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La puissance de Dieu

9 avril 1998

 

En ligne depuis le lundi 25 juillet 2005.
 
 

« Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? » Jésus vient de poser le linge qu’il avait autour des reins, il se remet à table et pose cette question à ses apôtres : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? » Cette question nous est adressée et nous nous devons d’y répondre comme à toutes les questions posées par Jésus dans l’Évangile. Il y a plusieurs niveaux de réponses. Toutes ces réponses sont vraies mais peut-être pas aussi profondes !

-  La première est que Jésus a voulu donner un exemple de solidarité humaine, d’entraide. C’est évident. En ce temps là on marchait pieds nus dans des sandales. Les pieds étaient salis par la poussière et il n’était pas convenable de se présenter ainsi pour le repas. Et cela d’autant plus qu’on n’était pas assis mais étendu, les pieds restant visibles. Normalement l’esclave se tenait à la porte à la disposition de l’invité qui entrait et il lui lavait les pieds. La petite communauté des Apôtres est pauvre, elle n’a pas d’esclaves. L’un des 12 aurait pu se proposer, personne n’y a pensé, alors Jésus donne une sorte de leçon. A nous aujourd’hui de l’imiter. Mais ce n’est ici qu’une première approximation du sens de cette scène.

-  La seconde, déjà plus profonde, est que Jésus veut inculquer aux hommes que le plus grand c’est le serviteur des autres. Il est bien évident que cette image du maître agenouillé devant chacun de ses disciples est une image qui se gravera dans leur esprit.

Mais cette interprétation est trop pratique pour être la plus vrai. C’est une leçon de morale très pédagogique. On croit, en effet, bien souvent que Jésus a voulu montrer l’exemple. Bien sûr qu’il a donné l’exemple, il est de toute évidence le modèle absolu de l’homme. Il est même le seul qui soit parfaitement homme. Mais nous risquons de perdre toute spontanéité en ne voyant en Jésus qu’un pédagogue. L’attitude de quelqu’un qui agit pour donner l’exemple. On introduit là un manque de naturel. Jésus a vécu purement et simplement. Il a vécu une vie d’homme, au milieu de ses disciples et au fur et à mesure des circonstances, il a fait ce qui s’imposait à chaque instant. Si l’on insiste trop sur un Jésus « exemple », on arrive parfois à un Jésus « comédien ». On arrive à une absurdité dans le genre de celle-ci : à propos de la femme hémorroïsse qui touche la frange de son vêtement « puisque tu es Dieu tu sais très bien qui te touche, quand tu dis qui m’a touché, tu fais semblant. » Jésus ne veut pas donner l’exemple mais ses actes sont exemplaires. Ce qui est différent. En lui et à partir de lui commence l’existence chrétienne. Lui qui fonde la possibilité d’être chrétien, il nous enseigne qui est le Dieu de Jésus-Christ.

-  Le lavement des pieds n’est pas d’abord un enseignement moral, c’est le dévoilement d’un mystère, d’un mystère chrétien. Et ce mystère c’est la révélation de l’humilité de Dieu. L’humilité qui est le signe de la véritable puissance, la toute puissance, la force ultime.

La force qui s’incline devant celui qui est le plus petit, le plus faible. La puissance de Dieu ce n’est pas la puissance telle qu’on l’entend dans le monde. C’est la force spirituelle qui consiste à s’incliner librement devant ce qui est le plus petit. La puissance infinie de Dieu c’est son humilité infinie. C’est une puissance infinie d’abaissement. Abaissement. Incarnation. Oui, l’incarnation c’est l’humilité éternelle de Dieu : « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. » Ph 2, 6—7. Voilà pourquoi Jésus est l’esclave qui sert. Il l’est pour révéler ce qu’est la puissance de Dieu. La puissance d’être le serviteur le plus petit. Dieu tout puisant et miséricordieux disons-nous dans notre oraison. Dieu dont la puissance est la miséricorde. Il n’y a pas d’une part la puissance et d’autre part la miséricorde. Jésus est l’esclave, il entre dans l’esclavage, il est au plus bas. A genoux devant des hommes, c’est cela sa puissance. Et nous le savons bien, pour se mettre à genou devant quelqu’un, il en faut de la puissance. Il faut la toute puissance infinie. Ainsi, et ainsi seulement, Dieu commence à nous être révélé dans sa vérité. Oui, voilà le Dieu de Jésus Christ. Et Jésus dit à Pierre : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi » car la vie éternelle que je suis venu apporter aux hommes c’est cette vie là. Alors que nous recherchons toujours un autre genre de puissance, nous sommes appelés aujourd’hui à contempler celle de Dieu, en Jésus, humble et pauvre aux pieds de ses disciples.




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