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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 2 >>   Cana et notre Foi : une Epiphanie par la Désignation Mystère lumineux

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Cana et notre Foi : une Epiphanie par la Désignation Mystère lumineux

En ligne depuis le mercredi 20 janvier 2010.
 
 

Une histoire qui se tient ! Un vrai début, des circonstances, un déroulement, des interventions et une leçon conclusive, oui, on n’est pas déçu ! Après d’autres évènements déployés par la liturgie, Cana ne fait pas parent pauvre. Il est seulement différent. Qu’avons-nous en effet entendu depuis Noël ? Un propos solennel de la manifestation de la Venue du Verbe de Dieu : « ...et le Verbe s’est fait chair, et nous avons vu sa gloire ». Solennel, oui, et complété par la version plus champêtre de l’événement : Bethléem, la sainte Famille, une naissance bouleversante, des anges et des bergers : l’alliance de la simplicité et de la gloire. Puis la version étonnante avec ses mages, portant l’or, l’encens et la myrrhe, le roi Hérode qui joue les bons offices, on aurait pu imaginer le bruit de chameaux, ajouter des couronnes et des noms à ces étrangers qui accrochèrent leur vie à une étoile. Et nous pouvions les envier. Oui, vraiment ce Jésus naissant ne manquait pas de créer l’événement. Son épiphanie suscita les talents des évangélistes.

Mais cela ne s’arrêta pas avec les années d’enfance ! Après la Judée des premières heures, les années étant passées, la Galilée nous réservait aussi des épiphanies : la surprise du Jourdain, et la joie de Cana. Le baptême du Précurseur annoncera la Révélation du Seigneur ; et l’invitation aux Noces, annoncera l’Alliance nouvelle. Après les épiphanies du silence en Judée, voici celles de la parole en Galilée. Après les épiphanies de la contemplation, voici celles de la désignation !

Manifesté au Jourdain comme l’un de la Trinité, le Seigneur est désormais désigné à Cana comme celui que l’on écoute, comme celui qu’il faut écouter pour réaliser avec lui ce qu’il aura demandé. Après le Père qui proclamait, c’est la maman qui s’exprime. L’émotion du moment ouvre le champ à la pratique. Tout est dit, et indiqué ; mais il est bon que nous ne vivions pas cela comme des moments qui se succèdent ! Ce sont les déploiements d’un même Mystère. A preuve, si j’évoquai l’Alliance de Bethléem entre la Gloire et la simplicité, n’aurai-je pas dû déjà évoquer déjà celle de Nazareth entre le Verbe de Dieu et la Chair de Marie où il fit sa demeure, avant de nous tourner vers l’alliance de Cana où comme en de mystérieuses poupées gigognes, nous voyons les alliances se succéder, s’envelopper l’une dans l’autre, se répondre ou s’engendrer.

En effet, de noces humaines fêtées dans un village galiléen, nous voici orientés vers d’autres Alliances, celle de Moïse bien des siècles plus tôt ; celle de la Croix et de l’Heure du Seigneur peu d’années plus tard. Pour qui lira l’Evangile selon saint Jean, il retrouvera en effet les mentions de la Mère de Jésus et de l’Heure pour laquelle Jésus vint en ce monde. Il les retrouvera au Calvaire, au moment de la Croix où le sang est répandu, sang de Jésus crucifié pour une « Alliance nouvelle et éternelle » où la célébration eucharistique nous convoque en cette heure-ci. L’Alliance de Cana n’en cache pas une autre ; elle l’annonce plutôt : elle la désigne.

Si à Cana l’histoire se déploie, elle pourrait toutefois ne pas être si limpide qu’il y paraît. Sa fausse simplicité est un signe. Si les personnes identifiables seront la « Mère de Jésus » et Jésus, leur dialogue n’en sera pas un, et pourtant ils se comprendront. Les époux resteront inconnus comme s’ils n’étaient qu’un prétexte. Et si l’eau des ablutions rituelles pouvaient être abondantes, on s’étonnera toujours que du vin ait pu manquer lors de noces humaines longuement préparées. Enfin, qui imaginerait qu’une invitée ait pu donner des ordres aux serviteurs quand le maître du repas est là pour cela !

Drôles de noces, finalement... Car leur but est aillieurs : faire de nous les témoins de cette Epiphanie. Et dans ce Mystère premier, la foi naît et grandit. Elle n’est plus celle de l’aspersion par Moïse concluant jadis une Alliance pour le Seigneur avec le Peuple Elu au pied de la montagne du Sinaï. Mais elle s’y réfère. Sur sa route, elle aura la lumière d’une parole : celle de la Mère de Jésus, « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » ; écho lointain de celle du Peuple Elu à Moïse concluant une autre Alliance : « Tout ce que tu diras, nous le ferons ! ». Et cette parole de Cana sera féconde : « Jésus manifesta sa Gloire et les disciples crurent en lui ».

Je parlais d’une histoire ; celle-ci est devenue la nôtre. Nous sommes de ces disciples croyants au Seigneur. A Cana, l’histoire fut mystérieuse ! Mais l’Alliance du Seigneur nous est offerte : son auteur est désigné par la « Mère de Jésus » qui ordonne : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Puisse cette désignation transformer chaque jour notre histoire ! Mettons-la ensemble et grâce à Dieu en pratique. Vivons cette alliance par la charité : chaque jour, les circonstances nous y pressent !




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 Cana et notre Foi : une Epiphanie par la Désignation Mystère lumineux



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