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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 22 >>   Je vous remercie d’être venus !

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Je vous remercie d’être venus !

Marseille, 29 août 2010

 

En ligne depuis le jeudi 21 juillet 2011.
 
 

Je vous remercie d’être venus ! Un déjeuner est donné par Jésus-Christ. Chacun fut invité pour ce Jour du Seigneur : cloche, éducation, curiosité - que sais-je le moyen ! L’invitation a parcouru notre ville ; et vous êtes venus ! Au-delà de ces mots qui pourraient sembler plaisants, nous avons précédemment entendu un étonnant message. Chacun de nous n’est-il pas « l’homme censé », « une oreille qui écoute » ? Nous avons donc écouté ; et qu’avons-nous entendu ? Etait-ce quelque conseil de prudence donné par un père à un fils sur la manière de se bien conduire en société ? Etait-ce quelque paradoxe, comme les aime la Bible : celui de l’élevé abaissé et réciproquement ? Comment osciller entre ascenseur social et balançoire évangélique ? Ce serait compliqué ! Non, cela ne suffit pas à Dieu ! Pour nous, il vise haut et loin ! Il a parlé de « bonheur » et il l’a lié « à la résurrection des justes » ! Mais il a aussi lié cela à son conseil mis en pratique : inviter tout le monde, sans sélectionner ceux que tout le monde invite, inviter ceux qui ne peuvent rendre ce geste !

Il faut oser, penserez-vous ? Mais pourtant, Jésus vient de nous révéler que chacun en est capable ! Vous connaissez la sentence : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais c’est parce que nous n’osons pas qu’elles ont difficiles ». Mais comment oser ? Devant une parabole comme celle-ci, sans doute faut-il recevoir les choses comme on accueille une leçon de vie, contemporaine, très actuelle. Alors nous pouvons le reconnaître : Jésus vient de faire notre portrait ! Nous pouvions jusque-là supposer que nous avions des qualités, certes pas toutes les qualités, mais quand même quelques unes ; nous pouvions reconnaître que sans nous, des choses seraient moins bien faites, tout en confessant notre modestie ; notre sagesse et notre habitude nous tenaient entre deux eaux, souvent à notre avantage ! Pire, celui qui est boiteux pouvait se croire pauvre, ou l’aveugle estropié : l’erreur n’est-elle pas humaine ? En réalité, jusque-là, nous étions plutôt dans le rôle de celui qui se fait écouter, de celui qui parle, de celui qui invite ou qui n’invite pas !

Mais voilà que Jésus, invité chez un chef des pharisiens vient de faire notre portrait, et ce dernier n’est pas des plus élogieux. Pire, il est ressemblant ! Jésus peut nous dire : « Je vous remercie d’être venus », car « il connaît ce qu’il y a dans l’homme », que celui-ci soit l’autre ou qu’il soit nous-mêmes. Les rôles ne sont plus les mêmes ! Le pauvre, l’estropié, le boiteux, l’aveugle, c’est d’abord nous ! Certes, nous pouvons en désigner d’autres ; et nous le ferons, nous devrons même les aider. Certes, notre charité pourra porter à leurs oreilles et à leur cœur l’annonce inouïe de la charité venue de Dieu ; et c’est heureux - pour eux comme pour nous ! Mais d’abord, cette énumération peu enviable, c’est à chacun de nous qu’elle s’adresse ! Si « l’idéal du sage est une oreille qui écoute », il va nous falloir entendre vraiment ce message ! Car cette parabole pourra alors se déployer en toute notre vie : de même qu’il est bon d’avoir reçu le pardon pour pardonner ensuite, il est sage de se reconnaître pauvre, estropié, boiteux ou aveugle pour convier à la vie ceux qui sont frappés de ces blessures ou de ces pauvretés, qu’elles soient physiques, psychologiques ou morales ! Car celui qui sait un peu le poids de la grâce, sait combien il est difficile d’inviter aussi gracieusement... Alors, comment oser ? Prenons conscience qu’il n’y a qu’un seul horizon : Pâques, le Jour de Dieu, la communion à la Vie divine ! Il n’y a qu’un horizon, et il nous est offert, comme il est offert à tout homme. Il nous est offert, et nous ne pourrons jamais rendre cette invitation aux noces de l’Agneau, cette communion à la chair de Dieu, à la vie divine ! Nous ne pourrons jamais rendre l’invitation qui nous a été faite par grâce, et qui par naïveté peut nous paraître normale !

Jésus nous a invités afin qu’à sa lumière nous voyions qui nous sommes ; il nous a conviés afin que par lui nous puissions être guéris ; il nous donne ses conseils afin que nous accédions à la source de l’Evangile et que nous sachions alors en distribuer l’eau ! Il nous précise vers qui nous tourner en nous montrant par grâce, qui est l’homme à qui il ne cesse de penser ! Il ne nous veut pas amoindris, déformés, mais plutôt magnanimes, c’est-à-dire, faisant humblement de grandes choses, à commencer par la pratique et l’organisation de sa charité.

Alors, que par nous viennent vers Lui, chacun de ceux pour qui il a donné sa vie. Vous, moi, les encore absents comme les toujours là, tous, les invités guéris ! Si maintenant nous voulons rendre grâce, décidons aussi de rendre cette invitation non pas seulement au Seigneur, mais, comme lui, à tous ceux qu’il a invités en offrant pour eux jusqu’à sa vie. Et si, heureusement, cela nous paraît impossible, remettons dans le Cœur de Dieu cet immense désir et nos quelques efforts. Sa charité saura les transfigurer pour que nous fassions avec lui de grandes choses, tous, vous, moi, boiteux, aveugle, tout homme ! Elle saura aussi nous aider à commencer dès que possible : le Jour du Seigneur est une grâce pour cela aussi !

Dominicains - Marseille - Année C - T.O. 22ème dimanche -




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