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Jésus l’Incompris nous appelle

En ligne depuis le mardi 25 septembre 2012.
 
 

Jésus l’Incompris nous appelle. Peu à peu, un visage de Jésus apparaît. La liturgie nous le livre au long de l’année, comme Jésus lui-même s’est livré : dans la pédagogie de Dieu, lentement, parfois avec surprise, toujours avec charité. Les situations déconcertantes de Jésus sont aussi des aides offertes. « Par Lui, avec Lui et en Lui », Dieu parle et se livre. Sa révélation se déploie par gestes et mots, par liturgie aussi.

Souvent, dans l’Evangile, nous faisons plus attention à des scènes qu’à des mots.

Pourtant, aujourd’hui, la deuxième annonce de la Passion se caractérise par un mot : livré ; « le Fils de l’homme est livré ». Nous recueillons cette annonce, comme les Douze l’ont recueillie : avec incompréhension, et en même temps, en faisant attention à elle, à son origine ; elle qui vint, issue de la bouche du Très-Haut, le Maître et Seigneur. Ce mot nous est donné comme une aide, comme une des marches d’un escalier par lequel le Sauveur vient vers nous, pour offrir sa grâce, nous prendre sur ses épaules et nous ... sauver, nous offrir l’accès à la communion éternelle et jubilante avec lui, avec Dieu. Et il le fera en se livrant. Il le sait. Il le dit.

Enfance, maturité, plus de trente années ont passé, qui ont suivi l’humaine croissance de Jésus-Seigneur. Appels de disciples, gestes inattendus, miracles opérés, proclamations surprenantes, prédications avec autorité, consolations et proximité, tout cela a manifesté le Jésus auquel nous avons été finalement habitué. Certes, il y eut parfois des aspects troublants ou provocants ; mais l’habitude a cependant réussi à faire sa place. Pour certains chrétiens, Jésus n’étonne plus ; ce qui sans doute est la chose la plus triste qui soit. Or, l’habitude en ce qu’elle est une banalisation, est inadaptée dans une relation fidèle à Dieu ! La rouille de l’habitude, c’est la rouille corruptrice de tout amour et de la vie de la foi ! Banaliser l’indicible, peut-être était-ce l’espoir de Satan !

Et puis voilà soudain que quelque chose bloque ! Coup sur coup, des paroles choquent vraiment ! Le Jésus qui avait été surprenant, convaincant, entrainant, devient l’Incompris ! Oui, l’Incompris ! Notre liturgie en rapprochant les deux annonces par Jésus de sa Passion, vient grossir une fracture immense que Dieu seul peut réparer. L’incompréhensible surgit, comme si une loupe en grossissait l’effet. Et c’est heureux. Il n’est plus alors question comme d’habitude d’interpréter la Loi, de guérir des malades ou d’enseigner des disciples. Enfin, la confidence de Jésus fait éclater des catégories où nous serions prêts à le réduire. « Le fils de l’homme est livré aux mains des hommes », annonçait Jésus. Jésus est livré comme il appelle les Douze, Souverain en ces deux moments. Livré, ce mot cristallise Jésus de son Incarnation jusqu’à la Croix. Stupéfaits par cette lucidité devant la Passion, stupéfaits comme les Douze, allons-nous alors nous taire, attendre, avant de repartir dans des supputations stériles, comme celle d’avoir la meilleure place ? Allons-nous fuir la route que Jésus dessine parce qu’elle ne conviendrait pas à nos pauvres regards ?

La Liturgie a aujourd’hui une grâce d’accumulation : elle fait se succéder des annonces par Jésus de sa Passion. Et cela doit produire un effet en nous. La 1ère annonce a étonné Simon et l’a fait bondir ; au point qu’il a manifesté le pécheur et même le péché qui était tapi en lui, coupant la parole à Dieu. Et Jésus aura pu le traiter de Satan ; car Simon ne parvient pas à écouter Jésus dans la plénitude de son propos. Ce n’est pas affaire d’oreille, mais affaire de cœur ! Il n’est pas sourd, et pourtant, il n’entend pas ! Bien sûr, nous pourrions nous étonner de ce problème, dire que les disciples se trompent ; et protester devant une telle surdité. Mais ce serait oublier que nous leur ressemblons souvent. Pour que notre Foi grandisse, s’approfondisse et scrute Jésus tel qu’il se révèle et tel qu’il se livre et nous échappe, il faut sûrement qu’il se manifeste un jour en nous comme l’Incompris.

Aujourd’hui, l’incompréhensible s’impose : c’est notre chance. En nous heurtant, il nous réveille ! Et nous devons nous interroger. Notre foi a là sa vraie place : Jésus ne peut plus être limité à une habitude, à un registre conventionnel. Les apôtres l’avaient perçu, puisqu’ils craignaient de l’interroger !

Et qu’en est-il de notre côté ? Jésus est livré ! Mieux, il se livre pour nous. La lucidité du Seigneur ne supporte que le présent de ce verbe. Jésus accepte d’être passif « pour nous les hommes et pour notre salut. » Et d’un mot, il aura franchi un abîme ! En en prenant toujours nous-mêmes mieux conscience, cela a-t-il des répercussions dans notre existence ? Comme un retour plus constant vers l’Evangile ? Ou des choix tenant compte de la conscience et de la foi chrétienne ? Un temps accordé à la prière ? Ou encore comme notre acceptation de la dimension prophétique de notre vie, serait-ce inconfortable ?

Certes, nous le faisons tous d’une façon ou d‘une autre... Mais pour aider cela, et pour se faire comprendre, la liturgie ajoute à cette annonce, un geste : un enfant nous est donné. Sa désignation devant les disciples clarifie le langage. Ce geste dira tout de notre condition : une dépendance ! Le visage de Jésus avait paru ; restait le nôtre. Et cela se concrétisera, dans l’humble image de la dépendance, celle d’un enfant placé par Jésus devant ses apôtres. En ces semaines des commencements, accueillons le geste de Jésus et sa parole, pour avoir part à sa vie. Puissions-nous accepter qu’il en soit ainsi, et que livré pour nous, Jésus soit désormais plus que le phare scintillant de nos nuits, mais ce guide dont la liturgie nous transmet la révélation nourrissante. Que dans cette dépendance d’une enfance spirituelle, grandisse pour cela notre humilité.

Et Jésus incompris aura suscité la croissance de notre foi. Suivons-le, il nous appelle !




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