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Une logique d’amour

12 avril 1998

 

En ligne depuis le lundi 25 juillet 2005.
 
 

De la Sainte nuit au grand matin de Pâques, les récits évangéliques de la Résurrection présentent une formidable continuité symbolique : le signe proposé est le même, le tombeau vide, véritable provocation pour notre foi et surtout, pour notre logique humaine. Et pourtant, nous le savons, Dieu a sa logique propre, son ordre de vérité ; je voudrais m’attacher à découvrir avec vous cet ordre. En effet, un certain nombre de détails dans cet Évangile de Jean que nous lisons chaque année, nous disent, nous révèlent que la Résurrection s’est faite dans l’ordre. Entendons-nous sur ce mot bien sûr, il ne s’agit pas d’un ordre politique de type totalitaire ni de la paix des cimetières ni de l’ordonnancement un peu froid des cristaux entre eux. Il s’agit d’une remise en ordre, d’une restauration, d’une re-création qui nous est ainsi discrètement signifiée par la place du linceul et du linge qui avait recouvert la tête : il se trouve roulé à part. La Résurrection n’est pas venue surprendre le Christ dans son sommeil, à l’improviste, l’obligeant à déménager de cette terre à la cloche de bois, si vous me permettez l’expression, dans la précipitation ou le désordre. Ce qu’on peut imaginer - car personne n’a été témoin - c’est que tout cela s’est fait dans l’ordre, selon le plan préétabli du Père qui devait ressusciter son Fils Bien-Aimé. Oui, il y a bien une logique et c’est une logique d’Amour car d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Mais il y a un autre ordre, plus secret, qui se manifeste dans ce récit et il concerne cette fois la structuration de la première communauté chrétienne qui deviendra un jour l’Église à travers ce trio de disciples, ce noyau dur que constituent Marie-Madeleine, Pierre et Jean. A première lecture, nous poumons convenir qu’il s’agit d’un ordre de préséance, mais il y a plus que cela. Marie-Madeleine, nous le savons, est bien le premier témoin de la Résurrection du Christ et cela en soi est déjà riche de signification et d’enseignement : c’est pourquoi on l’appellera Apôtre des Apôtres. Là encore, nous retrouvons une logique d’Amour, car c’est à cause du grand Amour qu’elle a porté au Christ que Celui-ci lui a fait cette grâce insigne, cette faveur inouïe : le Fils de Dieu apparaît Ressuscité d’abord à une prostituée ! Ce n’est quand même pas banal et d’autres étaient sans doute sur les rangs, candidats pour bénéficier d’un tel privilège. Eh bien, il a plu à Dieu qu’il en soit ainsi : Merveille que fit le Seigneur ! Mais l’intéressant, c’est l’attitude, le comportement spontané de Marie-Madeleine qui ne garde pas ce secret pour elle, qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe et qui aussitôt va en référer à ceux qui ont quelque autorité, compétence pour discerner et qui, de toute façon, doivent être informés au premier chef de l’événement : les disciples et plus précisément les deux plus proches de Jésus : Pierre et Jean. Oh, son intuition de femme ne se trompe pas, elle a déjà un flair théologique sûr, un vrai sens de la foi. Cela nous indique dès maintenant le rôle et la responsabilité particulière qu’il incombera aux Apôtres dans cette première communauté, et plus tard, à leurs successeurs, les évêques dans la grande Église. Or ce n’est pas fini : ils sont deux, il y a Pierre et Jean et entre eux là aussi va s’établir un ordre, subtil, décrit par Jean lui-même qui sait de quoi il parle : l’autre disciple, c’est lui. Avec sa fougue et sa jeunesse, il court plus vite que Pierre, un peu balourd. Il se penche et voit le linceul resté là mais il n’entre pas. Réserve, déférence vis-à-vis de l’aîné, Pierre, à qui le Seigneur a confié une mission spéciale. C’est évident : Jean - à n’en pas douter - a perçu qu’il y avait un ordre à respecter. Pierre rentre le premier dans le tombeau, ce que Marie-Madeleine n’avait pas fait. Il sera donc bien le premier témoin réel à avoir vu l’intérieur du tombeau, à avoir vérifié la place du linceul et du linge et c’est sur son témoignage, sur sa foi que l’Église a été fondée : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». Étonnant destin, splendide vocation ! Alors entra l’autre disciple : il vit et il crut. L’effet, le fruit de la Résurrection se manifeste, c’est la foi, foi ô combien paradoxale puisqu’en ce matin, il n’y avait pas grand-chose à voir, si ce n’est un tombeau vide. Nous retrouvons là encore la logique de l’Amour car c’est bien avec tout l’amour dont il a aimé le Christ que le disciple Bien-Aimé, Jean, est capable de sentir, dans la foi, que son Seigneur est toujours vivant, qu’il est Présent d’une nouvelle manière, Ressuscité. Voici que Je viens faire toutes choses nouvelles. Oui, frères et soeurs, la Résurrection s’est faite dans le bon ordre et cet ordre c’est le même qu’à la Création. Et Dieu vit que cela était bon. Amen.




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