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FETE DE MARIE IMMACULEE

En ligne depuis le mardi 11 janvier 2011.
 
 

HOMELIE DU 08 DECEMBRE 2010 ANNEE A

Genèse : 3, 9 - 15. 20 Psaume 97 (98) Ephésiens 1, 3 - 6 et 11 - 17 Luc 1, 26 - 38

« Par une grâce venant déjà de la mort de son Fils, Marie a été préparée à être une demeure digne de Lui. » (Oraison de cette fête). Je vous le disais bien, toute fête de Marie est une fête de Jésus : Oui, Il nous sauve par sa croix en faisant resplendir sa Résurrection. Mais nous sommes tellement habitués à un temps logique irréversible, d’abord la mère puis le fils, d’abord la naissance puis la mort que nous ne comprenons plus ce que Saint Paul appelle la « Récapitulation de toutes choses dans le Christ ». Ecoutez bien cette hymne magnifique, digne de notre fête : « Béni soit Dieu... qui nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu’il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres. C’est en lui encore que nous avons été mis à part, désignés d’avance selon le plan préétabli de celui qui mène toutes choses au gré de sa volonté, pour être, à la louange de sa gloire, ceux qui ont par avance espéré dans le Christ » (Eph 1, 9 - 12 )

Le Christ récapitule en lui, à la plénitude des temps, toute l’attente de l’humanité qui a soif d’un Sauveur qui, enfin, nous « délivrera » de l’emprise du mal et nous rendra à la vraie vie selon la « volonté de Dieu ». Ainsi, toute fête liturgique chrétienne est une fête du Christ Sauveur du monde.

Ainsi des fêtes de Marie comme aujourd’hui et je vous propose de commencer par la fin pour entrer dans le sens lumineux de l’Immaculée Conception. La fête de l’Assomption de Marie exprime ce lien de lumière entre le Christ ressuscité, monté au Ciel et Marie attirée dans la gloire de son Fils. Nous contemplons cette « attirance » vers la gloire et découvrons cette « femme, drapée de soleil » (Ap. 12,1) mais elle le reflète. La lumière de la résurrection de Jésus enveloppe Marie. De même qu’à la transfiguration, l’humanité du Christ irradiait la lumière de la divinité du « Verbe fait chair » (Jn 1, 14)

Par là nous découvrons que notre humanité est faite pour rayonner la présence de Dieu en nous. Jésus est bien l’un d’entre nous, notre frère, « né d’une femme, sujet de la loi » (Gal 4, 4). Il est « vrai homme » car « il a vécu notre condition d’homme en toutes choses excepté le péché » (canon eucharistique 4). Nous apprenons que le péché n’est pas « intrinsèque » à l’homme. Il n’est pas un élément de la nature humaine et que Dieu ne nous a pas créés pécheurs. C’est nous qui le sommes devenus. C’est pourquoi nous venons d’entendre en première lecture comment l’homme est « tombé » et dans sa « chute » est devenu ce qu’il n’était pas à l’origine, pécheur. De fait, quand un enfant parait, il vient dans un monde marqué par la violence, la méchanceté voire la cruauté d’une humanité où par vengeance ou par guerre l’homme ne cesse de tuer l’homme. Par sa mort sur la croix, Jésus arrête à lui la violence sans la faire rebondir en vengeance. Il nous fait entendre en vérité le commandement de la Torah : « Tu ne tueras point » que nous pouvons comprendre comme : « Tu réaliseras ta vie en ne tuant pas autrui ». Voilà le chemin de l’humanité : ne pas tuer pour apprendre à respecter l’humanité de l’autre et découvrir l’amour au sein d’une humanité fraternelle. Mais Caïn, l’aîné a tué son frère Abel malgré l’intervention même de Dieu (Gen 4, 6 - 8), signe manifeste que l’humanité est tombée et demeure dans le péché. Alors l’homme est-il fait pour se « cacher » dans la honte d’avoir voulu prendre la place de Dieu ? Est-il cet irresponsable qui ne cesse de dire : « ce n’est pas moi, c’est elle, c’est le serpent... » ? Peut-il aller jusqu’à l’arbre de vie au centre du Jardin ? Est-il exclu du paradis, loin de la grâce de Dieu et incapable de l’accueillir ?

Non, Dieu, l’unique créateur du monde a décidé de le sauver. « Mais, s’Il a créé l’homme sans lui, Il ne le sauve pas sans lui ». (St Augustin). Dieu appelle et l’homme répond librement en écoutant le Seigneur qui l’envoie en mission en son Nom. Et cette mission consiste à vivre au maximum cette liberté et cet amour fraternel en vue duquel Dieu nous crée. Nous pouvons comprendre l’histoire sainte comme l’histoire de la recréation de l’homme après la chute pour qu’il soit libéré du mal, du péché et de la mort. Dans cette longue histoire depuis Abraham, Moïse, David et les prophètes, le peuple de fils d’Israël comprend que, par lui-même, il ne peut « s’en sortir » Il faut qu’un Sauveur mystérieux, un serviteur souffrant venu de Dieu et « transpercé par nos crimes ». (Is 53, 5 et 1P2 24) Dieu comprend qu’Il doit venir lui-même nous sauver et nous conduire aux sources du salut.

Et combien ont été appelés et n’ont pas répondu ! La conscience de l’homme est le vicaire de Dieu (Newman), c’est dire qu’en conscience tout homme devrait refuser le mal et choisir la vie et le respect de la vie.

« L’Immaculée conception » comme dit la Dame à Bernadette Soubirous est l’ultime appel de Dieu préparant à Sa venue pour nous sauver. Le Oui de Marie à l’Ange en fait le Servante de la Parole libératrice. Marie puise dans sa liberté vive, non emprisonnée par la fascination du mal, plus jeune et plus neuve que le péché, la force et la joie de porter au monde son Sauveur !

Nous découvrons à nos yeux émerveillés que la femme drapée de soleil de l’Apocalypse répond à la femme trompée par le serpent (Gen 3, 13) et qu’elle est « cette femme qui maintiendra « l’hostilité entre ce serpent et son lignage qui l’écrasera du talon » (Gen 3, 15). Marie, mère des croyants, ouvre à Son Fils Jésus le chemin de la recréation tandis qu’Eve, la mère des vivants engendrait dans la douleur des enfants marqués par la violence et par la mort.

Allons plus loin et découvrons à notre regard émerveillé cette magnifique alliance entre Dieu - Créateur et Sauveur - et Marie, l’Immaculée qui resplendit la beauté de la création sauvée !(Isaïe 54, 1 - 10)

Et cette alliance de lumière est proposée dans la foi à chacun de nous. Le baptême dans la mort du Christ ne nous fait-il pas ressuscité avec le Christ dans sa Lumière ?

Ne sommes-nous pas nous-mêmes « porteurs du Christ » puisqu’Il nous donne sa Parole, son Corps et son Sang, son Esprit qui anime l’Eglise et nos frères et nos sœurs dans la foi ? Deviens celui que tu portes en toi, sois transfiguré par la charité du Christ « vivre pour toi c’est le Christ ». Avec Marie, rentre dans la fête de la Joie et de la lumière et chante ton Magnificat.

Frère Gilles DANROC.o.p




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