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Le commencement des signes

Bordeaux, 17 janvier 2010

 

En ligne depuis le mardi 23 février 2010.
 
 

« Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana en Galilée ».

Le commencement des signes. C’est-à-dire, des indices qui font référence à une autre réalité plus importante, une réalité essentielle. En posant ce signe, Jésus fait œuvre de pédagogue : il pose cet acte pour en faire comprendre le sens d’un autre acte, d’une autre réalité : le plan du salut de Dieu pour son peuple. Ce signe s’accomplit au cours d’un repas de noces. Ce signe s’accomplit sur l’eau. Et grâce à l’initiative de Marie. Pourquoi au cours d’un repas de noces ? Pourquoi sur l’eau ? Et pourquoi Marie y est impliquée ?

1) Le repas de noces fait suite à la célébration du mariage, il est la manifestation et la réjouissance humaine de la réception d’une grâce divine, grâce reçu à deux. La grâce que les époux viennent de recevoir est fêtée, honorée, reconnue : elle rassemble la famille, les proches, les amis, la communauté. Tous entourent l’époux et l’épouse pour qui une nouvelle vie, une nouvelle étape, un nouvel état commence. L’état ancien a disparu, la vie de célibataire est finie, une alliance scelle deux vies à jamais, la grâce recouvre l’homme et la femme, une réalité nouvelle est instaurée. Marie et Jésus ne pouvaient pas trouver meilleure opportunité pour faire la première annonce d’une réalité nouvelle : après l’arrivée de la grâce dans la chair, après la naissance du fils de Dieu, le Royaume doit être proclamé. L’humanité a été bénie, la grâce couvrît la nature, désormais le repas de noces commence. Un repas où, en définitive, ce qui est mangé et bu n’est pas autre réalité que celle de Dieu lui-même. On ne mange pas au Temple ou à la synagogue, on mange chez soi, on festoie chez soi : désormais notre « chez nous », notre maison, notre Royaume c’est Dieu. Son chez lui est chez nous, sa table est la nôtre, son festin de noces est le nôtre : « On nommera ta contrée : « Mon épouse », car le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée aura un époux » disait le prophète Isaïe (Is 62, 1-5).

Finie l’époque de célibataires, désormais une nouvelle étape commence. Nous ne sommes plus deux mais un : « On ne t’appellera plus : « La délaissée ». On t’appellera d’un nom nouveau, donné par le Seigneur lui-même. Tu seras une couronne resplendissante entre les doigts du Seigneur, un diadème royal dans la main de ton Dieu ».

Ces mains sont celles du Christ qui saisissent celle de l’humanité malade, qui fait sortir d’elle toutes ses impuretés et les démons qui l’habitent depuis si longtemps : l’époux prend son épouse chez lui. « On n’appellera plus ta contrée : Terre déserte », car l’eau vive jaillit du rocher

2) De l’eau. Souvenez-vous de l’évangile du dimanche dernier : « Tout le peuple se faisait baptiser et Jésus fut baptisé lui aussi » (Lc 3, 15-16.21-22). Les eaux du Jourdain, qui arrosent la Galilée, furent sanctifiées par le corps du Christ. Cette eau sanctifiée revêt désormais une autre signification. Jésus inaugure aujourd’hui un nouveau cycle de l’histoire du salut : le baptême dans l’Esprit commence maintenant. « Moi, je vous baptise avec de l’eau », disait Jean Baptiste. « Lui vous baptisera dans l’Esprit » (Id).

« Au commencement (...) le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux » (Gn 1, 1). Aujourd’hui par l’ordre du Christ cette eau annonce le sang. « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit », dit saint Jean (‘‘Arkén ton séméion’’) : c’est exactement le même mot qui ouvre son Évangile (« Au commencement était le Verbe » = « En Arké »). C’est aussi le premier mot du livre de la Genèse (« Au commencement Dieu créa le ciel et la Terre » = « En Arké »).

