Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Carême >> Rameaux >>   L’âne de Jésus

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8243 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7406 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7302 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6594 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6205 visites

L’âne de Jésus

Montpellier 2012

 

En ligne depuis le jeudi 5 avril 2012.
 
 

Pourquoi donc Jésus entre-t-il à Jérusalem sur le petit d’une bête de somme ? Un ânon ?

Ce n’est certainement pas anodin. Et cette scène nous dit quelque chose de Dieu : Jésus qui est acclamé, reconnu comme fils de David, comme Roi d’Israël, aurait pu choisir d’entrer sur un char ou à cheval, mais il entre simplement sur un âne : c’est la simplicité et l’humilité de Dieu qui est dite ici. Dieu est simple. Dieu est humble. Jésus est un roi pauvre, un roi ascète, il n’est pas un roi du monde. Sa richesse est dans cœur, dans son être : il est le Fils de Dieu. Qui plus est, en montant sur un âne, Jésus apparaît comme un roi apportant la paix : il ne veut pas la guerre, il ne veut pas de guerre contre le gouverneur, contre les chefs des prêtres, contre tel ou tel courant théologique, il vient en homme de paix. Il n’arrive pas en armure sur un cheval mais sur un âne, plus encore sur un ânon. Et montant sur un âne, Jésus s’inscrit aussi dans la lignée des prophètes bibliques, pensons aux ânesses perdues de Samuel, pensons à l’ânesse de Balaam...

Oui, mais quand même il choisit un âne... Or, dans la culture méditerranéenne, l’âne n’a pas très belle réputation. Il est le symbole de l’ignorance, de l’obstination, de la paresse et même parfois de la méchanceté ! Sur bien des points d’ailleurs, nous partageons nombreux de ces attributs. Car que connaissons-nous vraiment de Dieu ? Et comme notre propension à faire le contraire de ce qui nous est demandée est grande ! Pourtant, comme il est dit dans l’Évangile, « le Seigneur en a besoin ». Et remarquez que l’âne c’est laissé faire. Je crois que par cette arrivée de Jésus sur un âne, il nous dit aussi quelque chose d’assez étonnant : « Le Seigneur a besoin de nous ». Car cet animal un peu paresseux, têtu, borné, qui veut faire ce qu’il a envie de faire, et qui est donc souvent comme nous... Jésus en a besoin et donc c’est comme si Jésus nous disait : « j’ai besoin de toi ». C’est paradoxal, car en général, c’est nous qui avons besoin de Dieu. Par nos prières de demandes, nous supplions d’apprendre à pardonner, d’apprendre à aimer, nous demandons au Seigneur ne nous donner la guérison, le courage, la force, de retrouver la joie quand nous sommes meurtris par tant de soucis... Mais aujourd’hui, c’est le Seigneur qui dit : j’ai besoin de toi. Et il a besoin de nous pour entrer à Jérusalem, Yerushaláyim, Yieru shalom, la demeure de la plénitude, la ville de la Paix, pour annoncer cette paix, pour annoncer son mystère de Pâques ; il a besoin de nous pour porter sa croix, comme Simon, pour attester comme le centurion : ‘‘Jésus est vraiment le fils de Dieu’’.

Et vous voyez que cet âne se laisse faire. Nos passions sont parfois dispersées, désordonnées. Jésus dit à ses disciples : ‘détachez-le’ : lui qui s’avance vers sa Passion nous détache, non de nos passions, car les passions sont bonnes, mais du désordre auxquelles elles peuvent conduire pour nous rendre libre de le servir.

Qu’a-t-il donc vu cet âne en entrant à Jérusalem ?

Il a vu la générosité des disciples, qui suivent les ordres du Maître.

Des hommes qui rendent hommage à Jésus en signe de reconnaissance, qui étendent leurs vêtements le long de la route, qui coupent des branches d’arbre non pour construire une arche, comme au temps de Noé, mais pour les jeter sous les pieds du Nouveau Noé, du Sauveur, Jésus. Il a vu des hommes et des enfants qui chantent Hosannah, ce qui veut dire « sauve-nous... » Jésus est bien acclamé comme un roi qui apporte le salut de Dieu, et comme la présence même de ce salut : en Jésus, Dieu sauve, et il sauve maintenant. Il a vu l’allégresse de ces hommes et ces femmes.

Mais il a vu aussi qu’une fois dans Jérusalem, Jésus rencontre le rejet ou l’indifférence des prêtres et il s’en retourne au Mont des Oliviers. Il a vu aussi l’inconstance même de la foule : aujourd’hui, elle est toute feu toute flamme, demain ils ne se souviendront plus de leur acclamation, et c’est le nom de Barabbas, pourtant un bandit, qu’ils vocifèreront et non celui de Jésus ! Il y a des phénomènes de modes. C’est pareil avec la foi... on s’enthousiasme, et puis on perd le feu... et puis, on va voir ailleurs. L’inconstance de l’homme à l’égard même de Dieu... l’inconstance et l’infidélité... Voilà ce qu’il a vu le petit ânon.

Et qu’aurait-t-elle donc vu notre bête de somme de ce jour en entrant dans cette église ?

Elle aurait vu des hommes et des femmes qu’on ne voit pas souvent à l’Église, mais ils étaient là aujourd’hui. On dit que les rameaux cela porte bonheur... alors ils sont venus chercher leur porte bonheur. Et ils ont bien fait. Il y a juste une petite chose, c’est que ce n’est pas le rameau qui porte bonheur. Il n’y a que Dieu qui apporte le bonheur. Cependant, si ce rameau te le rappelle justement, alors tu as bien fait de venir le chercher !

Il aurait vu des hommes et des femmes qui sont entrés, comme lui, dans cette église. Il aurait vu des hommes et des femmes prêts à se mettre, comme lui, au service de Jésus, prêts à recevoir Dieu, mais plus encore que lui, pas seulement à le porter sur leur corps, mais à le porter dans leur corps (1 Cor 6, 20). Des hommes et des femmes venant communier pour être des tabernacles vivants.

Vers la Passion

L’âne de Jésus et celui d’aujourd’hui ont vu toute l’humanité, dans ses actes dans ses pensées, dans son inconstance, dans son espérance, dans ses doutes, dans ses peurs, dans sa faiblesse, dans son service, dans son reniement, ils ont tout vu ! Tout ! Nous allons entendre le récit de la Passion. Il récapitule tout. C’est en effet toute notre histoire que Jésus porte sur la Croix, qu’il emmène avec lui dans la victoire de sa Pâque, de la Jérusalem qui ne connaît pas encore la Paix, à la Jérusalem céleste, la Jérusalem sainte qui est la demeure de la Paix.




2387 affichages
 

 L’âne de Jésus



Untitled Document