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La Vérité pour tout Bagage...

Noël 2002, Monastère dominicain de Paray-le-Monial

 

En ligne depuis le jeudi 13 septembre 2012.
 
 

Le Mystère de Noël

Chère Sœurs, Chers Frères,

L’expérience vous aura confirmé ce vieux principe : « Les vérités que l’on tait deviennent vénéneuses ». Ce qui est vérifié par la vie des peuples brille aussi dans la vie chrétienne, et dans la « vie commune » : « les vérités que l’on tait deviennent vénéneuses » - c’est-à-dire : celles que l’on néglige, les vérités premières dont on ne veut pas tenir compte ! Ainsi, si vous n’aviez pas reçu dans votre cœur la page proclamée à l’instant, le Prologue de l’Evangile selon saint Jean, vous ne pourriez pas vivre. Tout simplement ! Que disait-elle ? - « Au commencement était le Verbe,... et le Verbe était Dieu... A tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom. Le Verbe s’est fait chair ; et il a habité parmi nous... De sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce... » [Jean 1,1...18]. Cela n’est pas abstrait, ni rêvé. Ne pas tenir compte de ces vérités les plus radicales qui soient, nous ferait désespérer de ce temps, de nos jours, de ce que nous faisons ici ! Au-delà du charme de Noël qui peut motiver un certain attrait, notre fête aurait peu d’intérêt, si nous ne prenions en compte ici sa réalité. C’est une des raisons évidentes qui font que cette méditation est une Nouvelle bonne et heureuse. Une source calme et sûre ! Après le temps de la préparation que nous a offert l’Avent, nous prenons du recul, un peu comme dans certaines prises de vue. Nous allons plus large et nous approfondissons, à la fois. Ainsi la méditation selon saint Jean n’est-elle pas abstraite : elle donne la vie. Elle nous fait revenir sur l’événement de cette nuit : « Le Verbe s’est fait chair » ! Cette page dit toute la plénitude de la vie véritable, celle du Sauveur qui vint ; et celle qu’il transmet : nous voilà « enfants de Dieu ». Nous scrutons l’au-delà du quotidien : et c’est le plus vrai de nos vies ! La joie de cette nuit de Noël nous y a préparés. Nous connaissons notre Sauveur ; et, par lui, nous savons qui nous sommes. Notre cœur est ouvert ; disposé à accueillir la grâce ! Mieux à la saisir - car il fut saisi par elle. Et à devenir ce qu’elle veut de nous ! Mais cela se réalise parce que nous avons entendu ces paroles de l’ange : « Aujourd’hui, vous est né un Sauveur ! » ; et parce que nous y avons cru. Aller vers le Seigneur, le reconnaître comme Sauveur venu en ce monde, « pour nous les hommes et pour notre salut », n’est pas ordinairement possible hors de notre quotidien visité par la grâce. Nous étions prévenus par les psaumes : « Seigneur, fais nous compter nos jours ; que nous venions de cœur à ta sagesse ». Ce que l’on a dit des paroles de l’Evangile, nous pouvons le croire aussi de cette ouverture de la Lettre aux Hébreux : si on taisait son message, on perdrait le message du Sauveur. En même temps, on perdrait de vue le sens et la place de notre personne humaine. Car il s’agit d’un message d’une ampleur qui n’est pas humaine : « Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles. Resplendissement de sa gloire, effigie de sa substance, ce Fils qui soutient l’univers par sa parole puissante, ayant accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs. » par ce message, nous accueillons l’essentiel de la vie des hommes et de l’univers. Aussi étonnant que cela puisse paraître à nos contemporains, il y a dans ces mots la révélation totale de notre histoire ; toute la saveur de ce monde, de la valeur de cet univers, de l’ampleur de la venue du Sauveur. Et les « enfants de Dieu » ont avec ces lignes une lumière supplémentaire : ils voient la confirmation de leur confiance en Dieu. Le Sauveur a créé les siècles comme les univers. Celui qui « s’est fait chair » est aussi celui « qui soutient l’univers par sa parole puissante ». Nous répondons par notre foi, et par le don total et fidèle de nous-mêmes, à Celui qui s’est révélé et qui nous donne tout ce qu’il peut nous transmettre : son but consiste en ce que nous accédions à Dieu, à Lui ! L’échange est merveilleux ! Mais ce merveilleux n’est pas comme celui des légendes, ni des contes ! (Et Dieu sait si nous les aimons !) Il n’est pas non plus comme dans la mythologie où les dieux ont des sentiments trop humains. (Et Dieu sait si nos contemporains essaient d’y regarder de près, de comparer !) Désormais, il n’y a plus des dieux qui sont à l’image de l’homme ; mais l’homme sait qu’il est « à l’image de Dieu » ! Désormais l’homme vit dans ce temps, sachant aussi qu’il est promis à l’immortalité ! La rupture qu’Abraham annonça par sa foi ; la rupture que Moïse prophétisa par la Loi. Désormais encore, l’homme sait qu’il est le « Très-proche » du « Très-Bas » si « la grâce et la vérité » ont en son cœur - et spécialement par le baptême - la place que Jésus-Christ vient y donner ! Tout cela change l’existence ; et changea la vôtre existence ! Tout cela justifie ce moment de recueillement. D’ailleurs le rassemblement intérieur n’est-il pas le sens premier du mot « religion » ? Qu’il n’y ait pas de méprise : tout cela ne ruine pas les capacités de l’homme ; mais les décuple et les affine ! « Les vérités que l’on tait deviennent vénéneuses » ; car elles nuisent à l’admiration, à la contemplation, au pèlerinage vers Dieu et en soi-même. Mais la vérité essentielle : « le Verbe s’est fait chair » engendre à la Vie ; et cette vérité-là nous appelle à Dieu. D’autant mieux qu’elle peut être aujourd’hui accompagnée des mots de saint Paul qui résonnent plus fortement entre les murs d’un monastère : « Ta grâce me suffit ».

- fr Hugues-françois Rovarino OP -




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