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Contrastes dans la lumière

20 mars 2011

 

En ligne depuis le samedi 26 mars 2011.
 
 

Frères et sœurs,

Quel contraste entre les textes que nous propose l’Église en ce 2ème dimanche de Carême et ceux de la semaine dernière ! Quel contraste peut-être aussi entre ce que nous venons d’entendre et ce que nous vivons, ce que nous voyons autour de nous !

Il fait nuit désormais et nous entendons l’Evangile le plus lumineux de l’année... Aucun doute à avoir, c’est dans la lumière que le Seigneur nous fait signe, nous invite à monter sur la montagne !

C’est vrai que les contrastes dont je parlais à l’instant ont de quoi nous désarçonner, nous déstabiliser. Oh, ils ne nous ont pas empêchés de dormir, mais peut-être nous ont-ils étonnés, nous ont-ils fait problème... Reprenons-en quelques-uns si vous le voulez bien.


1er contraste : celui qui semble opposer les textes de dimanche dernier et ceux qui nous avons entendus à l’instant. La semaine dernière, nous étions en plein drame, le drame de la tentation. Celle de nos premiers parents au jardin, celle du Christ au désert... et la nôtre, dans notre quotidien.

Il y a 8 jours, les textes étaient plutôt longs, tragiques... Rien de tout cela aujourd’hui : c’est le dimanche de la lumière, de la paix et de la bénédiction. La bénédiction d’Abraham l’obéissant qui quitte tout pour le Seigneur et la malédiction d’Adam et Ève les désobéissants. La noirceur du péché et les sifflements du Serpent et la lumière du Thabor et la voix Père qui retentit !


2ème contraste : avez-vous remarqué cette paix qui émane de notre 1ère lecture ? « Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. » Ce n’est même plus un contraste, mais plutôt une opposition radicale avec le monde qui nous entoure.

Allumez votre télévision, branchez-vous sur internet et on nous parle de tout sauf de paix. Il n’y a que les naïfs qui ne voient pas que notre monde est à une phase critique de son histoire. Nous sommes au soir d’une belle journée de printemps comme on les aime ici à Toulouse et ailleurs. Avons-nous seulement pensé, alors que nous profitions de ce 1er jour de cette saison bénie, que bombardements, révolte et répressions, radioactivités et autres fléaux désolent notre monde ?... et pas bien loin d’ailleurs.

Où est-elle, frères et sœurs, cette bénédiction sur toutes les familles de la terre ?


3ème contraste : la montagne. Et pas n’importe quelle montagne, puisque l’Evangéliste nous précise qu’il s’agit d’une haute montagne. Les sommets, la hauteur, la lumière... et, dans la Bible -mais pas que dans la Bible d’ailleurs !- la rencontre avec Dieu !

Notre vie, avouons-le frères et sœurs, ça ressemble plus souvent à la plaine toulousaine qu’aux beaux sommets enneigés des Pyrénées toutes proches ! C’est assez plat, terre-à-terre. Et si nous regardions un peu vers le ciel ? Ceux qui aiment la montagne le savent bien cependant : elle est belle, certes, mais elle peut être dure et cruelle. On n’en sort pas indemne, si on prend le chemin des sommets !


4ème et dernier contraste : la lumière qui est d’autant plus éclatante que nos péchés sont obscurs. Ça ferait une bonne publicité : « Jésus lave plus blanc. » Mais boutade à part, quel clin d’œil du Seigneur pour nous faire revenir à lui ! Comment ne pas entendre ici l’appel de Dieu à son peuple : « Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, comme neige ils blanchiront ; quand ils seraient rouges comme la pourpre, comme laine ils deviendront. » (Is 1,18) ?

Il va falloir la faire, frères et sœurs, cette « grande lessive. » En un mot, avant Pâques, sans faute, il faudra revenir au Seigneur par le sacrement de la Réconciliation.


Tentation et Transfiguration.
Guerre et paix.
Plaine et montagne.
Noirceur et lumière.
4 contrastes, 4 oppositions...
Mais faut-il, frères et sœurs, les opposer si catégoriquement ? Rien n’est moins sûr parce que tous ces éléments se trouvent, d’une façon ou d’une autre dans notre vie, souvent pleine de contradictions.

Et ce n’est pas un hasard si ce faisceau de contradictions est donné à notre méditation en ce jour où nous célébrons la Transfiguration du Seigneur.

Si Jésus est transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, c’est parce qu’il nous appelle à nous laisser transfigurer par sa grâce. Nous valons bien plus que la noirceur et la platitude de notre vie. Dieu veut que nous montions sur la montagne, même si cela coûte. Il veut que nous acceptions d’être passés au creuset de son amour, pour lui redonner toute la lumière qu’il a mis en chacun de nous. Nous sommes à son image, ne l’oublions jamais.

Il va falloir, frères et sœurs, se laisser transfigurer par le Christ, en prenant notre part de souffrance, certes. Mais c’est pour entrer dans la lumière, sa lumière !
Amen.




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