parole de Dieu transmise par l’ange, Marie, Joseph et le Sauveur, comme cela leur a été dit (Lc 2,15,16,20). Oui bienheureux celui qui se laisse visiter comme Marie, comme Elizabeth en leur Avent : ils trouveront le Sauveur car ils se sont d’abord laissés trouver par Lui, ils ne se sont pas cachés comme Adam et Eve au jour de la première visitation divine dans le Paradis (Gn 3,8). Oui bienheureuse Marie qui s’est laissée visitée, habitée par Dieu, bienheureuse Elizabeth qui s’est laissée visitée par celle qui a été visitée par Dieu.

Le témoignage dès l’Avent : une généalogie de visitation au nom de Dieu. L’Avent avec Marie dans notre vie de chaque jour, c’est le chemin royal vers le Sauveur. Avec elle, c’est tout droit : ce chemin que nous avons tant de mal à prendre. Pour se trouver à la hauteur de celui qui s’est abaissé infiniment jusqu’à nous. L’Avent avec Marie, c’est entrer dans le chant d’action de grâce : celui du psalmiste qui nous est rapporté dans l’épître aux hébreux « Tu n’as voulu ni holocauste, ni victime : tu m’as façonné un corps, alors j’ai dit : voici je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Ps 39,7-9 et He 10,5-7) et celui de Marie au Magnificat : « Il s’est penché sur son humble servante, toutes les générations me diront bienheureuse » (Lc 1,48) : regard de Dieu à l’Annonciation, que Marie transmet à Elizabeth à la visitation : préfigurant dans la nuit de Noël le regard de Dieu enfant qui nous ouvre son avenir d’amour éternel. L’Avent avec Marie, c’est entrer, dans l’espérance, dans le champ de l’action de la grâce : celui du Paradis qui s’ouvre à nouveau, à jamais pour nous, pour tout homme de bonne volonté.




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 Bien avant que tu aies marché sur la lune, J’ai marché sur la terre.



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