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Accueil >> Carême >> Semaine 4 >>   La lumière de Dieu, cachée et révélée à nos yeux

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La lumière de Dieu, cachée et révélée à nos yeux

22 mars 1998

 

En ligne depuis le lundi 25 juillet 2005.
 
 

En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance ". Aveugle, nous l’avons tous été : quelques semaines, quelques mois, plusieurs années peut-être, avant d’être conduits à l’illumination du baptême. Un frère le disait ici-même l’année dernière : « nous sommes tous nés aveugles, nous sommes tous des miraculés du baptême ». Le récit de la guérison de l’aveugle-né est un évangile explicitement baptismal puisqu’il indique aux catéchumènes ce qui adviendra d’eux après leur baptême, ils deviendront des croyants. Il nous révèle que nous ne pouvons croire et confesser Jésus « lumière du monde » que si nous sommes passés à travers les eaux du baptême. Pour reconnaître en Jésus le Fils de Dieu, « l’Envoyé », et pas seulement un prophète, comme dit l’aveugle, il faut recevoir le sacrement de la foi, le sacrement qui donne la foi, et qui permet de voir avec les yeux du coeur ce qui demeure invisible aux yeux du corps. L’aveugle ne peut dire « je crois, Seigneur » qu’après avoir été se laver les yeux à la piscine de Siloé.

Mais qu’est-ce que croire veut dire ? Est-ce que l’aveugle n’a pas cru en Jésus pour lui avoir ainsi obéi ? Est-ce que ceux qui demandent le baptême aujourd’hui ne sont pas déjà des croyants ? À cette question, il faut répondre à la fois oui et non. Oui, parce qu’ils croient que Dieu existe, ils croient en l’existence du Christ dans l’histoire, mais les choses restent encore un peu floues à leurs yeux : comme l’aveugle de l’Évangile, ce premier catéchumène, on leur a frotté les yeux pour que « leur oeil intérieur se prépare à voir la lumière », on les a initié aux mystères, mais ils ne sont pas encore lavés. « Il ne suffit pas que leurs yeux soient frottés, il faut qu’ils s hâtent vers le bain salutaire, s’ils désirent voir la lumière » (saint Augustin, Traité sur l’Evangile de Jean), s’il désirent accéder à la plénitude de la foi. Car croire que Dieu existe, ça n’est pas encore le croire, croire à sa parole, lui faire totalement confiance, ni croire en lui, du dedans, comme si nous vivions en lui et s’il vivait en nous.

Seul le baptême dans le Christ nous fait naître à cette foi-là, qui est la foi des Apôtres, la foi de l’Église, la foi des saints. Les saints qui nous ouvrent la voie de cette aventure de la foi en nous montrant comment croire ; une sainte Thérèse de Lisieux, par exemple, dit dans son agonie : "je chante ce que je veux croire » (Derniers entretiens). Elle ne cherche pas à comprendre tous les mystères, ni ce qui restera toujours inaccessible du mystère de Dieu, elle le chante ce mystère et, en le chantant, elle le comprend et elle le croit. La foi, c’est un peu comme le chant. Pour chanter, il n’est pas nécessaire de savoir si c’est la partie gauche ou la partie droite du cerveau qui identifie les sons. Il faut avant tout, instinctivement, reprendre la chanson du chanteur, « comme un passant qui chante, on reprend sa chanson". La foi, c’est accepter d’entrer dans une symphonie écrite pour nous par le Christ musicien. « Il se sert de chaque homme, de son corps et de son âme comme d’un instrument polyphonique pour célébrer Dieu et il chante lui-même en accord avec cet instrument humain » (Clément d’Alexandrie, Protreptique, 1). La foi, c’est reprendre le chant nouveau du Christ, chanter avec lui et les uns avec les autres, l’alleluia de sa victoire.

Vous comprenez pourquoi aucun individu ne peut se donner la foi à lui-même car la foi n’est pas seulement une conviction préalable débouchant sur un rite d’intégration dans un groupe humain appelé Église. Elle est un don de Dieu qui ne cessera d’augmenter en intensité dans la mesure où vous vivrez de plus en plus avec Lui. Catherine et James, pour manifester dès aujourd’hui ce don qui va vous être fait bientôt, nous allons vous donner notre credo. Le credo n’est pas une formule magique qui donnerait la clé de savoirs mystérieux, c’est l’abrégé de la foi. C’est le trésor des baptisés que nous vous transmettons tel que nous l’avons reçu des Pères, qui nous permet de nous reconnaître membre d’un même corps, d’un même peuple, d’une même famille que vous rejoindrez, quand vous ne serez plus des aveugles-nés mais des nouveaux-nés dans le Christ.




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 La lumière de Dieu, cachée et révélée à nos yeux



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