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Vous est-il arrivé de dialoguer avec Dieu ?

Couvent dominicain de Marseille, 7 mars 2010

 

En ligne depuis le lundi 8 mars 2010.
 
 

1. Vous est-il arrivé de dialoguer avec Dieu ? Dialoguer, vraiment, sincèrement ? Je ne dis pas : vous est-il arrivé de parler à Dieu, de lui dire votre avis, d’y aller de votre conseil, d’exprimer votre lassitude ou vos soucis ; les sujets ne manquent pas et la parole non plus. Vous est-il donc arrivé de dialoguer avec Dieu ? Au sens où si vous lui parlez, il vous répond ; ou mieux encore, s’il parle, vous lui répondez, apprenant ainsi à vivre avec Dieu. A entendre ma question, peut-être ferez-vous une moue dubitative, comme si « Dieu » et « dialogue » ne vous semblaient pas être « des mots qui vont très bien ensemble ».

2. Or Moïse, le Seigneur, Jésus, tous semblent interroger, supposer, expliquer, bref : dialoguer. Si nous entendons parfois des textes bibliques impressionnants de nuée, de fumée, de violences ou de guerre, voire de tendresse, ici la situation est différente : Moïse est dans le désert, devant un buisson d’où le Seigneur se révèle, et plus tard, Jésus, le Fils Unique, est au contact des gens, dans un milieu urbanisé où il reste méconnu. Mais dans les deux cas : le dialogue avec Dieu est peut-être plus simple qu’on ne le pense, mais il n’en est pas moins impressionnant. Ici, ces moments seront sans faux-fuyants ; à taille humaine apparemment, mais sur de tels sujets, ces instants sont sans égal : ils évoquent la présence de Dieu, son dessein de délivrance, la force du mal, l’appel à la conversion. Seulement, si d’un côté le Seigneur se révèle à Moïse comme Sauveur, d’un autre côté, le Sauveur, c’est-à-dire Jésus, ne répond pas devant les catastrophes comme ce Peuple s’y attendrait - même si les choix de l’homme ont souvent accentué les désastres ou les ont parfois rendus possibles, ou causés comme ici Pilate.

3. Ce Temps du Carême rappelle que le plus grand des enjeux de l’homme est dans son cœur et dans son intelligence, dans sa capacité à accueillir la lumière de Dieu et à suivre une conscience éclairée par la grâce. Le dialogue est là. Aux désarrois humains, le Seigneur répond aussi avec des dialogues comme avec Moïse : « J’ai vu la misère de mon peuple... J’ai entendu son cri ; oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer. » Nulle indifférence, nul oubli, mais dessein de délivrance : c’est au point que « Sauveur » va devenir un autre nom du « Seigneur » ! Et sa proximité ne sera pas une simple consolation. Elle deviendra une source d’action « Maintenant va, je t’envoie, fais sortir. »

Nous sommes dans ce temps de la conversion de notre cœur. Dans cette disposition accueillons la Parole de l’Exode. Il y a en nous quelque chose de Moïse. Mais nous voilà surpris comme les gens qui vont vers Jésus : la réponse nous déroute. Il y a en nous quelque chose de « ces gens ». C’est pourquoi, même s’il ne nous est pas arrivé de dialoguer consciemment avec Dieu, même si notre vie chrétienne est aussi empreinte d’habitude - et heureusement que nous avons aussi de bonnes habitudes !- nous pouvons aujourd’hui prendre conscience que nous sommes faits pour ce dialogue.

Mais comment cela se passera-t-il ? - Le Seigneur a toujours l’initiative : Moïse avance, préparé par la providence, intrigué. Il se fait docile à la voix du Seigneur. Moïse écoute. En vérité, tout peut se déployer une fois que l’écoute est devenue l’attitude de la personne devant Dieu. Il avance avec respect : la terre où il tient est sainte ; sainte est la terre où Dieu donne rendez-vous ; sanctifié est le cœur où le Seigneur demeure. Et cette avancée de Moïse va passer de gestes corporels à un progrès spirituel : l’inconnu qui se révèle depuis le mystérieux buisson, devient le Seigneur qui a rejoint un cœur ; puis il est perçu comme le Sauveur dont le dessein est accueilli et partagé. Désormais, ce n’est plus le buisson qui brûle, mais un cœur qui brûle. La parole du Seigneur est passée de l’un à l’autre. Le buisson ne se consumait pas ; mais le cœur de Moïse est maintenant consumé, prêt au sacrifice : il agira selon le cœur et les entrailles de Dieu !

4. Le buisson n’était que pour un temps, comme un épisode passé ; le dialogue avec Dieu est pour l’éternité : l’aventure a commencé ! Cette progression n’est-elle pas celle de l’amour ? Des questions peuvent se dresser, la réponse sera dans l’ordre de cette délivrance, une réponse de confiance et de patience. Le Sauveur est devenu un ami. Le Seigneur se révèle pour cela. Aussi, même devant le mal qui frappe, Jésus osera proposer cette clef. Il ne répond pas directement à la question que lui-même résume : mais il demande à ce que nul ne voie dans le mal physique de la tour qui tombe, pas plus que dans l’horreur d’une persécution aveugle, un châtiment de Dieu, mais l’occasion, vue la fragilité des choses, d’écouter l’appel à la conversion qui résonne sans cesse. Car c’est la grande réalité qui compte pour un cœur appelé à la vie éternelle avec ce Seigneur. Jésus donnera une autre indication : pour que l’appel soit reçu, Dieu devient le Patient, « le Longanime » (liturgie).

En fait, il vous arrive de dialoguer avec Dieu. Sa parole vous rejoint ; avancez vers lui pour que sa grâce vous transforme. Aujourd’hui profitons-en ; répondons-lui de tout notre être !

Année C - Carême, 3èmedimanche - Couvent dominicain de Marseille




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 Vous est-il arrivé de dialoguer avec Dieu ?



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