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Pourquoi ? - Pour... quoi ?

30 décembre 2012

 

En ligne depuis le jeudi 21 mars 2013.
 
 

Frères et sœurs,

L’Enfant Jésus a grandi et, en ce dimanche où nous fêtons la Sainte Famille, nous ne sommes pas restés dans la douce lumière de la crèche. Nous avons, en quelques jours, fait un bond de plusieurs années et nous voici à Jérusalem. C’est le Recouvrement de Jésus au Temple.

Cet évangile, je l’utilise très souvent lors des confessions. En effet, notre péché nous éloigne du Seigneur qui n’est plus au centre de notre vie et nous sommes comme déséquilibrés. Il faut alors nous mettre à sa recherche et, lorsqu’on l’a retrouvé, le remettre au centre. Alors, toute notre vie spirituelle se rééquilibre, qu’il s’agisse de notre relation à Dieu, celle avec les autres ou bien celle avec nous-mêmes. Tout devient plus simple quand Jésus est au centre et nous montre le Père.

Le Recouvrement a souvent fait l’objet de représentations fort variées. Lorsque l’on entre dans la Basilique du Rosaire à Lourdes, les différents mystères sont représentés dans les chapelles qui entourent le chœur. Et comme le Recouvrement est le 5ème mystère joyeux -je ne vous apprends rien !-, il a droit, lui aussi à une représentation qui vaut ce qu’elle vaut. En bas, on voit les retrouvailles de Jésus avec ses parents et, en haut, deux passages de l’Ancien Testament que l’on a souvent mis en lien avec les versets de Luc que nous venons d’entendre : le petit Samuel -et ce n’est donc pas un hasard si nous avons entendu une lecture du 1er livre de Samuel !- et Joseph en Egypte -peut-être une façon de souligner le rôle de Joseph dans notre épisode d’aujourd’hui.

Or, Joseph, dans le passage de Luc que nous venons de proclamer, ne prend pas la parole. Vous avez remarqué qu’il n’est même pas nommé. Il n’y a que Marie, sa mère, qui ait un rôle véritablement actif, même si son prénom n’est même pas cité. Elle parle... puis se tait. Dans la représentation de la Basilique du Rosaire -et il en est de même d’ailleurs pour la plupart des œuvres qui représentent le Recouvrement- Jésus se trouve au milieu de la scène. On trouve, de part et d’autre, les docteurs et ses parents. A Lourdes, Marie, les bras ouverts, semble se précipiter vers Jésus et on l’entend presque dire : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? ». Joseph est derrière, une main levée. Il a l’air assez peu aimable. Un frère de ma communauté ajoute toujours, quand nous sommes devant cette mosaïque, que Joseph a dit -sa main en l’air et son visage l’attestent !- à Marie : « Retiens-moi ou je fais un malheur ! » Rien n’est moins sûr. En tout cas, saint Luc ne le rapporte pas !


Cet évangile est quelque peu surprenant, inattendu, voire même choquant par certains aspects. Lorsque nous ne comprenons pas, nous posons des questions. Pourquoi ? Et c’est tout à fait ce que fait Marie : « Pourquoi nous as-tu fait cela ? »

Et nous avons comme elle, tant de pourquoi.
Pourquoi Joseph et Marie ont-ils été un jour en chemin avant de se soucier de la disparition de Jésus ? En ce dimanche de la Sainte Famille, quelle drôle de façon de souligner la responsabilité parentale ! Qui confierait un enfant à un couple qui ne semble guère s’en soucier ?
Pourquoi Jésus répond-il d’une façon aussi abrupte à sa mère qui, angoissée, l’a cherché pendant trois longs jours ? Le Recouvrement serait-il un éloge de l’insolence ? De la sainte insolence, certes, mais de l’insolence quand même !
Pourquoi Jésus est-il retrouvé au milieu des docteurs, dans le Temple ? Sans doute pour souligner sa sagesse et pour montrer le lieu où il habite vraiment. C’est ce que nous avons chanté dans notre psaume : « Heureux les habitants de ta maison ! »
Pourquoi ? Pourquoi ?...

Au pourquoi de Marie, Jésus ne répond pas. Ou plutôt, il répond par un autre pourquoi : « Pourquoi m’avez-vous cherché ? »
S’il ne répond pas à nos pourquoi, c’est souvent parce que nous ne nous posons pas les bonnes questions. Avez-vous remarqué, frères et sœurs, que quand le malheur frappe -et y a-t-il pire malheur que celui de perdre son enfant ?-, c’est cette question du pourquoi qui surgit. Et ce n’est pas la bonne question, même si je conviens que lorsque le mal se déchaîne il est difficile de se poser les bonnes questions.

Au lieu du pourquoi -en un seul mot-, il faudrait mieux se poser la question du pour quoi -en deux mots. Ne pas chercher une raison à ce qui arrive -c’est d’ailleurs souvent un piège car on trouve des coupables qui sont rarement les bons !- Mais chercher une raison de vivre avec ce qui arrive.
Si Joseph et Marie ne se sont pas souciés de Jésus en chemin c’est pour que nous comprenions que cet Enfant n’est pas comme les autres et que la main de Dieu est sur lui.
Si Jésus répond de la sorte à sa mère, c’est pour que nous comprenions que la volonté de notre Père qui est aux cieux est ce qui doit primer par-dessus tout.
Si Jésus est retrouvé dans le Temple, c’est pour que nous l’y retrouvions, nous aussi, régulièrement, pour entendre la sagesse des Ecritures, supérieure à toute autre sagesse.


Frères et sœurs, pour une fois, laissons nos pourquoi.
Un Enfant nous est né. Il a en sa main la clef de toutes les énigmes. Il nous veut avec lui, chez son Père.
Amen.




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