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Il y avait à la Sorbonne...

Fête de saint Thomas d’Aquin, Marseille 28 janvier 2012

 

En ligne depuis le mercredi 15 février 2012.
 
 

Frères et Sœurs, Il y avait à la Sorbonne, dans les premières années du XXe siècle, deux étudiants, qui étaient fiancés et qui étaient fort déçus par l’enseignement qu’ils recevaient dans cette célèbre Université : tout était positivisme, scientisme, matérialisme, athéisme ; quant à la possibilité même d’une vérité quelconque, elle était exclue définitivement. Ces deux étudiants, Jacques Maritain et Raïssa, aux exigences intellectuelles très grandes, étaient désespérés, on dit même qu’ils songèrent un moment à mettre fin à leurs jours puisque la vie n’avait aucun sens. Heureusement qu’un jour un nouveau professeur se présenta, Henri Bergson : celui-ci leur révéla qu’il existait des valeurs spirituelles et que la vérité, même divine, était envisageable comme possible. Ce fut alors le début de leur conversion.

Il y eut alors pour eux une nouvelle rencontre, amicale et providentielle, celle de Léon Bloy, un catholique convaincu, qui leur révéla le message du christianisme. Ces rencontres les conduisirent au baptême.

Eclairés par la foi chrétienne ils ne voulaient plus entendre parler de philosophie et ni de ces philosophes qui les avaient tant égarés et fait souffrir ; mais il restait quand même le problème du rôle de la raison. C’est alors qu’ils firent une autre rencontre, celle du dominicain, le Père Clérissac qui leur conseilla de lire les œuvres de saint Thomas d’Aquin.

Raïssa raconte que le jour où elle ouvrit pour la première fois La Somme théologique de saint Thomas d’Aquin elle était fort impressionné et émue. Elle avait entendu tant de choses contre la scolastique dont l’auteur devait être réduit en poussière, et dont l’enseignement pendant des siècles avait été si décadent et réduit souvent à un rabâchage de propositions non vraiment comprises ni bien assimilées.

Pour eux cette lecture de saint Thomas fut une découverte, une irruption de clarté, un éblouissement, la lumière entrait à flots dans leurs intelligences. Car un problème pour eux était resté en suspens et voilà qu’ils voyaient la solution grâce à St Thomas : Ils possédaient bien maintenant les vérités de la foi, mais quel lien y avait-il entre ces vérités et toute l’activité de la raison et des lumières naturelles de l’intelligence : y avait-il encore place pour la philosophie ?

Chez saint Thomas il découvrait ce qu’ils appelleront la « sainteté de l’intelligence », la présence lumineuse du rôle de la raison dans l’exploration des vérités de la foi chrétienne et la légitimité de l’existence d’une philosophie du rôle de la raison naturelle. Cela avait été le grand combat de St Thomas en son temps au milieu du XIII siècle, un combat douloureux puisque saint Thomas connu des condamnations de son enseignement. Thomas en effet avait fait une bonne place à la philosophie dans le travail théologique afin de pouvoir mieux apprécier et comprendre certaines vérités de la foi. Il avait même fait bonne place au philosophe païen Aristote ce qui, à l’époque, fit l’effet d’un scandale à l’Université de Paris.

Voilà donc que le couple Maritain bénéficiait du combat de saint Thomas et découvrait grâce à lui la possibilité et même la nécessité de la philosophie pour accompagner le travail théologique. En ouvrant la « Somme théologique » Jacques et Raïssa rencontrèrent tout d’abord le traité sur Dieu.

Dès son enfance saint Thomas s’était interrogé sur Dieu : Qui est Dieu ? Et il continuera cette interrogation toute sa vie ; Un mystère reste un mystère même si on l’approfondit sans cesse. Quid est Deus ? C’est le titre de sa troisième question dans son étude sur Dieu : « Qui est Dieu », « Qu’est-il ? ». Dieu avait de nombreux attributs, mais avant tout : Dieu est Esprit.

Et voilà qu’ils découvrir aussi que Dieu s’était révélé en se faisait proche de l’homme, en Jésus-Christ il s’était fait notre prochain : cela Aristote n’aurait jamais pu l’imaginer, mais, pour lui, la destinée de l’homme c’est bien quand même que l’homme atteigne sa finalité, le principe était bon. « Parvenir à Dieu » sera l’œuvre du Christ en nous, car par nos seules forces c’est impossible.  « Homo per gratiam dilector Dei afficitur », « Par la grâce, l’homme est devenu capable d’aimer Dieu, amoureux de Dieu ». L’irruption de la doctrine de saint Thomas chez les Maritain manifestait son actualité, sa capacité « d’agir », l’actualisation possible de saint Thomas à toutes les époques.

Le pape Léon XIII, à la fin du XIXe siècle, avait invité l’Eglise a redécouvrir ce grand docteur de l’Eglise et il avait demandé aux Dominicains de préparer une nouvelle édition de ses œuvres. Le cardial Mercier et bien d’autres participèrent alors à ce renouveau de l’étude de saint Thomas. Au XXe siècle, ce sont deux laïcs qui seront comme les pionniers de cette redécouverte : Jacques Maritain et Etienne Gilson. L’un et l’autre entrainèrent bien des penseurs de notre époque, dont beaucoup de Dominicains, à mieux étudier et à mieux situer st Thomas. Ces deux pionniers et leurs disciples respectifs, eurent leur manière propre d’aborder les œuvres du grand Docteur : l’un privilégia l’aspect spéculatif de son œuvre et l’autre son aspect historique.

« Frère prêcheur », fils de saint Dominique saint Thomas fut un contemplatif qui ne cessait de prier, d’étudier la parole de Dieu et de partager aux autres les fruits de sa contemplation. Dans son enseignent, St Thomas commenta l’Ecriture Sainte, puis les écrits d’Aristote qu’il commenta et critiqua aussi, mais, disait-il « Toute vérité, d’où qu’elle vienne vient de l’Esprit Saint ». Une telle attitude d’esprit ouvrait la porte à toutes sortes de dialogues où la recherche de la vérité est première et où l’on a donc confiance dans les vérités que les autres ont pu découvrir.

On a fait de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus la patronne des Missions, bien qu’elle n’ait jamais quitté son Carmel : on peut reconnaitre aussi en saint Thomas, un grand « missionnaire », car par son enseignement il a formé bien des intelligences chrétiennes et soutenu bien des prédicateurs de l’Evangile à travers les siècles, répandus aux quatre coins du monde. Plusieurs des écrits de St Thomas sont des réponses à des problèmes rencontrés par ses frères dominicains au cours de leurs apostolats : dialogue avec les musulmans, avec les juifs, avec les orthodoxes et dialogue avec la philosophie d’Averroès alors dangereusement présente à l’Université de Paris. Disciple de Jésus-Christ, saint Thomas fut cette « lumière » que le Seigneur a aimé voir être posée sur un « lampadaire » afin qu’elle éclaire l’Eglise et le monde, et qu’ainsi la vérité de Dieu fasse la joie de tous ses enfants. Amen




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