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Un Ami vous Attend !

Bordeaux 2 juin 2013

 

En ligne depuis le lundi 3 juin 2013.
 
 

Solennité du Corps et du Sang du Seigneur

Année C- Gn14,18-20 ; 1°Cor.11, 23-26 ; Luc 9,11b-17

Trois histoires, nous venons de les écouter ; trois histoires qui nous révèlent à la fois l’attitude à avoir devant Dieu et le cœur du Seigneur ; trois histoires qui pourraient tenir en trois mots : bénir, transmettre, multiplier. Bénir, car il n’est rien qui plaise à Dieu et ne soit alors enveloppé de sa bénédiction. Transmettre, car c’est le moyen par lequel le Sauveur continue sa présence parmi nous. Multiplier, car c’est ainsi que le Seigneur rejoint les foules qui écoutent sa parole ou répondent à sa voix. Mais par-delà ces trois histoires, au-delà de Melchisédech, Paul et Jésus, au-delà des lieux et des siècles, une vérité s’est fait jour : une, comme si elle suffisait désormais ; une, comme si elle pouvait expliquer la Présence de Dieu ; une qui nous révèle la splendeur de notre existence unique dans le dessein du Seigneur.

Alors écoutez cette vérité : un Ami vous attend ; et j’ai la grâce de vous l’annoncer. Un Ami vous attend ; et j’ai la grâce de vous en révéler la Présence. Comment ne pas parler ainsi de cette Solennité du Corps et du Sang du Seigneur qui nous rassemble ! Nous venons de si loin : qui sommes-nous ? Dieu nous a appelés, préparés. Purifiés par le Carême, configurés au Christ en sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, enflammés par tout le temps pascal dont la Pentecôte se présentait comme un point d’orgue, nous avons célébré avec émerveillement la Trinité sainte ; réalité mystérieuse et immense, celle à la lumière de qui se déploie toute notre vie de foi dans la grâce, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Le Seigneur est assez grand, pour être délicat envers qui le perçoit ou lui laisse une place ; assez magnanime, pour être vrai, quand il voit un cœur pur. Ne doit-on pas le remarquer ? « L’âme pure est une belle rose, et les trois Personnes divines descendent du ciel pour en respirer le parfum » (Saint Curé d’Ars). Dans un échange admirable, Dieu nous permet d’en prendre conscience, de marquer comme en un temps intérieur le respect de cet instant si exceptionnel ; de rendre grâce pour cette venue de Dieu ; et d’adorer un tel Sauveur.

Aujourd’hui, le Seigneur nous invite à entrer plus avant dans son mystère. Il n’a qu’une Parole à la bouche : le don, le de soi. Il n’a qu’un geste qui exprime son cœur : le sacrifice, le sacrifice pou que nous ayons part à la vie éternelle, face à face. Tout cela s’adresse à notre foi. La porte que le Seigneur nous appelle à franchir, ouvre sur une communion avec lui. Nous ne franchissons pas ce seuil n’importe comment, certes. Mais avec l’humilité du pénitent, la pureté du cœur, la simplicité des bien-aimés de Dieu. C’est ainsi que nous osons demander Dieu à Dieu lui-même : rien de moins ! Pourquoi ne le ferions-nous pas puisque le Sauveur est venu pour nous en rendre capables. Aujourd’hui, en s’abaissant en notre corps, il nous élève en sa Vie. « Devenez ce que vous recevez ». C’est de cela qu’il s’agit. Oui, notre Ami nous attend, pourquoi ne pas aller à sa rencontre, y courir ? Il a un don à nous transmettre, et qu’il multiplie sans cesse.

La communion, c’est si grand et cependant si simple ! Le Bienheureux Jean-Joseph Lataste, dominicain, écrivait ainsi à son frère Emile (28.VII.1853) : « Certainement ce mystère est si grand, celui que nous allons non seulement visiter mais recevoir en nous est si grand que nous ne saurions jamais être assez bien préparés. » Cependant, conscient de la grâce de la communion, il poursuivait : « Songe donc que ce sacrement sublime d’amour n’a pas été institué comme une récompense pour les âmes pieuses et bien disposées, mais bien comme un remède pour détruire le poison du mal, comme une piscine où laver les plaies de l’âme, comme un baume pour les guérir, comme un cordial à retrouver la force et le courage qui nous sont nécessaires (...) Pour ma part, j’ai compris par expérience que j’avais besoin de communier souvent pour demeurer dans la bonne voie. Quand je demeure longtemps sans le faire, je sens ma foi s’affaiblir, mes forces diminuer ; je n’ai presque plus de courage contre le respect humain, je désespère presque de vaincre mes mauvais penchants ; enfin je vais de pis en pis. Une communion fréquente au contraire, ranime ma foi et me donne de nouvelles forces. » Votre expérience n’a-t-elle pas rejoint parfois celle du bienheureux ?

Un de nos frères, dominicain du Couvent de Marseille, racontait cette histoire saisissante et dramatique, et pourtant elle aussi juste et vraie. Nous sommes alors après la guerre, en 1945. La libération de la France a eu lieu. La justice doit passer. Vint à nouveau le temps des arrestations, des jugements, des exécutions. Un matin, tôt, un de nos frères, aumônier de la Prison des Baumettes, fut appelé auprès d’une jeune femme. Il lui revenait de porter la communion à celle qui avait été reconnue coupable. La cour l’avait condamnée à mort. Le pourvoi avait été rejeté. Elle allait être exécutée. L’aumônier vint à sa rencontre pour lui donner la communion qu’elle accepta. Si la justice humaine avait tranché - et ce n’est pas ici le lieu de discuter sur ce point - la justesse divine avait aussi sa place. Le prêtre présenta donc l’hostie à cette condamnée qui allait être exécutée : « Le Corps du Christ », dit-il. Et la jeune femme de répondre, dans un murmure : « Et dire que je vais le voir dans quelques instants... ». Silence... et justesse, disais-je. Car au-delà de cette histoire si dramatique, la foi de cette femme avait su reconnaître la vérité de cette Présence du Seigneur, qui établit comme un pont immédiat entre nous et lui-même. Une prisonnière, un peu comme autrefois le Bon Larron au Calvaire, peut aujourd’hui encore nous en dire la vérité. Dans cette ultime communion eucharistique éclatait la foi et l’espérance chrétiennes.

Comme Dieu devint homme dans le sein de Marie, il vient en notre chair par la communion à son Corps et à son Sang. Nous sommes appelés à devenir semblables à Dieu, à aimer et à servir « par Lui, avec Lui et en Lui ». En donnant la communion aux fidèles qui s’avancent, ou en donnant une bénédiction de la part du Seigneur à ceux qui ne communient pas, mais viennent aussi heureusement vers lui, tout ministre du Seigneur pourrait dire : « Ce que j’ai de meilleur, je te le donne. » L’eucharistie parle à notre foi, et la foi en perçoit l’excellence : Jésus, l’Ami qui transfigure notre cœur, et lui donne toujours rendez-vous dans la charité de l’adoration et dans celle du service. En nous préparant à l’ultime et divine rencontre !




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