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Elle a cru, c’est pourquoi elle a parlé : Fiat

8 juin 1997

 

En ligne depuis le vendredi 1er juillet 2005.
 
 

Ce n’est pas la première fois que nous pouvons contempler Jésus avoir avec sa Mère un dialogue qui nous apparaît surprenant à première vue, à vue humaine, dans sa rudesse, qui ne semble vraiment pas pouvoir Lui être attribué, Lui qui se présente comme étant " doux et humble de coeur " (Mt 11,29).

En effet, nous pouvons faire mémoire de deux autres dialogues du même type qui nous sont relatés dans les Évangiles et qui pourront nous éclairer dans la recherche d’une méditation profonde. Marie est présente avec son infinie discrétion et fidélité respectueuse du mystère de son Fils, tout au long de sa vie apostolique : elle l’a été, dès le premier jour, aux Noces de Cana, elle sera aussi, y demeurant jusqu’au bout, jusqu’au dernier jour, au pied de la Croix.

Dès les Noces de Cana, Jésus semble prendre distance dans la relation à sa Mère, la Vierge-Marie : " Ils n’ont plus de vin. " - " Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. " - " Faites tout ce qu’Il vous dira " (Jn 2,3-5). Dialogue extérieurement " surréaliste " : mais intérieurement au mystère de l’Amour de Dieu, comme le sont pleinement Jésus et Marie, totalement cohérent.

Le mystère de l’Amour de Dieu est en partie semblable à un vitrail : on ne peut en comprendre le sens, les motifs, que de l’intérieur de l’édifice, de l’église : et là encore faut-il le soleil, la lumière de l’Esprit pour en saisir la pleine signification.

Dès ce jour, faisant mémoire de ce qu’Il avait déjà dit à douze ans au Temple de Jérusalem - " Je me dois aux affaires de mon Père " (Lc 2,49) - Jésus prépare Marie à une maternité spirituelle universelle et éternelle, s’effaçant d’une certaine manière de ce que pourrait paraître une relation possessive du fils à sa mère et conduisant Marie à faire de même dans sa relation à son fils. Ainsi sur la Croix, Jésus pourra lui dire pleinement : " Femme, voici ton fils " (Jn 19,26), et à travers le disciple bien-aimé, lui donner comme enfant tous ceux qui composeront l’Eglise dans tous les temps, dans la Foi, l’Espérance, et par la Charité du Père manifestée en son Fils unique dans l’Esprit.

Mais il ne faut pas s’y tromper, ces dialogues ne sont possibles que parce qu’ancrés dans une communion unique et indicible du Fils à sa Mère et de la Mère à son Fils. D’ailleurs le dialogue dont nous sommes les témoins dans l’évangile de ce jour, en plein milieu du ministère public de Jésus, ne fait que confirmer cette communion sans nulle autre pareille, où Jésus exalte et magnifie sa Mère aux yeux de ceux qui n’entendent pas simplement sa parole de l’extérieur, mais l’écoute de l’intérieur du mystère de l’Amour.

En effet, lorsque Jésus répond à ceux qui lui disent " Ta mère ", entre autres, " est là qui te cherche " : " Qui est ma mère ? ... Voici ma mère... Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là... m’est une mère " (Mc 3,32-35), il ne la rejette pas, mais il la donne, la proclame comme modèle : car avant Lui, qui plus que quiconque a fait la volonté de Dieu, si ce n’est Marie sa mère, dès le premier jour jusqu’au dernier ?

Certes il y a eu Abraham (Gn 22,1), Jacob (Gn 46,2), Moïse (Ex 3,4), Samuel (I Sam 3,10), les prophètes..., mais personne n’a répondu totalement et pleinement comme Marie au jour de l’Annonciation à la Parole, à la volonté d’Amour de Dieu : tant et si bien que cette Parole a pris chair, racine en elle, par son Fiat, sous l’action de l’Esprit Saint.

L’évangéliste Luc nous relatant ce même récit, nous dit que faire la volonté de Dieu, c’est " écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique " (Lc 8,21). Qui plus que Marie, à écouté en réalité et en vérité la Parole de Dieu et l’a mise en pratique : c’est-à-dire l’a accueillie en son sein, l’a gardée en son coeur et l’a donnée au monde : " l’a mise en chair ", sous l’action de l’Esprit Saint.

N’est-ce pas ainsi, ce que Marie a pleinement réalisé, comme nous dit saint Paul dans sa deuxième épître aux Corinthiens, évoquant le ministère des apôtres, et par excellence alors, celui de la reine des apôtres : " J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé " (2 Co 4,13) : " Je suis la servante du Seigneur : qu’il m’en advienne selon ta parole ". Sans cette première parole de Marie au jour de l’Annonciation, il n’y aurait jamais eu la prédication des apôtres.

C’est bien pour cela qu’en cette première année préparatoire au Jubilé de l’an 2000, appelé à se laisser habiter plus profondément par le mystère de la personne du Christ-Jésus, l’unique Seigneur et Sauveur, " le même hier, aujourd’hui et à jamais " (He 13,8), nous est donné sur notre chemin la Vierge-Marie comme modèle de la Foi, vivant totalement de sa présence et en sa présence : et, avec elle, de faire de la Parole de Dieu qui est sa volonté amoureuse sur nous, notre livre de chevet, le livre de notre vie, à ouvrir tous les jours.

Laissons la parole à un évêque, au IVe siècle, qui s’adressait ainsi à ses fidèles : " Écoutez donc, gens du monde : procurez-vous ces livres qui contiennent les remèdes de l’âme. Au moins le Nouveau Testament, les Actes des Apôtres, les Évangiles. Pénétrez-vous-en. Ce n’est pas à moi, dit-on, de lire l’Écriture sainte, c’est à ceux qui ont renoncé au monde. Et moi, je vous dis que vous en avez encore plus besoin que les moines. Eux sont préservés par leur genre de vie. Vous, au contraire, vous êtes dans la mêlée, exposés sans cesse à de nouvelles blessures. C’est pourquoi vous avez un besoin continuel de trouver votre force dans l’Écriture " (saint Jean Chrysostome).

Modifié le 7 juillet 1997




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