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Jésus ressuscité monte vers son Père et notre Père pour nous envoyer l’Esprit Saint !

Montpellier Ascension 2010

 

En ligne depuis le mercredi 16 juin 2010.
 
 

Ouverture

Jésus s’en va ! Êtes-vous tristes ?

Que son règne vienne ! N’avez-vous pas peur ?

Entre la tristesse et la peur, je vous propose la fête du Christ, l’Ascension, couronnement des fêtes du Christ et il n’y a de liturgie que les fêtes du Christ, les évènements décisifs de la vie du Christ.

Tournons-nous vers notre Christ ascensionnel où convergent tous nos regards. Il est bien de chair et d’os. Il est même le crucifié indélébile. Il est ressuscité car en mouvement vers son Père, notre Père. Ses mains et son côté laissent couler l’Esprit. Il déverse sur nous son Esprit Saint. Faisons place pour l’accueillir. Et que cette fête soit notre joie partagée avec le Christ qui retrouve son Père et notre Père !

Souffle d’Esprit

Nous venons de souffler le cierge pascal, présence symbolique du Christ ressuscité selon la liturgie dominicaine si forte dans son réalisme. C’est vrai l’Ascension c’est un départ, une séparation. Nous nous serions bien habitués à la présence - certes étrange mais présence tout de même du Ressuscité - mais Jésus nous a donné un bon moment, 40 jours comme un carême d’après Pâques, pour que les apôtres soient imprégnés de la nouveauté du Ressuscité. Nous avons tant de mal avec la nouveauté que nous nous replions dans la vie répétitive sécurisée ! Présence faste de Jésus pleine d’une immense joie de ceux qui, sur le Golgotha, avaient tout perdu. Joie pleine et entière du matin de Pâques, joie inaltérable, totale, irréversible. Au point que l’évangile de Luc s’y conclut sur le champ par l’ultime bénédiction au sommet du mont des Oliviers, d’où Jésus monte, tout simplement, au ciel pour que les disciples reviennent à Jérusalem « en grande joie » (Luc 24, 52). Et le même Saint Luc nous dit au début des Actes des Apôtres qu’il a fallu 40 jours pour renouveler, ré-élancer la foi des Apôtres au contact du Ressuscité. Et malgré cela la terrible question de la Royauté d’Israël est posée à Jésus juste avant son départ (Ac 1, 6). N’est-ce pas le signe qu’ils ne comprennent pas vraiment la nouveauté inouïe de la Résurrection ?

Mais quelque soit le délai tous sont d’accord : Jésus manifesté auprès des siens en sa Résurrection devait les quitter, partir. La période hyper faste de la présence de Dieu dans la chair, commencée à l’Annonciation devait se terminer à l’Ascension. Jésus le dit avec force à Marie Madeleine au petit matin de Pâques « Ne m’agrippe pas... je monte vers mon Père et votre Père » (Jn 20, 17). Alors souffler une flamme, éteindre un cierge, n’est-ce pas la victoire de la tristesse, du désespoir d’être abandonné ? Et si c’était comme sur un gâteau d’anniversaire, souffler le passé pour s’élancer joyeusement vers l’avenir comme une belle aventure promise ? A nous de décider et de vivre ou non pleinement cette fête de l’Ascension qui couronne toute la vie de Jésus depuis sa conception !

Si la tristesse l’emporte c’est que l’égoïsme l’emporte en nous : nous voudrions que Jésus soit toujours là, sous la main, pour résoudre nos problèmes à notre place. Nous avons toujours besoin d’un dieu à notre convenance qui vient quand on l’appelle et qui reste bien tranquille quand tout va bien. Vie sécurisée, banale, quotidienne, à notre image, à la ressemblance de nos besoins. Vie sans désir, ni aventure. Comme il se doit.

Mais si la joie l’emporte, c’est que nous acceptons de sortir de nous-mêmes, de nous décentrer de nous-mêmes pour apercevoir le point de vue de Jésus lui-même. N’a t-il pas à vivre sa Résurrection comme une Action de grâce vers son Père « de qui vient tout don parfait » ? Ne peut-il pas bondir de joie vers Son Père qui a tellement aimé le monde qu’Il a donné Son Fils pour le Salut du monde ?

La tristesse c’est voir la croix comme un abandon, un échec. La foi et la joie c’est de recevoir la croix comme une victoire de l’amour sur la mort. Jésus ne peut-il pas être envahi par la joie de la nouveauté née de la nuit de Pâques ? Exultet ! Au diable la tristesse !

Et puis la joie de Jésus n’est pas égoïste, car s’il monte vers son Père, c’est que son Père est devenu notre Père et qu’il nous entraine auprès de Lui ! Ainsi sa joie devient notre joie : joie de continuer la mission de Jésus et d’annoncer la joie de l’Évangile, de la libération de la peur et de la mort, aux limites du monde. C’est parce que le monde est triste que notre joie est immense, à partager sans modération pour que le monde vive et croie ! « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21).

Après la reconnaissance et le partage de la joie même de Jésus, voici un nouveau motif de joie bien étonnant, une énorme surprise : Jésus ressuscité emporte avec Lui notre humanité auprès du Père, au cœur même de la Trinité d’Amour. Aujourd’hui il y a bien un avant et un après dans la Trinité, comme une bonne nouvelle qui s’insère en pleine éternité. Jésus remonte avec son corps marqué de coups et glorifié. Désormais telle est notre espérance : Jésus, qui est le Verbe venu dans la chair, viendra dans la gloire, dans la pleine lumière du Royaume ouvert.

