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Dimanche de la Joie !

En ligne depuis le mardi 11 janvier 2011.
 
 

HOMELIE DU 3ème DIMANCHE DE L’AVENT ANNEE A

Isaïe 35, 1 - 10 Psaume 145 Jacques 5, 7 - 10 Mt 11, 2 - 11

Et si la joie naissait de la réponse de Jésus : « Regardez bien, les aveugles voient et les boiteux marchent ».

Jean-Baptiste était inquiet : « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous attendre un autre ? » Si pour Dieu un jour vaut mille ans, pour l’humanité, l’attente est si longue que le doute et la tristesse s’installent.

Pourtant Jean-Baptiste était tout entier soulevé de Joie. N’a-t-il pas dansé de joie dès le ventre de sa mère Elisabeth au son du Magnificat de Marie ? Sa mère, que l’on disait stérile, ne lui a-t-il pas appris qu’il était l’enfant de la grâce « qui marchera devant le Seigneur pour préparer ses chemins et qui guidera nos pas sur le chemin de la paix » (Luc 1, 76-79) ? Les trente ans de silence de Jésus à Nazareth et la prison de Jean-Baptiste auraient-ils épuisé la patience et la joie ?

Jésus commence sa vie publique à la suite de Jean, connaissant le danger de sa prédication et affirmant avec force que les temps messianiques sont arrivés. Alors Celui qui est plus qu’un prophète peut savourer dans sa prison la Joie de l’Evangile car « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ».

La joie peut naître là où on ne l’attend plus, dans une prison car elle est, précisément, une libération. Saint Jean nous en donne une image forte, celle de la femme qui accouche. « Elle s’attriste car son heure est venue ». La tristesse est le fruit de la souffrance. Mais elle est toute à sa joie qu’un homme soit venu au monde » (Jn 16, 21-22) Et Jésus, au moment de sa passion, nous parle de sa mort et de sa résurrection. Voilà le secret de la joie, de notre joie : le franchissement de la mort, mort et naissance à la vraie vie. Jésus, lors du premier Avent, par Sa venue dans la chair a franchi la mort et nous fait basculer avec lui dans la Résurrection. Il nous arrache aux ténèbres de la peur, de la violence, du mal et de la mort pour nous transfigurer dans le Royaume de la lumière !

Et lors de son second avènement, celui que nous attendons aujourd’hui, il vient dans la gloire, c’est-à-dire dans l’éclat de sa résurrection ! Alors toute langue proclamera que Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. » (Ph 2,11)

Si, en ce dimanche de la Joie, nous pouvons anticiper, préparer le chemin de la joie pour toute l’humanité, nous faisons aussi le constat que notre monde en crise permanente est plongé dans une sorte de tristesse. Constat aussi que la vraie joie ne peut s’acheter, qu’elle naît du cœur pour gagner le corps dans une émotion de joie que l’esprit peut faire durer, savourer. Or notre culture est bâtie sur l’image immédiate, l’instant où l’on achète dans une compétition d’argent à qui payera le meilleur concept de fête ! Mais après la fête le tambour est lourd ! On dirait qu’il fait fêter pour oublier le stress, l’inquiétude permanente où la hauteur d’un monde de compétition qui laisse sur le carreau tant de laissés pour compte. Et surtout, une compétition d’individus qui ne peuvent tisser de vraies relations humaines, d’échanges gratuits. Ces échanges seuls peuvent nous laver ce stress qui colle à la peau !

La vraie vie est absente et nous ne savons plus comment libérer la joie ! Alors laissez-vous gagner par l’Evangile de la simplicité de la rencontre, de la confiance qui fonde la fraternité et chasse la peur de l’autre. Jésus ne cesse de nous montrer un nouveau chemin qui nous retire de la fascination du mal, de la compétition universelle, du choix d’une solution violente, immédiate, radicale à nos problèmes. Sans l’Evangile, tout se passe comme si nous étions en guerre, que la réalisation de notre vie passait par l’élimination de l’autre. Avec l’Evangile, non sans affrontement avec ceux qui « prennent la place de Dieu et jugent de tout », Jésus nous apprend à aimer. Par là, la libération de la peur nous apprend la joie toute simple d’aimer en étant aimé. Jésus, le vrai pédagogue, nous libère de la prison de soi où nous sommes enfermés par peur des autres. Et nous comprenons la simplicité de la joie de Noël, dans la campagne de Bethléem, par une nuit criblée d’étoiles où les Anges et les bergers « se réjouissent d’une très grande joie » (Luc 2, 8-19). La joie, ce tourbillon de joie qui déborde de toute part. Et je revois cet enfant en pleine montagne d’Haïti aux premières mangues mûres après une longue saison sèche qui avait épuisé les réserves de nourriture. Il tournait sur lui-même en mangeant les mangues à pleine dent, en silence dans la montagne.

Venez, Jésus vous invite au banquet de la Joie !

Frère Gilles DANROC.o.p




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