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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 29 >>   A César sa part, la part belle & la belle part à Dieu !

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A César sa part, la part belle & la belle part à Dieu !

Marseille, 16 octobre 2011

 

En ligne depuis le mardi 15 novembre 2011.
 
 

Rendre à César ce qui est à César, face au pouvoir temporel, quelle attitude adopter ? Angélisme ? Compromission ? Ou encore, rejet stérile ? Condamnation arbitraire ! Et c’est vrai que notre rapport à ce qui nous est étranger, nos relations avec l’autre - cet autre par définition différent ; nos liens avec ceux du dehors, avec ce qui nous est extérieur, a toujours été problématique. Il n’est que de songer au 1er siècle à l’histoire tumultueuse de la Synagogue et de l’Eglise naissante ; durant le Moyen Age, au conflit de la Papauté et du Saint Empire romain germanique ; dans un passé encore bien récent et tout frais, le problème de la laïcité en France, les rapports de l’Eglise catholique et de l’Etat... sans omettre les querelles internes parfois avivées et attisées par des considérations politiques étrangères, conflits et persécutions liés au jansénisme, au protestantisme ou encore au siècle des Lumières avec son épilogue final et sanguinaire, la Révolution française !

Pour ce qui concerne l’histoire même de l’Eglise, ça n’a pas toujours été simple : il suffit d’évoquer le gallicanisme, les ultramontains, la chasse aux prêtres réfractaires, le rejet par les catholiques en France de la République puis leur ralliement ; et paradoxe étonnant : durant la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, la République persécutant l’Eglise à l’intérieur, sur le territoire national, et défendant les missionnaires français à l’extérieur, dans les colonies et dans le monde ! D’une façon plus générale, la distinction entre profane et sacré, entre société civile et communauté de croyants est difficile à opérer ; et il faudrait se garder des positions tranchées, manichéennes, outrancières, vindicatives et passionnelles. Par contre, les textes de la liturgie de la Parole de ce dimanche nous apportent des précisions intéressantes pour notre sujet !

En principe, cela semble clair : il y a une autonomie des réalités terrestres, du pouvoir temporel par rapport aux choses de l’Eglise, à la juridiction de l’Eglise. Une autonomie qui doit être faite de respect, de compréhension, de coexistence, de collaboration et d’émulation. L’Eglise n’a pas à régenter le monde comme l’Etat n’a pas à dominer l’Eglise.

Cela signifie que d’une part, l’Eglise doit porter un jugement bienveillant et miséricordieux sur les réalités humaines qui lui sont étrangères, non pas à les avaliser ou pire, à les récupérer mais à les considérer pour ce qu’elles sont et à les faire évoluer pacifiquement et charitablement vers plus d’humanité, d’authenticité et de vérité pour le cas où elles nous sembleraient partielles, partiales ou même déficientes, voire inacceptables. D’autre part, l’Etat doit prendre en considération et respecter toutes les sensibilités religieuses sans pour autant être un Etat confessionnel ou favoriser telle ou telle religion ; et les lois de la République s’imposent pour autant qu’elles soient justes, morales et n’attentent pas à la conscience ou à la liberté religieuse. En aucun cas, la religion ne doit être utilisée pour déstabiliser l’Etat, pour déchirer le tissu social, diviser la communauté humaine, ou attenter aux valeurs humaines. De la même façon, l’Etat ne détient pas la vérité, il est au service du peuple, du bien commun et la volonté générale dont il est le garant ne peut opprimer les consciences, se réduire à une raison d’Etat ou encore, ne pas respecter les droits de la minorité devant des majorités parfois totalitaires, aveugles et fanatisées.

Et puis, n’oublions jamais que ce sont les personnes qui, en dernier ressort, se profilent derrière les institutions humaines, Eglise ou Etat, et que l’une et l’autre doivent faire preuve d’un réel humanisme à défaut d’une authentique humanité ! Faut-il encore préciser que Jésus ne nous donne pas de leçon politique mais que ce qui lui importe, c’est de faire avancer, de promouvoir, de faire entrer dans le Règne de Dieu des hommes qui, par définition, en sont éloignés, rétifs, indifférents soit à cause de leurs déficiences personnelles, peut-être en raison d’une conscience sociale et religieuse limitée, ou même parce que l’humain est oublié, malmené, rabaissé par des considérations mondaines et matérialistes ! Jésus veut nous faire connaître le Père, il nous apprend à l’aimer en accomplissant sa volonté de salut et d’amour mais aussi dans notre proximité les uns avec les autres, dans le service de notre prochain, dans le respect et l’amour dont nous faisons preuve les uns envers les autres, personnellement comme communautairement !

Face à cette ligne directrice, somme toute de bon sens et sage, il est encore deux annotations intéressantes que proposent nos textes liturgiques. Dans le texte d’Isaïe, on apprend que Dieu soumet toutes les nations à Cyrus, roi de Perse. Non pas qu’il veuille que les croyants changent de religion et même de Dieu mais pour nous apprendre que Lui, Dieu et lui seul est maître de notre destin, qu’il réalise son salut, notre salut, parfois par des voies détournées, même en sollicitant l’intervention, l’action de rois étrangers en faveur des croyants. Comme quoi, ceux qui ne sont pas de notre bord ne sont pas forcément hostiles, ne sont pas irrémédiablement des ennemis et que du bien pour nous peut survenir à travers leur médiation. Et plus que cela, croyants ou pas, il y a une communauté humaine de destin comme il y a des convergences, des collaborations, des coopérations à rechercher : pas avec nous mais pas forcément contre nous mais tous, sur le même bateau, pour ce qui relèvent des réalités d’ici-bas !

D’égale importance aussi, comme nous le rappelle la 1ere Lettre aux Thessaloniciens, la meilleure immersion dans les réalités humaines, si nous nous soucions véritablement de notre avenir terrestre dans le respect de notre devenir divin - après tout, nous sommes dans le monde même si nous ne sommes pas du monde -, alors la solution est toute simple : la clef de la terre est à trouver aux cieux, c’est par une foi plus profonde, par une charité plus active, par une espérance plus forte que nous serons à même de vivre notre appartenance à Dieu comme de réaliser notre vocation humaine. Si nous voulons être authentiquement humains alors c’est en appartenant au divin que nous réaliserons le projet de Dieu sur nous, sa volonté de nous libérer et d’aimer, comme cela nous permettra d’être fidèles à notre humanité commune, celle que partagent les croyants et les non croyants.

Il n’y a pas de recette miracle pour doser les choses du ciel et celles de la terre ; croyants ou non croyants, nous sommes à la base des êtres humains, donc faits pour nous entendre et nous accueillir mais nous ne réussirons cela, au moins pour ce qui est des chrétiens, que dans la mesure où sans cesse nous nous « abîmons » dans la connaissance de notre Dieu, dans la révélation qu’il nous procure comme dans notre façon de vivre les vertus théologales : le plus englobe le moins, il le sous-entend comme il le mène à sa réalisation et à son accomplissement. Ainsi donc, Dieu n’est pas l’étranger, il est cet « étrange », ce mystère, celui de l’amour qui rassemble les frères inconnus, étrangers de par le monde et qui nous donne d’être des humains !




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 A César sa part, la part belle & la belle part à Dieu !



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