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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 32 >>   Vous avez dit « résurrection » ?

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Vous avez dit « résurrection » ?

Marseille, 7 novembre 2010

 

En ligne depuis le mardi 11 janvier 2011.
 
 

Qu’en est-il de la résurrection, non seulement comme article de foi mais aussi comme réalité spirituelle dans nos vies ? Cela se peut décliner en trois mouvements : dans le respect de la Loi, à l’imitation de Jésus le Ressuscité, et dans la connaissance de Dieu.

Pour bien de nos contemporains, et même parmi les chrétiens, il y a confusion au sujet de la résurrection. D’abord, quand ils ne la confondent pas avec réincarnation, ils la projettent dans l’au-delà et la réservent uniquement pour après : ici, rien ne se passe ; là-bas, ce sera le gros lot ! Pour l’heure, elle est exclue de nos vies. Et pourtant, on devrait savoir et vivre, dès à présent, nos existences chrétiennes comme mystère de mort et de vie, comme participation au mystère pascal ! Bien entendu, elle n’est pas encore totalement achevée, elle ne se donne pas comme réalisée, elle se vit encore dans l’espérance, dans l’à venir -dans ce qui doit advenir-, mais elle est déjà bien présente, nos vies en sont marquées. A preuve, ce passage du second Livre des Martyrs d’Israël : sa réalité est tellement incontestable que les sept frères martyrisés par Antiochus acceptent de sacrifier leurs vies pour ne pas passer à côté ; de plus, elle est dans la droite ligne de la conformité, du respect de la Loi, de sa validité : s’il est hors de question de remettre en cause, d’attenter en quoi que ce soit aux préceptes de la Loi, pour autant on n’y obéit pas pour « mériter » la résurrection mais on respecte la Loi car pour ses dévôts, la Loi est plénitude de vie, est résurrection déjà pour ceux qui l’accomplissent, dans l’adversité et quoiqu’il nous en coûte ! En clair, la résurrection, c’est pas la cerise sur le gâteau mais c’est la preuve que la Loi est sainte et qu’elle doit être vécue, assumée même au péril de sa vie. Parce que la Loi, les commandements, la volonté de Dieu est source de vie alors la vie éternelle, la résurrection y est incluse, en fait partie. Nous sommes hors de la mouvance de la résurrection promise si d’ores et déjà nous ne efforçons pas de vivre, ici et maintenant, sous l’orbite de l’amour vivifiant de notre Dieu, en communion avec notre prochain. Ainsi, il y a résurrection mais dans le respect de la Loi d’amour, de la loi divine.

Résurrection, mais à l’imitation de Jésus le Ressuscité. Dans son épître, face à la persécution ambiante, Paul délivre aux Thessaloniciens une parole qui se veut réconfort, joyeuse espérance, affermissement dans le bien, prière confiante et persistante. Mais il a bien soin d’en préciser la source, l’origine : le Seigneur Jésus lui-même qui nous révèle l’amour de Dieu notre Père, qui procure la vie. Et Paul, de conclure : « Que le Seigneur vous conduise à l’amour de Dieu et à la persévérance pour attendre le Christ. » Dans cet entre-deux, entre persécutions et retour glorieux du Christ, il y a place pour le mystère de la résurrection ! Souvent nous vivons notre baptême mais en oubliant que nous avons été plongés dans la mort et dans la résurrection du Christ ; par notre baptême, nous avons été non pas ressuscités mais nous sommes nés à neuf, nous bénéficions à nouveau de la vie de Dieu, nous avons vocation à l’assumer, à nous en repaître de cette vie divine et pour cela, nous avons une fois encore à prendre exemple sur Jésus, sur son enseignement et ses actes. Quand il enseignait, c’était pour nous parler de Dieu, pour révéler Dieu comme Père, Celui qui veut non pas la mort de ses enfants mais qu’ils vivent. Jésus prêchant, c’est ce formidable appel, ce souffle décisif qui nous est lancé : non pas survivre mais vivre de la Parole qui est vie, renaître à la vie divine ; n’est-ce pas là déjà prémices de la résurrection ?

Quand Jésus agissait, dans ses guérisons comme dans ces miracles, c’était la vie qu’il rendait, à celles et à ceux qui étaient exclus de la vie sociale en raison de leurs handicaps physiques ; c’était la vie divine qu’il renouvelait aux pécheurs à qui il pardonnait et à qui il demandait de ne plus pécher. N’était-ce pas là, en quelque sorte, les faire revivre, leur révéler la vie nouvelle, celle en présence de Dieu et au milieu de leurs semblables ? Et enfin, aux uns et aux autres, aujourd’hui encore, le Christ n’est-il pas notre Pâque ? Suivons-le dans sa mort pour avoir part à la résurrection ! Point n’est besoin d’être grand sorcier pour réaliser que chacun d’entre nous, en tout ou partie de sa vie, nous avons à mourir à ce qui nous tire vers le bas, à ce qui nous éloigne de Dieu et de nos frères pour être emportés, pour être enveloppés avec, par et dans le Christ Jésus, le Vivant, notre Pâque. Tels de nouveaux Thessaloniciens, nous avons à vivre la puissance de résurrection, de vie du Christ Jésus, ici et maintenant, dès à présent, à travers les aléas, soubresauts et méandres de notre aujourd’hui !

S’il importe aux croyants de se pénétrer de la résurrection comme idée et comme réalité spirituelle, ce n’est pas comme récompense à venir mais parce qu’elle nous dit, dès à présent, quelque chose de Dieu et que cela importe pour que nous puissions en vivre maintenant. Aux Sadducéens qui récusent toute idée de résurrection et qui s’interrogeaient de savoir duquel des sept frères la veuve successive sera l’épouse, Jésus répond en deux temps. D’abord, ne pas projeter avec nos yeux d’ici, ce qui se passera dans l’au-delà ; en somme ne pas réduire les réalités célestes à de banales histoires terrestres : envisager la résurrection comme rabiot, supplément de vie terrestre ! Et, dans un second temps, ce qui nous intéresse le plus dans la réponse de Jésus : il est normal de croire en la résurrection car notre Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. Entendez par-là : c’est maintenant qu’il nous faut vivre car le Seigneur se réjouit que nous soyons des vivants, dès à présent et nonobstant tous les obstacles, les difficultés comme les incertitudes de la vie. Il s’en réjouit et nous veut de la sorte car il est lui-même la Vie, le Dieu des vivants ! Il y a comme cette révélation fondamentale : notre Dieu est maître de la Vie, la source de toute vie ; et par conséquent, révélation secondaire : à son instar, à son imitation, soyons à notre tour, des vivants, source de vie, dans nos propres vies et celles de notre prochain. Vitalité en nous non d’un vitalisme quelconque mais vitalité de la vie surnaturelle, divine !

En somme, résurrection comme englobée dans la perfection, la sainteté de la Loi du Seigneur, loi divine, loi de Vie ; à l’imitation du Christ ressuscité nous appelant à la Vie dans la foi au Père, source de toute vie et dispensant à l’Eglise cette Vie dans les sacrements pour que le Salut de Dieu atteigne tous les hommes de bonne volonté ; et résurrection comme connaissance de l’authentique et du véritable visage de notre Dieu : le Dieu non des morts mais le Dieu des vivants car « tous vivent pour lui ».

Marseille, 07.11.2010, fr. René Quan Yan Chui, o.p.




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