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Il y a des mondes qui rêvent de la gloire

En ligne depuis le mercredi 28 novembre 2012.
 
 

Dn 12,1-3 ; Mc 13,24-32

Lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour la vie et déchéance éternelles.

Il y a des mondes qui rêvent de la gloire, il y a des civilisations qui chantent leur naissance, il y a des cultures fascinées par leur mort. Où sa placera la nôtre ? Un petit test : quand avez-vous vu pour la dernière fois un film sur les origines - de l’Europe, de la France, du monde ? Et le dernier film catastrophe ? Combien de fois avons-nous contemplé les grandes cités balayées par des vagues, détruites par des explosions, anéanties par des épidémies ? Il semble que les songes artificiels de notre temps soient hantés davantage par le néant que par l’attente de la nouvelle naissance. Certes, nous sourions gentiment en entendant parler du calendrier maya qui touche à son terme, mais quand même nous continuons en parler. La fin des temps semble être dans l’air, mais rares sont ceux qui l’envisagent avec le regard biblique.

Le mot même de l’Apocalypse désigne maintenant l’horreur et la détresse ; et pourtant il s’agit d’une immense espérance. La venue dans la gloire du Fils de l’homme révèle la valeur définitive de tout le bien présent dans notre histoire, elle nous libère à jamais de toute emprise du mal et de la mort. Cela nous renvoie, d’une manière vertigineuse, à la vérité de notre existence.

Quelle est mon identité la plus profonde, mon amour le plus fort, mon désir le plus cher ? Si ma vie c’est le Christ, alors sa manifestation fera ma joie éternelle. Si ma vie, c’est le monde, alors avec son passage je perd tout. Mais comment le savoir ? Qui peut lire dans le cœur de l’homme, sinon Dieu seul ? Il m’est possible d’user des mots les plus nobles pour imposer ma volonté propre, il m’est possible de faire le bien sans relâche sans jamais le revendiquer.

Entendons cette promesse de Jésus : le Fils de l’homme enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel. Aucun de ses enfants ne sera abandonné. Plus encore, aucun acte de bonté, aucune demande de pardon, aucun soupir secret vers la beauté inaccessible ne sera perdu. Lorsque l’Église, pauvre et vigilante, accueillera le retour de son Époux, elle lui présentera tout le bien que l’humanité portait en son sein souvent à son insu, toute la beauté, cachée ou manifeste, tout désir de la vérité et de justice, et le Christ recevra dans cette offrande son bien propre, car c’est lui qui en est la source. Son Esprit œuvre sans cesse dans le cœur de tout homme afin de l’unir, de manière que Dieu seul connaît au mystère pascal du salut (cf. Gaudium et spes 22). Devant l’effroi de l’épreuve finale ayons confiance dans la fidélité de Dieu, car c’est elle, et non pas notre perfection, qui nous sauvera.

La venue glorieuse du Christ ne sera pas le fruit de notre industrie. Il n’y aura pas de triomphe historique de l’Église qui se prolongerait en ligne continue dans la gloire céleste. Bien au contraire, l’Écriture nous parle du grand abandon, d’un déchirement tragique de notre histoire, des immenses puissances qui se dressent contre Dieu et contre son Christ et qui entraînent dans leur chute ceux qui se confient dans les princes de ce monde. La marche de l’histoire n’est pas dans la vision biblique un progrès constant vers le bien, mais un jugement permanent qui exige de nous vigilance et discernement. De soi, la nouveauté ne justifie rien. Nous ne sommes pas plus saints que nos pères. Le progrès moral dans un domaine peut aller de pair avec une régression dans l’autre. Notre puissance technique grandit, cela est certain. Nous sommes capables d’un immense bien, mais aussi du mal toujours plus atroce. Aujourd’hui nous pouvons anéantir notre monde par nos propres forces, sans aucune intervention extérieur, et en même temps des millions de personnes sont livrés à la famine et à la misère des plus noires. Notre histoire est semblable à Rebecca qui porte en elle Jacob et Esaü, deux patriarches qui luttent et se heurtent déjà dans le sein de leur mère (Gn 25,22). De même, selon le mot de S. Augustin, Voyez, en nous c’est Adam qui vieillit et le Christ qui s’innove (Enarr. In Ps. 38, n°9). La vieillesse de notre nature, livrée à elle-même, la jeunesse de la vie divine, sans cesse offerte - deux courants contraires qui traversent tout notre être. Si nous nous livrons au souffle de l’Esprit, alors tout est transfiguré, sauvé par Dieu, jusqu’à la résurrection de notre chair. Si nous nous enfermons dans nos ténèbres, alors tout est obscurcie, avilie, aliéné, jusqu’à la mort de notre âme.

Puissions-nous rêver de la vie ! Puisque Dieu rêve de notre bonheur, puisse son dessein du salut s’accomplir en notre histoire. A chaque génération et pour chaque homme, le Christ est tout proche, à la porte. Jamais il n’abandonnera ceux qu’il a rachetés par son sang. Qu’il vienne en nous, qu’il nous habite, alors la manifestation de sa gloire sera aussi notre béatitude. L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens » ! Que celui qui entende dise : « Viens » !... Amen, viens Seigneur Jésus !




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