Aujourd’hui un nouveau commencement se donne à voir, un commencement où le ciel s’unit à la terre, où le Verbe se donne aux hommes. Les noces de Cana préfigurent les noces célébrées au calvaire, noces où il n’y a plus deux mais un, où Dieu réconcilie l’humanité dans son sang. Après la création (1ère étape), après l’incarnation (2ème étape) il y a une 3ème étape, celle de la Passion, où Dieu se donne définitivement et indissolublement à l’homme, comme l’époux se donne à son épouse, comme l’épouse se donne à son époux.

3) Et Marie a ici toute sa place : l’épouse du Saint-Esprit délie l’humanité de ses liens corrompus et unit cette nature à celle de Dieu. Ce qu’elle vécut à l’annonciation et à Noël, elle le vit, comme une prophétie, à Cana. Marie engendre le Fils et donne à son Fils une multitude de frères. « Ils n’ont pas de vin », dit-elle, c’est-à-dire : ils n’ont pas d’Alliance, pas de filiation, pas de lien avec Dieu : il leur faut une Alliance, ils ont besoin de ta vie, ils ont besoin de ton sang. Voilà le chemin de Marie : de Nazareth à Bethléem, et de Cana au Calvaire.

Marie prend la parole et montre la voie. A Cana elle devient la nouvelle Myriam, celle qui en sortant de la Mer des Roseaux - c’est ainsi que la mer Rouge est désignée (Ex 13, 18 et 15, 4)-, entonna le cantique d’action de grâces : « Marie, la prophétesse, prit à la main un tambourin, et toutes les femmes vinrent après elle, avec des tambourins et en dansant. Marie répondait aux enfants d’Israël : « Chantons le Seigneur car il a fait éclater sa gloire, il a jeté à l’eau cheval et cavalier » (Ex 15, 20).

Le Seigneur sauve en faisant passer son peuple à travers la Mer des Roseaux. Qana, en hébreu, veut dire « roseau ». A Cana, Marie, nouvelle prophétesse, prononce une parole, et Jésus l’accomplit. Le Christ surgit des eaux du baptême et nous révèle qu’il recrée l’homme et le fait traverser définitivement la Mer des Roseaux. Les eaux de la mort, les forces de la rupture, ne pourront rien contre le vin de joie de l’époux qui nous comble de sa grâce. Les eaux de la mort ne pourront rien contre l’épouse, pleine de grâce, l’Église, l’Arche de l’Alliance qui traverse les flots en furie.

Souvenez-vous de Moïse, déposé dans une frêle corbeille au bord du Nil, au milieu des roseaux. Souvenez-vous de sa sœur (Myriam), se tenant à distance pour voir ce qui allait arriver (Ex 2, 3).

« Je t’ai fait monter du pays d’Égypte » -dit le Seigneur par le prophète Michée- : « Je t’ai délivré de la maison de servitude, et j’ai envoyé devant toi Moïse, Aaron et Marie » (Michée 6.4).

Cana, épiphanie nouvelle où le nouveau Moïse annonce qu’il libère le peuple de l’esclavage et étanche sa soif. Cana, lieu de la joie, où Myriam chante un nouveau Magnificat. Il comble de bien les affamés, il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères en faveur d’Abraham et de sa race à jamais (Lc 1, 53).

Oui, race nouvelle, Tu seras une couronne resplendissante entre les doigts du Seigneur, un diadème royal dans la main de ton Dieu », car ton époux, a pris sur lui « la couronne d’épines (...) et le roseau dans sa main droite ». Et les soldats lui disaient « Salut, roi des Juifs ! » « Et ayant craché contre lui, ils prirent le roseau et lui en frappaient la tête » (Mt 27, 27-30).

« Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant » : oui, ce n’est qu’au moment venu que Dieu réalise en nous sa nouvelle création.

Marie, Pleine de grâce veille sur nous. Tourne vers tes enfants le regard de ta miséricorde. Amen




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