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L’Axe Terre - Ciel est ré-ouvert !

Montpellier, juin 2011

 

En ligne depuis le mercredi 8 juin 2011.
 
 

Actes des Apôtres 1, 1-11 psaume 46 Ep 1,17 - 23 Mt 28, 16 - 20

Venez contempler le Christ Ascensionnel !

Si vous montez sur le tell, le site de l’antique Jéricho, vous pouvez apercevoir la Bible entière !

Juste à vos pieds, les champs irrigués et fertiles de la vallée du Jourdain. Plaine verdoyante. L’homme ici peut récolter trois fois l’an, l’eau abonde, les greniers sont remplis. Il n’y a plus besoin de Dieu. La richesse a pris la place de Dieu. Devant vous les contreforts des montagnes désertiques de Judée. Au premier plan la falaise de la Tentation avec son antique monastère relayé par un funiculaire qui permet d’accéder à un restaurant pour touristes haut de gamme. Tentation de l’avoir, du pouvoir et de du savoir qui prennent la place de Dieu. Juste à côté, le ravin du Waddi Kelt, le torrent souvent à sec qui descend des montagnes, là même où Jésus situe la parabole du Bon Samaritain. On peut passer on chemin pour ne pas rencontrer son prochain où s’ouvrir à la charité. Tout en haut Jérusalem, la grande capitale, le centre géographique de notre foi chrétienne. Comme nous venons de l’entendre : Saint Luc fait du mont des Oliviers le centre du salut, le point d’achèvement de la mission terrestre de Jésus et le point de départ de la mission universelle des Apôtres. Jésus a prêché l’Évangile du Royaume et envoie ses Apôtres annoncer jusqu’aux limites du monde ce Royaume qu’Il a ouvert en sa Résurrection.

Nous voici donc sur les hauteurs des montagnes désertiques de Judée où la vie vient du ciel, de la pluie et de la grâce. Ici l’homme ne peut vivre que du salut de Dieu. Jérusalem, capitale de la Paix et donc capitale de la Grâce qui vient du ciel. Hérissée de montagnes qui, toutes, indiquent le haut, le plus haut. Car Dieu n’habite pas le ciel mais les cieux des cieux, comme il vit pour les siècles des siècles !

Au centre le mont Sion, superbe d’élan, cité de David1, couronné par l’esplanade du Temple, environné des montagnes comme d’un berceau. Au levant le mont des Oliviers. C’est à son sommet que Jésus monte vers son Père et « notre » Père comme il l’annonce le matin de Pâque à Marie Madeleine (Jn 20, 17).

La Bible nous manifeste le choix de la vie : la dimension horizontale de la plaine fertile où le choix de la tentation d’oublier Dieu prends de plus en plus de place et la dimension verticale de la montagne par, où Dieu fait descendre sa grâce, son salut. C’est pourquoi dans l’évangile de Matthieu, dont nous venons d’entendre la parole, Jésus ressuscité donne ses dernières paroles aux Apôtre sur la montagne de Galilée où il avait inauguré sa première prédication aux foules (Mt 5 à 7).

Mathieu, comme Luc, fait de Jésus le nouveau Moïse sur la montagne de Dieu, le Sinaï, où Il était descendu dans la nuée donner la Torah au peuple. C’est dans cette nuée que Jésus remonte au ciel après avoir donné son évangile.

Dimension verticale de la grâce de Dieu. Dimension horizontale de l’humanité tentée d’oublier Dieu : vous avez reconnu la croix où fut crucifiée Jésus au sommet du Golgotha, cette colline dérisoire à ,l’écart de la ville.

Tenons-nous debout, comme Marie au pied de la croix pour vivre la verticalité de la grâce et du salut2. Verticalité féconde où la Grâce de Dieu descend dans les profondeurs du cœur de l’homme pour qu’il puisse ouvrir les bras pour accueillir l’humanité souffrante comme Saint Dominique dans le « vaste sein de sa charité ».

Voilà pourquoi je vous demande de contempler le Christ ascensionnel de notre église. Il indique l’est du mont des Oliviers, l’orientation de notre vie chrétienne. Telle est notre espérance : il est venu dans la chair, (Jn 1, 14) « pain vivant descendu du ciel » (Jn 6, 32) et Il vient dans la gloire, dans cette nuée qui accompagne sa montée, c’est à dire la lumière sans déclin du jour unique de Sa Résurrection.

On peut le dire avec les Pères de l’Église3 « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ». Dieu s’est fait homme : c’est affirmer qu’Il est venu de Dieu, envoyé du Père, notre Père qui est aux cieux, descendu sur notre terre pour que la volonté du Père règne sur la terre comme au ciel. C’est affirmer que le Verbe est entré dans les profondeurs de la chair et de la mort et qu’il apprend dans notre chair notre combat pour la vie et contre la mort. Pour que l’homme devienne Dieu : c’est à dire ressuscité avec le Christ, pour vivre dans le Royaume des cieux auprès du Père, rassemblés des quatre coins du monde par l’Esprit Saint en un seul peuple.

Contemplons notre Christ : nu, portant les marques de la croix, Il s’inscrit dans cet axe vertical, tout allongé vers le haut, tendu vers le ciel du Père. Il fait vivre cet axe terre-ciel dans la dynamique de la résurrection car Il s’est levé vivant du tombeau et Il emporte tout dans son élancement de joie vers le Père qui l’a ressuscité des morts.

Ses bras sont ouverts encore du geste magnifique de la croix où Jésus a embrassé l »humanité entière pour l’attirer à lui « élevé de terre j’attirerai tous les homme à moi » s’écrie Jésus après avoir ressuscité, redressé Lazare (Jn 12, 32). Oui, Jésus est venu rassembler l’humanité entière dans son amour, la presser sur son cœur ouvert.

Ressuscité, redressé, élancé vers le Père, ses bras encore ouverts s’abaissent pour manifester la dynamique ascensionnelle, tout à son désir de venir au Père (Jn 20, 17) et de lui offrir l’humanité pour qu’Il l’entraine avec Lui.

Voici notre immense joie d’être porté par le Christ auprès du Père.

Ne cherchons plus à nous élever nous-même dans la tentation d’oublier Dieu en prenant sa place sur l’axe vertical où l’homme veut dominer autrui. C’est le péché contre l’Esprit quand nous occupons l’axe par où l’Esprit descend en nous et sur nous.

Au contraire, ouvrons notre verticalité humaine à la descente de l’Esprit. Chacun debout dans sa vie, ensemble en nous tournant vers les « choses d’en haut » : comme le dit Saint Paul, c’est à dire la Grâce de Dieu tournée vers nous dans la plénitude de son amour. C’est là que l’Esprit de Dieu descendu dans l’épaisseur de notre vie, nous apprend jour après jour à ouvrir les bras pou y accueillir le petit qui est sans aide, le malheureux sans soutien, le paumé, le perdu, le souffrant... tous ceux que l’humanité sans Dieu méprise et rejette, tant elle a oublié la grâce de l’amour vrai.

Fr. Gilles Danroc op




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