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The Star and the Kings

Montpellier, 2 janvier 2011

 

En ligne depuis le vendredi 7 janvier 2011.
 
 

Lumière est le premier mot de cette célébration. Nous l’avons entendu dans le choral de l’Epiphanie. Le mot et la réalité ne nous quitteront plus jusqu’à la fin de cette Eucharistie. La lumière est bien sûr présente dans l’Évangile : c’est celle de l’étoile ; elle est présente dans les paroles du prophète Isaïe « Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Is 60, 1). Les oraisons, les antiennes, les bénédictions nous parlent d’aurore, de clarté, d’illumination, de manifestation de la Lumière à toutes les nations.

Lumière est un symbole commun à toutes les religions. Il n’y a pas une religion qui n’oppose la lumière à l’obscurité. Les ténèbres évoquent la peur, l’angoisse, la crainte, la violence, la mort. Elles symbolisent aussi l’ignorance, l’aveuglement, la bêtise. Au contraire, la lumière renvoie à la vie, la gloire, la majesté - au château de Versailles, toutes les pièces étaient illuminées de myriades de chandelles. Les Lumières désignent même un courant philosophique qui voulait libérer l’homme de l’obscurantisme des religions. La démarche est si louable que bien des catholiques en ont soutenu les idées. Finalement, c’est bien cette dialectique que le prophète Isaïe reprend : « Regarde : l’obscurité recouvre la terre, les ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore » (Is 60, 2-3).

Cette opposition, universelle, entre la lumière et les ténèbres, se retrouve jusque dans le Cantique de Zacharie, celui qu’il chante alors qu’il vient à peine de retrouver la parole et où il est question de « la tendresse, [et de] l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix » (Luc 1, 78-19). Autrement dit, l’annonce ultime de l’Incarnation, s’inscrit dans le cadre dichotomique entre la lumière et les ténèbres.

La symbolique de la lumière que nous fêtons aujourd’hui n’a donc rien de très originale. Pourtant, l’Évangile de ce jour nous invite à dépasser un symbolisme antinomique simpliste. En effet, la lumière dont il est la question dans l’Évangile est la lumière d’une étoile. Or, une étoile a deux caractéristiques essentielles qu’il ne nous faut pas perdre de vue, au risque de réduire cet épisode évangélique à une simple légende folklorique.

a Star in the Night

L’étoile n’est pas comme le soleil, nous ne la voyons que dans la nuit ! La lumière du soleil chasse la nuit, elle l’écrase, la détruit. Mais la lumière d’une étoile ne brille que dans la nuit ! Le manichéisme qui réduit la nuit au mal et le jour au bien n’est donc pas biblique. La présence de cette étoile en pleine nuit d’hiver nécessite en effet une lecture plus subtile : la lumière de l’étoile vient comme féconder la nuit. Tout au long de la Bible, on découvre que la nuit est porteuse de vie. Il y eut un soir, il y eut un matin... mais d’abord un soir. Quant à l’enfant Jésus, n’est-il pas né la nuit ? Donc s’il fait nuit, la nuit n’est pas noire. La ténèbre n’est point ténèbre. La lumière ne fait pas défaut à la nuit. La lumière, certes discrète, éclaire la nuit et constitue même un guide. Or, il se trouve que parfois, avec Dieu, nous ne savons plus trop où nous en sommes : « je suis dans la nuit » dit-on. Oui, mais cette nuit, fusse-t-elle la nuit de la foi, n’est pas noire. La foi agit comme l’étoile. Elle est une connaissance qui nous permet de nous approcher de Dieu et de son mystère. Certes, Dieu reste profondément mystérieux pour nos intelligences et nos pauvres cœurs, mais la foi nous dit quelque chose de Lui. L’intensité de cette lumière reste fine, mais elle suffit à nous manifester la présence de Dieu.

Un jeune homme de la rue me disait : « Bon Dieu de Bon Dieu, il faudrait que Dieu se manifeste une bonne fois pour toutes ! ». Mais Dieu se manifeste ! Mais pas de cette manière ! Dieu ne nous sauve pas sans nous. Dieu nous éclaire tout en finesse, en délicatesse, mais il nous éclaire, il éclaire notre nuit.

Cette lumière qui nous est donnée présente une deuxième caractéristique fondamentale pour notre vie spirituelle : elle nous invite à nous mettre en marche !

the Light runs into the Night

Car ces astres errants, comme les appellent les Anciens, sont dynamiques : ils se lèvent à une extrémité, puis parcourent la nuit la Voie lactée. Les mages l’ont compris, et ils l’ont suivie. Ils ont donc dû quitter leurs contrées. Or il y a dans l’expérience des Mages quelque chose de profondément biblique, si bien d’ailleurs qu’ils ressemblent profondément à Abraham : comme Abraham, ils viennent d’Orient, comme Abraham, ils regardent les étoiles, comme Abraham, ils partent pour une terre promise qu’ils ne connaissent pas. Comme Abraham, ils donnent : Abraham était prêt à sacrifier son fils Isaac, les mages apportent comme présents l’or, la myrrhe et l’encens.

Or, la foi est comme la lumière de cette étoile. Elle nous invite à nous déplacer, à partir, à avancer. Elle est l’antidote à bien des scléroses humaines. Nous ne savons pas toujours où nous allons, mais soyez-en sûrs, nous nous rapprochons de Dieu. Cela reste mystérieux, mais une chose nous savons : la lumière brille dans la nuit. La ténèbre n’est point ténèbre.




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