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Marche et rêve

8 mai 2011

 

En ligne depuis le jeudi 9 juin 2011.
 
 

Marcher.
Marcher sur une route. Avec quelqu’un, dans la peine ou la joie. Avec le Seigneur, même si l’on n’a pas bien vu que c’était lui. Marcher d’un point à un autre, pour revenir au premier... sans revenir tout à fait le même. Les disciples d’Emmaüs et leur marche... comme ils ressemblent à notre vie !

Il serait tellement facile, frères et sœurs, en écoutant les Evangiles qui suivent la Résurrection du Seigneur de penser que Jésus est le roi des farceurs, qui aime piéger ses disciples, les mettre face à leur incrédulité -pauvre Thomas !-, à leurs faiblesses -pauvre Pierre !-, qui aime, en un mot... les faire marcher ! Mais peut-être ne veut-il pas les faire marcher. Une chose est sûre, il veut qu’ils marchent. Et c’est ce que nous allons faire en ce dimanche : marcher, prendre la route avec Jésus.

Certes, tout est bien organisé. Nous avons une carte et des instructions : ce sont les Ecritures. Au diable les GPS aux voix suaves ou non, il va falloir réfléchir un peu et ne pas forcément faire demi-tour quand il n’y a plus de réseau... parce qu’avec Dieu, il a toujours du réseau. Et le problème ne vient pas de l’émetteur -Dieu- mais du récepteur -nous- trop occupés à brouiller les pistes et à se brouiller avec les autres et avec Dieu, par la même occasion.

Hormis la carte et les instructions, il n’y a pas grand-chose à emporter. Des papiers ? Le certificat de baptême fera l’affaire ! De la nourriture ? L’Eucharistie sera là pour nous alimenter et faire que nous ne défaillions pas en chemin. Des compagnons ? Nous ne sommes pas seuls sur la route. Comment allons-nous faire alors ? Dieu pourvoira, mon fils.

Or, nous conviendrons que les instructions ne sont pas forcément très claires, au premier abord. Il subsiste quelques zones d’ombre dans notre texte d’aujourd’hui. Nous en retiendrons trois : où ? qui ? pourquoi ?

Une question qui ne cesse de tarauder les exégètes de tout poil, c’est l’endroit où se situe ce fameux village d’Emmaüs. Emmaüs, tout comme Cana d’ailleurs, c’est le cauchemar des GPS. Il y en a plusieurs et tout le monde voudrait être le vrai, bien entendu. Il n’y a pas de réponse, vous l’avez compris. Nos deux disciples prennent le chemin d’Emmaüs alors qu’ils sont dans la peine. Y habitent-ils ? Que recherchent-ils là-bas ? Consolation et réconfort ?
Chrétien de Rangueil, quel est ton Emmaüs ? Cet endroit bien à toi où tu te rends lorsque ton cœur est lourd, que tes yeux sont aveuglés par les larmes ? Cet endroit où tu te réfugies loin du bruit et du cahot de la grande ville de tes soucis. Quel est ton Emmaüs ?

Ensuite vient une autre question qui a fait couler des flots d’encre : c’est celle de savoir qui est le compagnon de Cléophas. Tout a été dit à ce sujet : que c’est un autre disciple, sa femme, qui sais-je encore... Il est certain que si son nom n’apparaît pas, ce n’est pas un hasard. Dès les 1ers versets de son Evangile, Luc nous a habitués à un travail d’historien documenté, précis, où ne manquent ni les dates, ni les descriptions.
Chrétien de Rangueil, ne serais-tu pas le compagnon de Cléophas ? Celui sur lequel on compte dans la peine, celui qui se réjouit avec qui est dans la joie. En somme, un vrai ami. Une denrée rare et précieuse. Quel compagnon es-tu ?

Troisième et dernière question : pourquoi Jésus agit-il de la sorte ? Aime-t-il les devinettes à ce point-là ? Nous l’avons deviné, frères et sœurs, Jésus n’est pas un sadique qui aimerait nous faire mariner, mais s’il prend la route avec nous, c’est pour respecter notre liberté, pour se mettre à notre portée, pour aller à notre allure. Il sait bien que finalement, notre vie, notre vocation, il faut que nous la rêvions, d’une façon ou d’une autre. Avec lui, ce n’est pas marche ou crève. C’est marche et rêve... et accomplis ton rêve. Marche, les pieds bien sur terre et la tête dans le ciel.
Chrétien de Rangueil, de quoi rêves-tu ? As-tu confié, sur ta route, ton rêve au Seigneur ? Te rends-tu compte qu’il te donnera bien au-delà de tes rêves ?

Sur le chemin d’Emmaüs, deux disciples marchent. Ils ne rêvent même plus. Et ils marchent pourtant. Et Jésus est là, avec eux, dans la souffrance.

Ils marchent comme ont marché ceux qui suivent le Christ et qui sont si présents en ce mois de mai. C’est la Vierge Marie, sa Très Sainte Mère dont le nom si doux traverse tout ce mois. Nous ferons mémoire de la Visitation le 31 : elle se met en marche car la charité la presse. C’est saint Dominique, fêté le 24, l’homme aux semelles de vent, qui a arpenté les routes et les chemins avec son Seigneur, lui qui ne parlait qu’à Dieu et que de Dieu. C’est le bienheureux Jean-Paul II dont la béatification ouvrait ce mois, il y a tout juste une semaine, lui le marcheur infatigable de Dieu.

Leur chemin, celui de la sainteté, c’est le tien, chrétien de Rangueil.
Oui, marche et rêve... et Dieu te donnera bien au-delà de tes rêves.
Sur la route, avec toi.
Amen, alléluia.




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