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Honore l’eucharistie et tu vivras !

Montpellier Juin 2010

 

En ligne depuis le lundi 7 juin 2010.
 
 

Au livre de la Genèse, Melchisédeck fait apporter le pain et le vin (cf. Gn 14, 18), il ressemble liturgiquement au diacre qui prépare l’offertoire avec les dons à consacrer. L’Évangile qui achève le cycle des trois lectures dominicales (cf. Lc 9, 11-17), lui, nous offre la description du pain multiplié pour les grandes foules, pain que Jésus bénit après avoir levé les yeux vers le Ciel, et qu’il fait distribuer après avoir enseigné longuement, telle une belle homélie. De manière semblable, mystagogique, eu égard à notre fête du Saint-Sacrement, le pain remis, le pain distribué par les « Douze » apôtres seuls, ressortit à l’évêque, au prêtre ou au diacre qui seuls ont mission explicite, préférentielle, ordinaire, pour distribuer l’eucharistie dans l’Église du Christ. Mais ces deux textes d’aujourd’hui de l’Ancien Testament et de l’Évangile, n’apparaissent toutefois, et cela de façon tout à fait exceptionnelle, que de manière préparatoire, comme un enveloppant à ce qui est davantage encore essentiel pour la fête du Corps et du Sang du Seigneur célébrée en ce jour.

C’est la deuxième lecture (cf. 1Co 11, 23-26), parfois négligée dans les commentaires dominicaux, qui donne le sens premier de la fête : l’institution de l’Eucharistie, en sa forme la plus ancienne selon l’exégèse actuelle, celle rapportée par saint Paul. Notons que cette lecture est déjà efficace de la seule force de la Parole de Dieu sans être ici sacrement institué mais illumine nos cœurs et nos intelligence pour notre célébration qui va suivre. Une communion perfective sans être perfectionnante est déjà donnée.

Deux fois l’apôtre y évoque l’ordre de Jésus qui institue à la fois le sacrement de l’eucharistie et son support, son moyen pour qu’elle nous parvienne, le sacerdoce ministériel : « Faites cela en mémoire de moi » (1Co 11, 22 et 24). Notons au passage que faire-mémoire en araméen ou en hébreu ne s’adresse qu’à des personnes de sexe masculin : Zakhar (semence mâle) équivaut en hébreu à Zikharon (faire mémoire). En cette fin de l’année sacerdotale, temps de prière pour nos prêtres, c’est important de nous en souvenir. Mais cette institution est donnée en vue du bien de tous, en vue donc du sacerdoce commun représenté ici par chacun de nous présent à cette célébration en l’honneur du Corps et du Sang du Seigneur, étant tous appelés à prier, à intercéder dans l’Esprit par Jésus-Christ vers le Père. Vous êtes à tout point de vue, frères et sœurs, l’objet du don : la promesse faite à Abraham et à sa descendance à travers ce don du pain et du vin de Melchisédeck, à travers la multiplication pour les foules, à travers l’institution eucharistique et sacerdotale, cela pour nous tous qui communierons aujourd’hui au Corps et au Sang du Christ. C’est un jour mémorable pour l’Église qui incitera sans doute comme au jour du Jeudi-Saint à ce que, exceptionnellement sans aucune préparation spirituelle autre que la fête elle-même et normalement requise (cf. Introduction au Missel Romain, 2000, n°283 ; c), tous communient sous les deux espèces selon les rites prévus et dûment consignés pour être respectés (tel le jeun d’une heure avant de communier). Est-ce que tous communient ? Est-ce bien le cas ? Quoi qu’il en soit, c’est le désir du Seigneur et le nôtre qui cherchons à avoir les sentiments du Christ (cf. Ph 2, 5). De même que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (cf. 1Tm 2 4), nous savons que, hélas, à cause en partie du libre-arbitre et de son choix souverain, tous n’ont pas la foi : « la foi n’est pas donnée à tous » (2Th 3, 2 ; cf. Tit 1, 15) dit aussi l’Écriture, et même nous savons que certains partent dans la maison de la dissemblance pour toujours (cf. Ap 21, 8).