Enfin l’Ascension est un magnifique Avent de l’Esprit. C’est tout ce premier chapitre des Actes des Apôtres, tout le travail de mise en place grâce au départ du Christ : rassembler l’Église dans la chambre haute pour une intense neuvaine de prière pour que vienne l’Esprit Saint, remplacer Judas pour que le collège des Apôtres soit complet... et ce sera le vent violent, des langues de feu, bref la fête, la Pentecôte !

La présence dans l’absence

Joie trinitaire donc du Fils vers le Père et de l’Esprit qui vient habiter parmi nous ! Joie d’être plongé avec le Christ au sein même de la Trinité d’Amour ! Pourtant nous sommes ainsi faits, nous les humains, que nous ne croyons que le visible, le massif, le palpable, le répétable, l’assuré... Si le Dieu invisible se fait chair, présent comme nous sommes chacun présent à soi, à l’autre et au monde, nous pouvons commencer à entendre, même si c’est difficile « Aimez-vous les uns les autres comme Jésus nous a aimés ». Mais s’Il n’est plus là nous sommes perdus dans un contexte toujours à discerner... Reconnaissons aussi que Dieu présent visiblement, c’est comme les gendarmes au bord de la route. Nous en avons plus peur qu’autre chose. D’autant plus que nous pouvons jouer du « complément ciel » c’est à dire profiter de ses absences pour construire des dieux à notre image qui justifient notre conduite humaine au lieu de l’inspirer !

Bref il semble que nous vivions avec Dieu lui-même un arrangement : loin des yeux, loin du cœur !

Par la grâce de cette fête qui couronne la présence du Christ visiblement reconnu par la foi des disciples sur nos routes du monde, nous découvrons justement que Dieu choisit de se révéler par une autre présence que celle que nous assignons à Dieu pour être toléré parmi nous. Et tout d’abord, qu’Il se révèle dans et par l’absence ! Par son Acte créateur par amour, Dieu pose hors de Lui un monde qui n’est pas Lui, appelé à être un partenaire libre et aimant. La Bible parle alors d’alliance et même de Noces entre Dieu et l’humanité ! C’est pourquoi le septième jour Dieu s’en va. Il se retire littéralement pour ne pas être sur notre dos. Il nous laisse grandir et vient juste à la brune du soir pour converser avec nous (Gn 3, 8). Comme un ami parle à un ami !

Entre la création et le Royaume, il n’y a que l’histoire sainte, l’histoire d’une alliance difficile où Dieu est fidèle là où l’humanité se disperse ! Et en plein milieu de l’histoire : la venue du Verbe dans la chair. Là aussi Jésus commence par une absence, le silence de 30 ans à Nazareth où il apprend de l’intérieur ce qu’est un homme. Il écoute, il capte l’humanité qu’il fait vivre en Lui ! Et avant de rentrer dans sa résurrection, Jésus est enseveli dans le silence du tombeau. Tout est accompli. Il nous quitte pour vivre son exode et traverser la mort le Samedi Saint, le septième jour de la semaine. Et le matin de Pâques, l’évènement qui fait basculer l’histoire humaine vers l’espérance n’est-il pas ce tombeau vide ?

Aujourd’hui Jésus part pour que sa place vide devienne le lieu de l’invisible Esprit Saint. Désormais c’est l’Esprit de Dieu qui gouverne l’alliance du Dieu invisible et de l’humanité de chair et de sang. Car Dieu ne se laisse chercher que par son absence qui fait de Lui tout sauf une idole, un roi tout puissant à l’image de notre rêve de pouvoir, un bouche-trou ou un contrôleur ou un homme providentiel... bref tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes par démission personnelle et collective de notre humanité ! Jésus monté au ciel se dérobe à notre regard et désormais se rend présent dans la foi à ceux qui veulent marcher à sa suite pour annoncer l’Évangile jusqu’aux limites du monde.

Ayant reçu le don de la foi et prêts à recevoir l’Esprit Saint, pourquoi regarder le ciel ? (Ac 1, 11). Notre horizon c’est cette terre habitée, c’est le visage de l’autre à scruter pour y découvrir le visage du Christ qui fait de lui notre frère. C’est le visage bigarré de toute l’humanité à commencer par les visages défigurés, qui figurent le visage de l’unique sauveur, notre Dieu devenu notre frère, Jésus de Nazareth.

La vraie joie de l’Ascension la voici... Frère, sœur, ne sois plus ce donjon triste et solitaire indiquant le ciel vide, au pont levis relevé. Le Christ t’arrache à l’enfermement sur toi... Baisse le pont levis, oublie les murailles élevées de la peur, les fossés profonds de l’angoisse, il suffit de passer le pont et c’est tout de suite l’aventure... de la vie ! Sois enfin présent à toi-même pour découvrir la joie de l’autre pour partir ensemble, à la recherche de Dieu toujours plus loin, toujours plus Amour que nos enfermements ! Fr. Gilles Danroc op




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 Jésus ressuscité monte vers son Père et notre Père pour nous envoyer l’Esprit Saint !



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