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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 32 >>   La Sagesse vous aime, et dit « Veillez donc ! »

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La Sagesse vous aime, et dit « Veillez donc ! »

Bordeaux 2011

 

En ligne depuis le mardi 15 novembre 2011.
 
 

Sg 6, 12-16 ; 1°Th 4,13-18 ; Mt 25, 1-13 - Fr Hugues-François Rovarino, dominicain

La finale de l’Evangile est dure : « Veillez, vous ne connaissez ni le jour ni l’heure »... Devrais-je m’écrier : quelle aubaine ! Comme il est opportun de parler sur un fond dramatique ! Une parabole tendre ne serait-elle pas sans intérêt ? De toute façon, parti comme c’était nous pouvions nous attendre à un drame ! A ce qu’il semble, pas de paix divine dans cette perspective ! Seulement de la justice et encore... bien humaine ! Et puis, que de choses surprenantes dans cette histoire, pour ne pas dire des choses peu vraisemblables : pas d’Epouse, mais dix jeunes filles qui devraient lui faire cortège ; un Epoux, mais on ne parle pas à son propos de cortège. un milieu de nuit où il n’est pas question d’Epouse ! une salle où l’on se précipite, alors qu’on aurait du y être la porte qui se ferme pour ne pas se rouvrir, et des paroles que l’on n’aurait jamais voulu entendre... Où est la liesse à laquelle on aurait pu s’attendre ? Où se niche la noce ?

La situation est dure ! Elle est éprouvante. Faudra-t-il trembler jusqu’à être admis dans le Royaume ? Et quand la parabole s’est enfin arrêtée, Jésus lui emboîte le pas et il appuie le ton : « Veillez, car vous ne connaissez ni le jour ni l’heure ».

De plus, en mettant comme enjeu le Royaume éternel, le Seigneur n’a pas lésiné sur la dramaturgie. Il ne laisse pas la place à une simple façon se parler que nous pourrions amoindrir facilement une fois l’attention retombée... Le Sauveur oublierait-il d’avoir pitié ? « Veillez » ; sinon vous entendrez tomber la sentence - comme claque une porte, celle qui ruine toute espérance. Et la condamnation venait avant que pointe le jour : « Je ne vous connais pas ou Je ne sais qui vous êtes ». Comment notre Sauveur put-il faire sienne une telle parole ! Seule certitude : l’Epoux est difficile ! On aurait pu dire « ça promet », mais même de promesse, il ne peut plus être question ! Ce qui peut étonner, c’est que plus l’année liturgique passe, plus le ton devient sentencieux. Plus nous fréquentons le Christ, plus il se fait dur, impérieux. Nous espérions un Sauveur, et voilà, rien de bon.

Qui parle de Jésus a d’ordinaire un autre portrait sous les yeux ! Jésus, on l’imagine guérissant, bon pasteur, plein d’attention, réconfortant, enseignant, mais plein de miséricorde. Quand nous voulons que Dieu nous entende et nous comprenne, nous pensons à ce Jésus-là. Et quand nous le voyons prier, nous savons que c’est pour nous. Quand il portera sa Croix, nous savons encore que c’est pour nous. Quand il mourra en Croix, nous savons que c’est pour nous toujours, voire à cause de nous.

Alors pourquoi voudrait-il tout à coup nous faire peur ? Ces vierges avisées, qu’ont-elles fait de plus ou de mieux qui vienne perturber l’image du Sauveur ? Elles se montrent si parfaites qu’on pourrait se demander si elles ont besoin que l’Epoux veille à elles ! Ne devrait-il pas s’occuper de celles qu’il va précisément rejeter ! L’attitude de Jésus n’est-elle pas un peu facile ? Est-elle digne de lui ? Ces vierges insensées, qu’ont-elles fait de moins ou de pire qui vienne perturber l’image du Sauveur ? Jusqu’à l’empêcher de les sauver ? On connaît le dicton : « qui aime bien châtie bien » ! Mais là, ne serait-ce pas trop injuste ? Ne devons-nous pas être comme des plaintifs fraternels devant la porte du Royaume ? Ne devrions-nous pas intercéder pour ces vierges comme la veuve importune donnée jadis par Jésus en exemple pour qu’enfin le Juge vienne lui rendre justice ! Et cela au nom même de la charité que le Sauveur nous a enseignée ? Alors que le monde nous semble si souvent mal fait, accumulant injustices et maladresses, fallait-il qu’il en soit ainsi en ces dernières paroles d‘un Jésus qui va bientôt donner sa vie ? N’y a-t-il pas contradiction ?

Heureusement, cette parabole nous parvient sur un fond de Sagesse. Et le portrait de la Sagesse dessinée tout à l’heure nous a présenté un visage rayonnant, souriant, paisible, patient. Ce portait bienheureux et opportun, la parabole du Sauveur ne veut en rien le contredire, l’annuler ni le remplacer ? Si le ton de Jésus se fait exigeant, c’est en raison de cette capacité à chercher, à le reconnaître, et au désir de le rencontrer. « La Sagesse se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent ». Mieux encore : « Chaque fois qu’ils pensent à elle, elle vient à leur rencontre ».

Alors où est la solution ? Pas de drame ? Que du drame ? De la sagesse seulement ? Qu’en est-il ? Regardez l’huile : qu’elle était-elle, cette huile dont les jeunes filles avisées se sont pourvues ? Quelle était-elle pour que l’Epoux reconnaisse les jeunes filles et pour qu’il nous reconnaisse comme sut le faire pour elles ? Quelle était-elle surtout pour que l’Epoux semble presque se soumettre à elle, pour qu’elle dirige sa conduite ? Nous sommes désireux de le savoir... Quelle était-elle pour qu’elle ne puisse pas être partagée avec les autres vierges, folles ou insensées ?

En vérité, cette huile est comme le parfum des saints de ces vieillards qui veillaient à notre entrée dans cette immense Salle de Noces, sous les voussures de ces portes que nous avons franchies pour avancer vers les places où le Seigneur nous donne rendez-vous ! L’huile ressemblait à ces prières personnelles nourries de sa présence ! Elle ressemblait à cette présence venue de la rencontre de chacun avec le Seigneur, rencontre qui nous invite à l’action de grâce ! Cette huile n’est-elle pas la nôtre quand nous sommes invités au Banquet des Noces de l’Agneau, pour reposer sur son cœur et pour qu’il repose dans le nôtre ?

Demandons au Sauveur qu’il en soit toujours ainsi pour nous ! Afin qu’au soir de notre Pâque, quand l’Epoux viendra comme ans la nuit de sa Résurrection, il nous trouve attentifs à courir à sa rencontre dans la joie !




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