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Qui mange ma chair.. je le ressusciterai

2 novembre 1997

 

En ligne depuis le vendredi 1er juillet 2005.
 
 

Hier, l’Église nous a invités à contempler l’immense Joie de ceux dont les yeux se sont ouverts : ils ont été illuminés par la Face rayonnante du Père qui les a accueillis les bras ouverts. Nous avons aussi été invités à nous réjouir pour nous : s’il nous a été donné de prendre conscience de Son Amour et d’y répondre quelque peu, avec Jésus le Christ, l’amitié du Père est déjà la grande réalité qui illumine notre vie. Aujourd’hui, c’est l’autre face, plus sombre, celle du départ de nos proches, un jour, du nôtre que nous avons à méditer.

La première lecture nous évoquait ce voile de deuil qui couvrait tous les peuples. C’est un fait que nous essayons d’oublier la mort, mais elle se rappelle sans cesse à nous. C’est la mort des autres si souvent évoquée dans les médias, mais aussi celle de nos proches. Même quand un des nôtres a accompli un long chemin, même si son départ est une délivrance, c’est toujours une grande peine que la séparation ! Que dire alors lorsque la mort frappe une personne en pleine vie, un jeune, un enfant ! Cc que nous avons alors à recevoir de l’Église ne supprime pas notre peine. Mais grâce à la Foi, elle permet à cette peine de n’être pas sans espérance.

Le prophète voyait de loin. Il s’adressait à des exilés : leur pays détruit, leur espérance était morte, leur peuple ne revivrait plus ! Non, le Seigneur enlèvera le linceul, préparera pour tous les peuples un Festin sur Sa Montagne ! Il essuiera les larmes de tous les visages ! Espérer en Lui, mettre en Lui sa confiance : un jour on le constatera, on exultera, on se réjouira, car il nous aura sauvés ! Si le Prophète n’a vu que de loin, Paul a vu Jésus ressuscité ! S’il ne l’a pas rencontré durant sa vie terrestre, celle-ci lui a été racontée par les témoins. Sa Passion lui a été surtout décrite au point qu’il l’a pris pour un imposteur, qu’il a persécuté ses disciples. Quand il l’a vu Vivant, il a compris jusqu’à quel point Il avait pris sur Lui l’aspect ténébreux de notre existence, toute l’atrocité de la souffrance, de l’angoisse devant la mort ! Ressuscité, Il nous fait comprendre qu’en affrontant notre mort, en s’y exposant par Amour, Il lui donne son sens : Elle n’est pas le trou noir, la fin de tout, l’absurde point final à notre existence : elle est le Grand Passage ! Elle est la porte redoutable qui nous ouvre sur les merveilles dont Dieu veut nous combler.

Quand Paul a écrit aux Corinthiens, il croyait encore à un retour proche de Seigneur. Bientôt il s’en sera rendu compte : les perspectives du temps devaient être bien autres. Mais cela n’aura rien changé à la réalité. Ce que nous avons lu est la fin d’un long chapitre où à nous rappelle que notre résurrection est liée à celle du Christ. Sil a traversé notre mort avec son amertume pour entrer dans l’immense joie de son Père, c’est pour nous entraîner avec Lui : cc qui est périssable en nous deviendra impérissable. La mort a été engloutie dans la victoire de son Amour ! Rendons gloire à Dieu qui par Lui nous donne la victoire ! Cette certitude notre Foi n’empêche pas que nous redoutions la mort et son cortège de souffrances ! Mais Lui, notre mort, Il l’a prise sur Lui, et devant sa perspective, Il a tremblé ! Lorsqu’elle frappe avant l’heure et fauche une vie qui en était encore à porter tant de promesses, il nous semble que c’est un terrible gâchis ! Est-ce que ce n’a pas été l’impression des Apôtres lorsque la mort de leur Maître a semblé étouffer dam l’oeuf toute son oeuvre ? Au Vendredi Saint comme à l’heure de nos morts, c’est l’heure des ténèbres, et il semble que triomphe le néant. Mais tout le sens de notre rassemblement en Église n’est-il pas de nous laisser illuminer par la proclamation de la Résurrection ? S’Il a voulu se faire le Pain qui donne la Vie, n’est-ce pas pour que, prenant sur Lui notre mort, Il en fasse avec Lui le passage vers la Vie ? Bien sûr, manger Sa Chair, boire Son Sang ne peut se réduire à accomplir le geste de la communion ! Nous ne nous nourrissons de Lui qu’en vivant ce geste dans la Foi en Lui. Et cette Foi nous engage et à rendre grâces au Père pour l’amour dont il nous enveloppe, et à partager ses sentiments, mettre en pratique son Secret de bonheur. Là nous rejoignons l’évangile du 31e Dimanche que nous n’aurons pas lu, mais que nous connaissons bien : le grand commandement est celui d’aimer Le Seigneur de toutes ses forces, et son prochain comme soi-même. C’est ce qui nous met en communion avec le Père, l’amorce de cette Vie éternelle de laquelle Il veut nous réjouir en nous faisant déjà vivre son amitié !

Mais si nous nous réjouissons de la splendeur dont le Seigneur a revêtu les saints, souvenons-nous-en : si leur vie a été remplie d’un grand amour, ils rendent grâce pour l’infinie miséricorde dont ils ont été. l’objet. Certains en ont été puisés de leur abîme. En ce qui concerne les nôtres comme un jour nous-mêmes, et aussi tous ceux dont nous apprenons chaque jour la mort, la vérité nous oblige à dire que, de cet amour, nous sommes bien loin ! Alors, au sentiment d’une grande confiance dans le projet d’amour du Seigneur sur nous, se conjugue celui de notre indignité face au don dont Il veut nous combler ! Certains ont été effrayés du jugement de Dieu ! C’est un sentiment qui a largement prévalu à d’autres époques. Mais souvenons-nous que le Seigneur n’est pas un Maître qui épierait nos manquements, mais un Père navré de nos misères et qui ne désire que notre joie ! Il ne nous voit que tous unis en son Fils venu se faire l’un dos nôtres. Il ne nous sauve pas individuellement, mais unis les uns aux autres : c’est la Communion des Saints. C’est le sens de notre assemblée liturgique en ce jour : si nous nous portons mutuellement dans la Prière, si nous nous unissons de toute notre ardeur au Seigneur Jésus qui nous a aimés jusqu’à partager notre mort, nous obtenons pour les nôtres l’immense joie ! Ils seront si heureux de la partager un jour avec nous. Que le Seigneur nous donne, comme ils l’ont fait, par la foi et l’eucharistie, de vraiment manger sa chair. Alors, ensemble, au dernier jour, ils nous ressuscitera et nous fera entrer dans l’immense jubilation : nous nous réjouirons, il nous aura sauvés !




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