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Provocateur !

Montpellier, 27 mars 2011

 

En ligne depuis le lundi 28 mars 2011.
 
 

Sublime rencontre qui ne manque pas de sel et de profondeur. Sublime rencontre où Jésus par trois fois se fait provocateur !

Provocation dialogale : Jésus entre en conversation

Jésus est là, près du puits. Voilà une femme qui y arrive en plein midi. Elle pensait pouvoir remplir sa cruche d’eau sans être épiée des cancanneurs et des ragoteuses, mais hélas, il y a quelqu’un. Pourtant, il faut bien aller la chercher l’eau, alors la Samaritaine fait comme s’il n’existait pas. Mais Jésus ne fait pas comme s’il ne la voyait pas. Car Il l’attendait. Il se tourne donc vers elle, et il lui parle. Première provocation : provocation dialogale. Aujourd’hui, Jésus ne viole pas le sabbat mais les coutumes locales, car un juif ne parle pas à un Samaritain. Et pour cause ! L’image sympathique des Samaritains è que l’on songe à cette femme de Samarie ou au Bon Samaritain, ne nous dit rien de leurs mentalités. Or, aux yeux des Juifs, les Samaritains sont des extrémistes, des fondamentalistes, .... Pour les Samaritains, le vrai Temple, c’est celui du mont Garizim où Josué a proclamé la Loi avant d’entrer en terre promise. C’est là qu’il y a le vrai Temple. Mais les Juifs ont changé la religion. Ils ont dit qu’il fallait adorer au Temple de Jérusalem. Balivernes ! Mensonges ! Trahisons de la Tradition ! Dégénérescence du culte ! C’est la raison pour laquelle ils méprisent les Juifs... et les Juifs le leur rendaient bien eux qui les méprisaient à leur tour. Aujourd’hui, dans ce dialogue, c’est Jésus qui prend l’initiative. Dans cette parole, point de polémique, point d’arguments apologétiques, mais une parole de mendiants qui demande ce qui lui est vital, de l’eau. N’est-ce pas cet exemple que Benoît XVI a cherché à imiter, il y a un an, lorsqu’il a levé l’excommunication des lefévristes. Mais la femme lui rappelle les barrières religieuses et raciales. Jésus élève donc le débat : « si tu savais le don de Dieu, c’est toi qui m’aurait demandé à boire ». La femme est intéressée par cette eau qui étanche toute soif. À la maison, elle n’a pas l’eau courante. Jésus est désarmé. La conversation va tourner court. Il la voulait spirituelle, mais elle reste matérielle. Jésus la relance par une deuxième provocation : cette fois, elle est morale.

Provocation morale : pour une vraie adoration

« Appelle ton mari, appelle ton homme ». Cette foi, Jésus demande à la femme quelque chose qu’elle ne peut pas faire, et il le sait bien, car elle n’a pas de mari, elle n’a plus de mari. Cinq elle en a eus. Par cette parole, Jésus va droit au cœur, il va là où est la blessure. Il met la femme devant la vérité de sa vie. La dame reste interdite. On ne sait rien quant à ces cinq maris, on ne sait rien quant à ses mœurs. A-t-elle cru au grand amour ? A-t-elle été déçue par les hommes ? A-t-elle perdu ses illusions si bien qu’elle préfère le batifolage et les aventures volages ? En tous les cas, à Jésus, elle pourrait mentir car de quoi se mêle-t-il cet homme ? C’est son intimité, c’est sa vie, c’est son corps ! Pour qui se prend-t-il ce rabbin ? Mais elle ne ment pas, elle répond même sans se chercher d’excuses : « je n’ai pas de mari ». Aveu douloureux, car ne nous y trompons pas, la Samaritaine ne joue pas la fière. Si elle vient puiser de l’eau à midi, et non le matin, à la fraîche, c’est pour ne pas être vu, pour ne pas croiser le regard des autres femmes qui condamnent une femme. Mais Jésus lui dit que pour être adorateur du Père, il faut être dans la vérité, ce qu’elle a commencé à faire. Il faut être vrai, faire tomber tous les masques qui font de nous des personnages de théâtre. Il faut accepter la vérité de notre nudité, de notre misère, la reconnaître, la confesser. Alors, là, oui, tu pourras adorer Dieu, Le rencontrer. Ce travail de vérité, n’est pas ton œuvre mais celui de l’Esprit Saint qui fouille ton être et t’aide à reconnaître ce péché que tu caches, que tu masques derrière des questions de formalisme, de rubriques. Mais pour la Samaritaine, la discussion a assez duré. Lapidaire, elle préfère attendre le Messie. Fin de la conversation.

Provocation fondamentale : la révélation de sa mission

Jésus la relance donc, dans une troisième provocation, l’ultime provocation, la plus fondamentale où il révèle son nom et sa mission : « le Messie, c’est Moi, Moi qui suis en train de te parler ». Silence... Le Messie, ce serait donc... Jésus n’a jamais été aussi loin dans la révélation de sa mission. Les femmes peuvent obtenir beaucoup des hommes. Mais, elle n’a pas le temps de reprendre ses esprits, les disciples sont déjà là. Ils voient Jésus assis aux côtés de cette femme en pleine discussion. Le malaise est à son comble. Elle part. Et elle court, dans la ville, telle Marie-Madeleine, courant annoncer le matin de Pâques que Jésus est vivant. C’est une femme, une pécheresse, une étrangère qui pour la première fois témoigne du Christ Messie. Une femme, une étrangère à qui Jésus a parlé, que Jésus n’a pas condamné. Il ne lui a même pas dit je te pardonne, Il l’a simplement invité à boire à la source de la vie, à la source de l’eau vive, de la vie éternelle qui étanche toutes les soifs de nos désirs. Cela a suffi. À son témoignage, la foule l’a suivie. Des hommes et des femmes de Samarie se présentent à Jésus. Ce ne sont pas des boiteux, mais de simples curieux qui ont cru en la parole de la femme : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Ils sont là. Ils voient Jésus, ils l’écoutent. Et maintenant ils croient en Lui : « Ce n’est pas sur tes dires que nous croyons, maintenant que nous l’avons rencontré ». On ne doit rien à celui ou à celle qui nous a montré le chemin du Christ. Le Christ est le seul Maître de notre vie, la seule source de la vie.




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