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Préférées de Dieu

11 novembre 2012

 

En ligne depuis le lundi 26 novembre 2012.
 
 

Frères et sœurs,

Le pauvre prédicateur qui prend la parole après l’évangile ne se fait guère d’illusion : il ne restera pas grand-chose de son homélie à la fin de la messe... alors que dire de la fin de la semaine ou de la fin du mois !

On pourrait, tant bien que mal, se rassurer. Mais ce sont des proches qui nous rappellent à la dure réalité. L’an dernier, comme bien souvent, pour l’Assomption, je prêchais dans une paroisse corse pour la 4ème année consécutive. Et je faisais part à une amie, paroissienne du lieu, de ma difficulté pour trouver du nouveau, sur les mêmes textes, une 4ème fois. Elle m’a dit : « Ne vous inquiétez pas, frère, vous pouvez dire ce que vous voulez. De toute façon, on ne s’en souvient pas des autres homélies ! ». Nous voilà rassurés... et encouragés.

Et pourtant, il faut bien reconnaître que certaines homélies ont eu le don de nous toucher. Et ce n’est pas une semaine, un mois, mais des années après que l’on s’en souvient et qu’elles viennent résonner à nos oreilles comme si elles venaient d’être prononcées ! Et c’est le cas pour moi, aujourd’hui avec ces textes que j’entends presque avec émotion.

C’était il y a 12 ans, dans l’église du couvent dominicain de Bordeaux. Un vieux frère, hollandais, qui a rejoint le Père depuis, avait pris la parole. Au tout début de son homélie, il nous avait rappelé que nous aimons tous la fête des mères et celle des pères. Et il proposait de baptiser ce dimanche la fête des veuves ! Pure provocation ? Peut-être. Le fait est que nous l’avons écouté docilement, intrigués...


C’est vrai qu’aujourd’hui deux veuves sont à l’honneur. Celle de Sarepta, une païenne. Et celle qui vient déposer son obole dans le Temple. Nous ne saurons jamais rien sur cette dernière sinon qu’elle « a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Et Jésus fait son éloge.

Pourquoi ces deux femmes nous sont-elles données en exemple ? Peut-être pour nous rendre attentifs à ceux qui ont perdu leur époux, leur épouse. On mesure peu la souffrance occasionnée par une telle séparation et l’on est bien démuni face à cette peine que rien ne peut atténuer sinon le temps, beaucoup de temps. Peut-être est-ce aussi pour nous rappeler qu’il faut prendre soin des plus faibles. Vendredi dernier, ici-même, je vous demandais de prier pour la France alors que des lois sur le mariage homosexuel et l’adoption par des personnes de même sexe vont être présentées ces prochains jours. Monseigneur Vingt-Trois, cardinal archevêque de Paris, a pris courageusement et vigoureusement la parole contre ces lois non pas contre des personnes, mais pour la défense des enfants, des tout-petits ! Peut-être, enfin, ces veuves nous sont-elles données en exemple parce qu’en elles se déploient parfaitement les vertus théologales dont j’avais eu l’occasion de parler il y a deux semaines, dans cette chapelle.


Ce sont deux femmes de foi. Elles sont choisies par Dieu pour une mission de générosité. Elles sont celles que l’épreuve affermit dans la foi, celles qui ont atteint par leur douleur les rives d’un monde plus serein, peut-être. Cette épreuve qu’est la perte de leur moitié, si elle ne peut être dépassée, est une invitation à s’en remettre totalement à Dieu, à approfondir et à purifier leur foi.
Ces veuves deviennent pour nous le visage de la foi.

Ce sont deux femmes d’espérance. Dirais-je que c’est un pléonasme ? Les femmes -je ne vous apprends rien et la nature est ainsi faite- savent ce que c’est que la vie. Nous avons tous bien noté qu’aujourd’hui ce sont des veuves -et non des veufs !- qui nous sont données en exemple. Les femmes savent quand vient la vie et quand elle part. Elles savent le prix de la vie. Et elles restent là, à espérer contre toute espérance, quand les hommes ont souvent abandonné le navire. Ne nous leurrons pas : c’est bien une femme qui reste debout au pied de la croix quand tous les disciples, sauf un, se sont enfuis. Quelle leçon nous est donnée ! Et là, au pied de la croix, c’est le fruit de ses entrailles qui lui est arraché. Mais elle est debout, présente et aimante.
Ces veuves deviennent pour nous visage de l’espérance.

Ce sont enfin deux femmes de charité. A l’instant je disais qu’elles ont été choisies pour une mission de générosité. L’une comme l’autre donne tout ce qu’elle avait pour vivre. Et la veuve de Sarepta dit d’ailleurs qu’après avoir tout donné il ne lui restera plus qu’à mourir. La leçon qu’elle donne, tout comme celle de la veuve qui dépose son obole dans le temple, est belle : une fois que l’on a tout donné, que l’on s’est tout donné, il ne reste plus rien à faire. Tout est accompli.
Ces veuves deviennent pour nous visage de la charité.


La foi, l’espérance et la charité.
Ça ne fait pas de bruit, comme ces veuves.
C’est souvent dans les larmes, comme ce fut souvent le cas pour ces veuves.
Cela donne du prix à la vie et le Seigneur le sait. Il les regarde avec amour, les préfère et c’est très bien ainsi.

Frères et sœurs, voulez-vous être les préférés de Dieu ?
Il nous donne aujourd’hui ces deux femmes en exemple. Suivons-les !
Amen.




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