Que dit donc Saint Paul à ce sujet dans ce passage capital médité aujourd’hui ? : « Ainsi donc, quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe » (1Co 11, 27-28). La participation à l’eucharistie renvoie à la conscience personnelle au fait de s’éprouver soi-même avant de communier, comme l’enseigne saint Paul avec autorité. Il s’agit donc de bien former notre conscience pour que notre jugement soit juste et que nous ne nous retrouvions pas assimilés à des moutons de panurge dans la file des communiants. Un de nos frères récemment nous confiait en récréation son inquiétude vis-à-vis de communions indignes. Jean-Paul II dans sa dernière encyclique, un testament après 25 ans de pontificat (17 avril 2003), exprimait le lien entre eucharistie et grâce, entre saint-sacrement reçu et communion avec Dieu : « la célébration de l’Eucharistie ne peut pas être le point de départ de la communion, qu’elle présuppose comme existante, pour ensuite la consolider et la porter à sa perfection » (Ecclesia de Eucharistia, n°35). Il ajoutait pareillement : « La communion invisible, tout en étant par nature toujours en croissance, suppose la vie de la grâce, par laquelle nous sommes rendus “ participants de la nature divine ” (2P 1, 4) » (Ecclesia de Eucharistia, n°36). « Il en résulte une exigence intrinsèque à l’Eucharistie : qu’elle soit célébrée dans la communion et, concrètement, dans l’intégrité des conditions requises » (Ecclesia de Eucharistia, n°35).

Le minimum indispensable, les « dispositions requises » si vous voulez, en plus des aspirations personnelles de ferveur reconnues sur le moment, c’est la grâce reçue par le baptême et son renouvellement à chaque fois que nous nous confessons, au moins une fois par an. Et plus souvent, si nous venons à chuter sur des matières graves énoncées dans le prolongement des Dix Paroles ou Commandements de l’Exode (cf. Ex 20) ou du Deutéronome (cf. Dt 5) que Jésus évoque (Mc 10, 19 , Mt 19, 17-19 , Lc 18, 20), et parfois stipule en sa forme résumée deutéronomique (Dt 6, 5 avec Lv 19, 18) (cf. Mc 12, 29-31, Mt 22, 37-39). Il n’est pas facultatif que l’état de vie de celui qui s’approche de la communion soit conforme à l’enseignement du Christ et de son Corps qui est l’Église.

Comprenons. L’eucharistie ne crée pas, mais multiplie la grâce déjà présente. Si je multiplie zéro par un multiple très grand - l’humanité créée du Christ limite, même si sa divinité demeure infinie -, cela fera toujours zéro. Si je suis dans le négatif, dans le rouge, bien pire, je multiplie le négatif en ne communiant pas dignement. C’est pourquoi régulièrement l’Église rappelle brièvement les conditions de la communion comme le suggérait Benoît XVI au début de son pontificat insistant sur le conditionnement peu favorable de notre temps, « une culture qui tend à effacer le sens du péché, favorisant un comportement superficiel qui porte à oublier la nécessité d’être dans la grâce de Dieu pour s’approcher dignement de la communion sacramentelle » (Sacramentum caritatis, n°20). Puisque « Dieu est communion parfaite d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint » (Ibidem, n°8), la grandeur de la communion au Corps et au Sang du Christ, qui nous fait accéder à cette vie trinitaire, nous provoque dans nos retranchements et nous aide à mesurer la modeste exigence transmise par des générations de croyant avant nous depuis saint Paul. La récompense est si belle que le jeu en vaut la chandelle comme on dit populairement. L’amour oblatif que présente le Christ lors de sa Passion, actualisée à chaque messe, nous montre le chemin à prendre pour communier avec ferveur au dessein d’amour bienveillant et miséricordieux que Dieu a pour nous. Puissions-nous en ce jour de fête, confiant en la Miséricorde divine, augmenter notre ferveur et disposer mieux de notre temps, à la suite de tant de saints laïcs, religieux, religieuses, et prêtres, pour adorer régulièrement Jésus-Eucharistie au Saint-Sacrement de l’autel ! Honore l’eucharistie et tu vivras !

Père Édouard Divry o. p.




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