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Rien de plus

14 décembre 1997

 

En ligne depuis le vendredi 1er juillet 2005.
 
 

Qu’allons-nous donc faire ? Ou : que ferons-nous ? - Rien de plus que nous ne fassions déjà ?

1- Après cette voix qui clama dans le désert, après la prophétie sur la colère qui vient, contraste ! Par trois fois, la question se dressa. Question des foules, des collecteurs d’impôts, celle des soldats aussi. Elle est devenue la nôtre : " Le Seigneur vient : que ferons-nous ? " (cf. Luc 3, 10-18). Sur les bords du Jourdain, Jean répondait : " Rien de plus ", mais pourquoi ; qu’est-ce à dire ? Apparemment, ces trois mots ne sont pas de circonstance. Ils surviennent ordinairement devant des assauts de difficultés, par temps de grisaille, quand l’avenir est sombre. Sinon, ils ne sont pas de saison ; on leur préfère : " Toujours plus ! " Imaginez-vous un instant un programme politique affichant comme slogan : " Rien de plus " ? La foule conclurait aucun projet ! Irréalisme ! Ce serait l’échec !

2- Cependant rappelez-vous. Sur les bords du Jourdain, lorsque Jean parla, ce n’était pas une première. Déconcertés aujourd’hui, ne sommes-nous pas comme Naamân le syrien dont nous parle le Livre des Rois (2 Rois 5, 1-14) ? Ce chef de l’armée du roi d’Aram, proche du Seigneur, fut un jour lépreux. Affligé de son mal, il sut - grâce au conseil d’une jeune fille d’Israël - se tourner vers le Seigneur et son prophète Élisée. Mais les conseils d’Élisée parurent ridicules et méprisables à Naamân. Pourtant que disait le prophète par rapport à cette lèpre ? Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette. " Rien de plus ". Mais Naamân s’attendait précisément à plus, " toujours plus " ! Irrité, il partira. Sa colère s’opposait à la manifestation du Seigneur. Il faudra la sagesse de son serviteur pour le persuader : Mon père ! Si le prophète t’avait prescrit quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait ? Combien plus, lorsqu’il te dit : " Baigne-toi et tu seras purifié ". Vous connaissez le résultat : sa chair redevint nette comme la chair d’un petit enfant. Guérison. Puis action de grâces, joie, réponse de l’homme à la Délivrance divine et mystérieuse du Mal. Le contentement est une porte ouverte sur la joie.

3- Ainsi ce " rien de plus " conseillé par le Précurseur, peut être prophétique. Il n’est pas réducteur. Il oriente. Il renvoie chacun à soi-même avec la lumière de l’Esprit ! Et par ce chemin, il va au delà de lui-même. Deux réalités unies dans la conversion. Et, prophétique, ce contentement ouvre sur la joie dont Sophonie (3, 14-18a) et saint Paul (Ph 4, 4-7) se font les hérauts. Le Seigneur est proche. Notre esprit prend conscience de la merveille qu’est cette venue. Mais dans cette population diverse, questionnant le Prophète : foule, collecteurs d’impôts, hommes de l’armée, à qui ressemblons-nous ? A la foule ? Nous l’imaginons avec sa poussière, son bruit, sa diversité, son inconstance aussi. Il serait facile de la supposer versatile. Cependant, cette foule recherche son Messie-Sauveur, près du Jourdain. Elle a su se mettre en marche sur cette quête. Et notre coeur doit la rejoindre, pour accueillir l’Esprit. Le Seigneur est proche. N’entretenez aucun souci (Ph 4, 4-5). Mais si nous ressemblons par exemple à un publicain ou à un Centurion, la réponse sera : Ne percevez rien de plus que ce qui vous a été prescrit, ou : Contentez-vous de votre solde. Ce " rien de plus " n’est pas un reproche, peut-être un rappel, en tout cas un repère et une base nécessaire. Cette réponse n’est pas gratuite, alors que chacun peut être tenté de profiter de sa situation. Mais elle devient le tremplin pour s’élancer à la rencontre du Sauveur.

4- Alors : Que ferons-nous ? Il s’agira de laisser combler, par la grâce de Dieu, un ravin qui abîme nos coeurs. Dans l’action de grâces, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes, nous écrit saint Paul. Ceux qui craignent Dieu auront entendu sa voix, et se lèveront guidés par leur lampe allumée à la flamme de l’Esprit, reconnaissant des accents dont leur coeur aura depuis longtemps laissé résonner l’écho.

En vérité, notre unité personnelle est l’objet de la compassion de Dieu et de sa visite. C’est pour cela que la Parole de Dieu proclame la joie lorsque le Seigneur vient. Cette venue de Dieu sera apaisante, comme une irrigation de l’âme, au plus intime de nous—mêmes, prenant en compte notre identité, notre image de fils de Dieu, sauvés par cette venue de Jésus. Et, rappelait saint Paul, la paix de Dieu gardera votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus. La joie du Seigneur fera alors en vous sa demeure, dans cette consolation et cette quiétude. Elle naîtra pour demeurer comme une certitude profonde qui rayonnera au long des jours. La joie de l’Esprit saura alors refléter la charité du Coeur de Jésus sur les visages, et, avec constance, dans l’existence. Et c’est d’abord cette beauté incomparable et cette richesse nécessaire, vitale, que par la parole et les gestes, nous pourrons alors poser dans ce monde qui, asphyxié, ne sait plus l’espérer.




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